« Sentiment d’une imminence. »

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Comment écrire un truc intéressant, & accessible?

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Mon fond est la haine de moi-même.

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« Une fois qu’on y est, on y est bien. »
Céline.

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Fumant clope sur clope en attendant la mort…

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« Nous sommes tous des voleurs. »
W. Burroughs.

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Aboulie : rien ne me tente.

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Brusque extase, mais ce n’est presque rien.

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La conviction ne peut surgir que du désespoir, le saut mystique dans la foi…

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Les deux Livres les plus profondément religieux : Les fleurs du mal & Des larmes & des Saints.

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La même chose, partout & toujours…

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Le doute est une crise mystique à l’envers…

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La tentation est grande de devenir niais.

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J’ai hérité de tout, sauf de mes doutes.

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Impossible de dormir!

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Impression de me prostituer…

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Me sont suspects les esprit qui ne sont tourmentés ni par la Musique ni par la Religion. – Mais ce sont les mêmes choses.

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L’on doit commencer avec un masque & finir avec un Double.

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« Come who can! »
Allen Ginsberg.

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Notes sur le sens religieux.
Une certaine élévation spirituelle, un sentiment intense de participation. Puis un angoisse terrible – le Doute. Comment, lors, avoir la foi?
Réponse : dans la mystique du Diable, c-à-d : l’idolâtrie du Scepticisme.

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Il faut toujours garder une sorte de Démon, – je veux dire : de voix.

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Ma vie, entre extase & caniveau…

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Pascal, entre les deux infinis : l’évènement-Dieu.
Seul Dieu a la possibilité de se penser lui-même. C’est en quoi il est nécessaire. Le doute ne devrait être qu’un moment mais, moi, je m’y suis vautré…

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Mysticisme implique scepticisme. Ou inversement.

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La mystique consiste en la résolution des contradictions.

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Il faut traverser le désert du désespoir, une zone que le lyrisme ne saurait atteindre.

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La pente religieuse est à la fois réactionnaire & active.

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23h.
Le Bourdon s’envole & je puis penser librement. ( 31/03/12 )

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Qui cultive le moi n’a aucune chance de parvenir au vrai sens Religieux. Oui, la religion contemporaine pèche par excès de de psychologie &, ainsi, se sécularise.

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Aux marges du désir & de la honte, l’on trouve Dieu.

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« Pass thru the fire to tehe light. »
Lou Reed.

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La mélancolie est un état où la personnalité est rassemblé. Au contraire, l’extase Religieuse dépersonnalise.

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Le Doute a sapé ma vie, & nul doute qu’il rendra ma mort obsolète.

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Agitation! Agitation! Agitation!

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Il y a une mystique de l’ennui comme il y en a une de l’ordure : la moindre grève des poubelles rend les gens rêveur, presque lyrique; & le lyrisme est la phase esthétique qui précède la foi.

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Qui a trouvé Dieu en prison est, à mes yeux, pour le moins suspect.

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Crise d’enthousiasme…

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Le violeur, le voyeur, etc. Nulle participation, mais un retrait coupable, inexcusable.

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Ceux qui manquent de discipline, de tenue. « Dieu gît dans les détails. »

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La fatalité, école de la résignation.

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Se maintenir en bordure, voila le plus difficile.

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Isolement ascétique.

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Néant de l’angoisse, mais il faut savoir s’en servir.

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Il va de soi que je considère Nietzsche comme un mystique.
Mais Bataille?…

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C’est la volonté, normalement, qui nous rapproche de Dieu. Pas en ce qui me concerne : je ne suis jamais aussi près de lui que lorsque je suis étendu.
Oui, l’ennui nous fait côtoyer le Divin.

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Pour moi, un type qui prend une résolution est un malade mental.

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J’en suis encore, à bientôt 35 ans, à chercher mon centre, mon « Massif Central »…

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Le Doute me ronge, plus aucune certitude.

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Je ne me sens coupable de rien; honte à celui qui me fera honte!

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Est-ce Dieu qui est mort avec l’homme ou l’inverse?

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Régler sa respiration, se relaxer – &perdre son moi, s’en défaire.

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L’on trouve autant le Divin dans la Chair que dans les églises.

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Minuit vingt, & je me rends compte que j’ai sommeil.

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Se suicider de joie, voila une bien cruelle ironie, mais Ô combien élégante…

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J’ai perdu mon moi. Bien que douloureuse, cette expérience fût pour le moins salvatrice.

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La sagesse de ceux qui ont abusé de tout ne vaut rien. Alors que dire de la mienne?…

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Les amphés commencent de m »exciter…

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Hou! Putain d’amphés : y faut que je me calme…

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Bon, je contrebalance ça au moyen de tranquillisants bien choisis.

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Envie de faire l’école buissonnière….

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C’est ça, vivre au bord du gouffre.

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À ce niveau-là, ça devient dangereux…

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CONCLUSION : ACQUIESCEMENT EN FORME DE NON

Je sais qu’il faut que je mette un terme à ce livre et que, un de plus, il n’est que milieu, mais je suis obligé de sauter dans l’inconnu « pour trouver du nouveau ». J’ai peur et je n’ai pas peur, « j’y suis et n’y suis pas ».

Ce livre en est un de la découverte du blues, c-à-d : du Blues au grand Matin. Car il n’y est question que de santé – et du bon usage de la maladie…
– Ainsi parlait le convalescent.
Mais je ne parviens pas à finir,
– faute d’avoir commencé.

Même pour être clochard, il faut une stratégie commerciale et, Munich après Munich, Chamberlain après Daladier, il convient d’énoncer : ce que je dis est tel et tel – et il ne peut en être autrement. Mais c’est de plus-en-plus difficile d’appeler les chien dans les couloirs des Tropiques.
Oui, comme le lecteur éventuel peut le constater, je suis déjà Hailleurs.

***

Écrire est un moyen de se suicider à moindres frais.

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En-haut!, En bas!
– La maladie maniaco-dépressive me gagne…
Amphétamines et mosaïque..

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La sagesse, c’est comme Maxwell qualité filtre, « ce n’est pas la peine d’en rajouter…

***

Philosophie techno n’est pas sagesse du Blues.

***

Une seule cigarette dans toute sa vie, un seul Livre – & ça continue… Sans moi ou avec moi – mais combien de fois faudra-t-il citer le Barde éternel : j’y suis & n’y suis pas?…
Lors, que dire de plus? – Mais, surtout, qu’ajouter de moins?…

Ces gens, d’où viennent-ils?
Réponse extatique : de l’autre côté du matin.

***

J’ai commencé d’écrire ce recueil d’aphorisme le 25/03/12, et nous sommes le 30. Aussi, lorsque j’affirme qu’il est Blues, veuillez le croire, dans la mesure où je m’ennuyais.
Et le Bourdon, l’atroce Cafard, qu’en dire sinon que je l’ai dépassé – mais pour combien de temps?…

***

Non, finir un livre n’est pas facile – d’autant que à nul moment je n’y est vraiment travaillé. Travaillé? Veuillez respecter un peu mon Génie…

***

La Pensée, déformation professionnelle… Que dis-je? – Déformation tout court. & Que dire de la conscience?…

***

Il me faut reprendre des amphé.

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J’aurai bientôt fini d’emmerder le lecteur. Mais, à tout le moins lui aurai-je enseigné la patience. La seule, la vraie patience, celle du camé au coin de la rue – entendez : la patience rapide.

***

Excuse-moi, Toto, où que t’as mis la Colombienne?…

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L’idée d’un Livre branché sur le Dehors, c’est un livre en perpétuelle mutation, transformation & transition.

***

apparaître & disparaître.
Blues & Jazz.

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Étrangement, après une surdose d’amphés, le Calme s’empare de moi. La mystique nouvelle sera calme ou ne sera pas. Finis, les débordement de St Jean de la Croix, ceux de Ste Thérèse d’Avila, & autres St Ignace de Loyola.
Tous ces mystiques manquent d’élégance; en ce qui me concerne, j’aimerais mieux manquer de tenue.
Question : qui manque de tenue?
Réponse : les vieux camés en manque
Pourquoi?
Car ils nous enseignent la vraie Patience…

***

« A begenning is a very delicate time ». & la fin?…

***

Désoeuvrement, ennui, tête vide. Psychose d’amphétamines.

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Je vais trop vite pour être continu.

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« Dieu est énorme, & il bouge vite. »

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Je suis complètement dans l’impasse. Mais au moins est-ce que je reste poli.

***

Quel sens trouver à la vie une fois que l’on a perdu celui de la mort?…

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Changer n’est rien, on le fait tous les jours, mais se convertir, ça, c’est difficile.

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Ce livre est une prise de conscience : le Blues est ironique, ce qui ne m’était jamais venu à l’idée.

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Un Livre est un tremblement de terre : premières secousses, explosion, puis répliques.

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Blues : négritude mâtinée de whisky…

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Là, justement, j’en suis aux répliques, dernières secousses, & je me demande bien ce qu’il y aura après.

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Si je m’écoutais, je passerais ma vie couché par terre à hurler.

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Maintenant, je sais, à tout le moins, de quoi sera fait le Week-end, voire la semaine à venir. Mais j’hésite : s’agira-t-il de prostration catatonique ou d’angoisses?

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Le tragique des peuples de l’Est, c’est la guitare de Reinhardt plus la vodka.

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Éthique des hallucinogènes : quant on en a trop pris, il est trop tard; à l’inverse, quand l’on n’a pas encore pris, il es toujours trop tôt.

***

Savoir doser, c’est savoir commencer & finir à point. Mais je suis d’un tempérament histrionique : j’abuse de tout, en barbare.
Bien, très-bien, fait le toubib : la boucle est bouclée.
Justement, non…

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C’est d’un ennui, aujourd’hui… & Je m’aperçois que je parle comme une vieille pute.

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Je sens que je vais encore passer une nuit à fixer le mur, Bartleby honteux – coupable.

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Une extase! Pas trop tôt!
( 15:00 )

***

Pourquoi juger? Hé bien parce que ça évite de penser.

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Aujourd’hui, intense réflexion, mais je n’arrive à rien.

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« Ce qui compte, c’est le chanteur, pas la chanson; l’astronaute, pas la fusée. Ou, pour parler vulgairement : le trip, pas la descente. »
A. Warhol.

Cette phrase accompagne ma descente d’amphés…

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Tête vide, impossible de penser.

***

Je n’arrive pas à sortir de l’aboulie.

***

Jésus, héros de S.F.

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OUT,30/03/2012

J’aurais exercé un métier que j’aurais été paysan.

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Ça y est! – Paroxysme d’intensité…

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Je fume pour me désolidariser.

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Ce type, bavard incontrôlable, n’a pas quitté les années 50. Quoi qu’il dise ou pense, c’est toujours lié au années 50. Aux prochaines élections, je suis sûr qu’il va voter René Cotti.

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Tiens! – déjà une extase. ( 10:01 )

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Ne se vouent au Destin que les individus ou les peuples qui, comme moi, ont l’échec dans le sang.

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Ne trouvent grâce à mes yeux que les gens qui me méprisent.

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L’extase est trop forte, il me faut un tranquillisant.

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L’instinct de conservation est un principe réactionnaire. Je préfère celui de dépersonnalisation…

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Je ne sais que trop ce que cela veut dire que d’être inconsolable, ces moments où personne ne peut plus rien pour vous.
Oui, j’ai la solitude dans le sang.

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Bulgakov a raison de dire que la crucifixion vient d’un simple mal de tête de Pilate, sans quoi le Christianisme entier serait une faute de goût, voire d’habillement.
Ça, oui, on peut le dire : l’on reconnaît une religion sur le déclin à ceci que ce sont les athées qui la défendent.

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Je prends un régulateur de l’humeur. Oui, je vais trop bien…

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Il y a une chose sur laquelle je ne transigerai jamais : il me faut des amphétamines. Oui, d’ailleurs, ce n’est pas une drogue, non, un stimulant nécessaire.

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Trop de tranquillisants, merde – le bourdon me fond dessus, & les amphés m’énervent. C’est cela même, avoir le sens de l’impasse…

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Je ne comprends pas ceux qui ne s’habituent pas à souffrir; la moindre velléité d’indignation m’ahurit. Et je ne comprends pas que la politique et, à un moindre degré, la médecine, soit la seule sphère d’activité réservée aux bien-portants. En effet, du Sénat au Conseil constitutionnel, des « sages » et autres corporations en pleine forme.
À cela se reconnaît le fait que nous sommes sortis de l’histoire,, dans la mesure où celle-ci est écrite par des agités, des sanguins – voire des sanguinaires…
Mais s’agiter, à nôtre époque blême, est superflu. C’est en quoi Sarkozy est, c’est le moins qu’o puisse dire, anachronique.

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Si j’étais riche, je paierais les gens pour ne pas me parler.

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Il convient d’être propre comme un sou neuf et de paraître d’un hygiène douteuse… – Je suis le premier dandy grunge…

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Être le plus mégalomane des anonymes, voila ce à quoi j’aspire…

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La sagesse commence lorsque l’on comprend la vanité de se plaindre.

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Je suis un homme à habitude, mais je n’ai pas l’habitude d’être un homme.

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La célébrité, de nos jours, et ce surtout depuis les succès de la télé-réalité, semble être ce à quoi tout le monde aspire. À tel point que le moindre ouvrier en bâtiment, travaillant sur son échafaudage, semble songer à l’immortalité de son nom.
Relisant ce que je viens d’écrire, je constate, stupéfait, que je viens de peindre le portrait d’Hitler…

***

Une caissière écrit ses mémoires; gros succès d’édition. À présent, toutes essaient de faire de même. Ha! – Toujours le problème du commencement…

***

Y-a-t’il une forme comique de suicide?
La leçon ce cela? – Hé bien : apprendre à en rire…

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Il n’y a aucune gloire à écrire des vers; non, il faut se mettre à l’école de la Prose. C’est en cela, blues aidant, que j’ai changé. Je porte plus que jamais attention à la forme, et cultive le Mot &, au mieux, la maxime – le bon mot…

***

Pourquoi je préfère la prose? Parce qu’il y est plus facile d’être clandestin.

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L’on n’est jamais autant malade que lorsque l’on va mieux… Oui, la santé est une souffrance.

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Une extase, une de plus…

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Je suis un « homme infâme » qui a pignon sur rue.

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Quand donc cette affreuse joie va-t-elle finir? Elle me torture comme un fouet.

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Mon but : en remontrer aux donneurs de leçons – mais sans les juger.

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J’ai raté ma carrière de juif.

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Dans un Occident vraiment chrétien, l’on prierait au supermarché…

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Nôtre époque diffame la gentillesse. À preuve : nous ne croyons plus au salut.

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Projets sur projets. Vivent les amphés!

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À mon âge, on apprend plus rien. Au mieux, on comprend un peu plus profondément, ce qui est rédhibitoire.

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Je ne vois même plus l’intérêt de poursuivre mes réflexions, mes maximes. Peut-être, d’ailleurs, que la vraie sagesse est du côté des cynique – & de Socrate : ne rien écrire & parler beaucoup, si possible en écoutant pas ses interlocuteurs.

***

L’énergie qui a traversé les 80’s est le fait de ceux qui, comme Ellis, sont de cette génération. Oui, l’on ne se convertit pas à une époque, à moins de sauter dedans.

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La conviction, on se la forge soi-même : il est impossible de l’apprendre.

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Impossible que de me concentrer, tête complètement vide, hébétude. Bref, rien de nouveau sous le soleil…

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Les roman fantastiques pèchent par irrationalisme : c’est l’apparence de la logique qui suggère la peur

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Je ne sais pas où aller, mais il est sûr que je finirai dans quelque squatte ou autre ghetto…

***

La « voix de personne » est une bonne définition du blues.

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Après une vie de nomade, je m’arrête dans le scepticisme.

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En termes d’inachèvement, je suis un véritable spécialiste : je ne finis jamais rien.

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Pas même mes clopes.

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Les seuls genres littéraires qui trouvent grâce à mes yeux sont les aphorisme, les lettres et, parfois, des nouvelles.

***

Deux commencements impossibles à dépasser : « Longtemps je me suis couché de bonne heure », et :  » Ça a débuté comme ça ». J’ai complètement oublié la conclusion que je voulais en tirer…
A ver.

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16:30. Tout devient d’un ennui, & laborieux, en sus…

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je ne comprends pas que l’on débine à ce point le paraître et l’avoir au profit de l’être, l’être, toujours l’Être. C’est une idée courante du philistin actuel, qui a l’opprobre de s’en laisser imposer, qui plus est…

***

Extase. Les amphétamines, c’est plus ce que c’était…

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Je demeure persuadé, bien qu’ayant domestiqué mon Double, qu’une vie digne de ce nom, l’on doit la mener comme si l’on était un autre.

***

Je me suis mis à toutes les écoles, mais n’ai posé mes bagages dans aucune. Tout au plus me suis-je installé dans le doute. Non, même là, je suis un escroc…

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Je fuis tout ce qui oblige à suivre, toute continuité. C’est ça, l’éthique de l’abandon – de la soustraction.

***

Pardon…

***

Toute vraie philo, et même sagesse, ne devrait avoir qu’un mot d’ordre, poncif éculé et populaire : « Que voulez-vous, c’est comme ça, c’est comme ça. »

***

Ce type, s’il me respectait, j’en aurais honte.

***

Que ferais-je si on m’annonçait que je vais mourir demain? Difficile à dire, mais je pense que je me suiciderais, par élégance plus que par fierté…

***

Combien Dostojevski est plus profond, dans son analyse du peuple, qu’un Zola. Avec Flaubert, par contre, l’on ne peut comparer : il faut dire que, la populace, il l’avait en horreur.

***

Je ne vois pas en quoi un prof puisse m’enseigner quoi que ce soit à propos de Pascal, de Baudelaire, etc. En effet, qui a déjà eu le vertige se passe du commentaire de ces auteurs. Que dis-je? – De leur lecture…

***

Réussir son échec, voila la clef. pour sûr, la charité n’est pas cette clef.
– O.K, mais la clef qui ouvre toutes les portes, c’est la clef U.S.B
– Ta gueule.

***

Pour m’apprécier, il faut être pervers ou intéressé.

***

So far…Not for me…

***

Dieu, c’est comme Édith Piaf : c’était bien mais, depuis, on a fait mieux.

***

LA FIN DE TOUT REPOS
(Un livre du blues)

I/ PROPOS D’UN BARBARE

***

Je me sens libéré. De quoi? – De la liberté, justement…

***

Pour être optimiste, il convient, d’abord, que d’être pessimiste.

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Nietzsche : nihilisme extatique.

***

La mystique, ainsi que l’a montré Bataille, peut être athée.

***

Je suis un misanthrope humanisme. Mais ma mystique est surhumaine.

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Être lyrique dans le fragment & de sang froid dans la totalité…

***

Je suis souvent tenté par l’écriture automatique, voire : l’aphorisme automatique…

***

Mon pyjama est mon sous-sol. Je veux dire : mon point de sous-population.

***

Le mauvais goût consiste à prendre Edgar Poe au sérieux, & Cioran pour un poète maudit…

***

Extase!

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Trouver est une chose. Une autre de savoir que l’on a trouvé.

***

Le tout n’est pas que d’être libre, mais autonome.

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J’ai téléphoné à tout le monde &, maintenant, je m’ennuis…

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Une foule de projets! – Vite, m’allonger.

***

J’ai l’esprit en lambeaux.

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Ces derniers temps, j’ai écrit pas mal des vers. Je m’en repens déjà…

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Avant d’apprendre l’histoire, j’étais naïf. Après, déprimé.

***

Complètement abruti, ahuri, etc.

***

En colère, d’accord, mais il faut, dans un premier temps, être en colère contre soi, c-à-d : être insatisfait.

***

Retour du Bourdon éternel…

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Affreuse odeur de psychose…

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Un attentat. Encore un coup des vampires…

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À deux doigts de la folie, la folie clinique.

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Je déteste les moments de transition…

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Une brusque extase projective. Puis plus rien, le froid néant de la mort…

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La mélancolie, au sens clinique, est la perte complète de toute capacité d’ironie.

***

Je lui donne un Dostojevski à lire, pensant qu’elle n’y comprendra rien. Je me ravise dès qu’elle me dit que ça l’a fait rire.

***

Propos tragique. Dieu, s’il n’était pas ironique, ne pourrait exister.

***

Il n’y a aucune gloire à se venger; ce n’est pas héroïque.

***

Seuls les parano achèvent véritablement, mettent leurs projets à exécution. En ce qui me concerne, dès que je mets un titre, vous pouvez être sûr que rien ne suivra. En tant que schizophrène, mon milieu naturel est l’inachevé.

***

Mais le parano, contrairement à moi, est trop méthodique pour être créatif : c’est un réactionnaire qui tourne, la plupart du temps à une version histrionique du fascisme.

***

Celui qui ne s’est pas confronté à Dieu, à mes yeux, est un zéro. À l’inverse, le vrai mystique, la plupart du temps, est de mauvais goût…

***

Si les gens ne participaient pas de la superstition de l’Acte, la paix se ferait toute seule.

***

Fragment après fragment; je transige avec la totalité…

***

Les pouvoirs ont tout intérêt à ce que la lucidité ne se propage pas. Ainsi, le problème de la drogue est réglé : il faut qu’elle circule librement – libéralement. – & Que l’on n’aille pas me dire que je suis anarchiste!

***

Le bon goût dans la culture des nuance. Le comble de la finesse : dire « ces gens-là » en parlant des étudiants.

***

L’ironie est ce qui nous distingue de l’homme préhistorique; la plupart de ceux qui croient au sérieux & à l’intégrité – pour ne pas dire aux « Droits de l’homme – sont des hommes des cavernes qui ne s’assument pas.

***

L’homme est son propre ennemi, cela ne fait aucun doute. De là à toujours trouver un bouc émissaire, bien-sûr, il n’y a qu’un pas. Ce pas, ce sont les Chrétiens & les Juifs qui l’ont franchis les premiers, & ils nous empoisonnent la vie à chaque journal télé…

***

Le mauvais goût de la plupart des mystiques tient à ceci qu’ils tiennent plus que tout à leur identité, qu’ils iraient même jusqu’à renoncer à Dieu pour elle.

***

En ce qui me concerne, j’irais même y renoncer pour une cigarette…

***

La farce des croisades &, plus récemment, de l’intégrisme Islamisme : mourir pour Dieu – & par les armes encore.
– C’est ça, précisément, manquer de goût…

***

Être mécontent de soi & rejeter la faute sur les autres est la façon sublimée de ne pas se compromettre.

***

S’ennuyer à rebours : l’ennui qui vient du manque de temps…

***

L’histoire est la rationalisation du temps. De là vient son caractère suspect, pour ne pas dire : malsain.

***

Le premier péché est la conscience; tous les autres en découlent? À n’en point douter, la clef de la sagesse est que de tirer un trait sur la lucidité.

***

l’on ne prend conscience de soi que dans la douleur. Voila en quoi l’idiot du village devrait être notre modèle…

***

Le Christianisme est mort, comme la psychanalyse. &, Comme elle, son destin est de durer éternellement.

***

Une honte surgit lorsque, cherchant un titre au recueil que je suis en train d’écrire, je tombe sur : « Méditation d’un chrétien »…

***

La sagesse est que de se blinder contre ses émotions; mieux vaut aller aux putes qu’à l’église…

***

Se vaincre, justement, est l’inverse d’une victoire : il s’agit de l’aurée du renoncement, du commencement de la salutaire défaite.

***

Il est facile de monter; choir, en revanche, est tout un art.

***

J’écris ceci dans la frénésie, ce que je n’avais pas éprouvé depuis des mois, c-à-d : une extase à l’envers.

***

Notre époque est celle de la recherche des causes. Au moindre évènement, l’on se met à chercher ce qui y a conduit, les antécédents de tel ou tel criminel, de tel ou tel geste de désespoir. C’est ainsi que nous vivons l’ère médiatique du « spécialiste », la plupart du temps un psy.
Les effets, eux, sont passés sous silence, & la peur réactionnaire de l’avenir fait le reste.

***

Le mouvement hippie est basé sur un manque d’ironie certain.

***

Derrière toute joie, cherchez la conversion.

***

Si j’étais sincère, hé bien je prendrais la Voie du clochard…

***

L’immobilité me gagne. Je commence à être littéralement paralysé à l’idée de la moindre action.

***

L’Etrange me prend.

***

Mon médecin, jadis, avait mis en garde mes proches contre mes accès de manie, disant que c’est dans cet état que risquait de survenir le suicide. Ç’aurait été, pourtant, le comble du bon goût : mourir de joie est un sort que beaucoup m’auraient envié…

***

L’angoisse commence, je ne sais plus quoi faire.

***

La vraie folie est que de ne pas faire le départ entre rêve & éveil.

***

Ma vie toute entière fût une alternance d’extases & de dépressions.

***

Je commence 10 livres & n’en finir aucun. Voila où mène la velléité.

***

Si un « convaincu » veut vous convaincre, sachez qu’il s’agit d’un imposteur.

***

Le tout n’est pas de souffrir, mais d’aimer ça.

***

J’ai la vocation de l’inachevé.

***

Je commence de suspecter quelqu’un à partir du moment où il est propre…

***

Être optimisme est une maladie; pessimiste, un virus.

***

La naïveté est un don du ciel. En effet, elle procure l’enthousiasme. – & C’est là que, précisément, les problèmes commencent…

***

C’est à défaut de chercher un maître que Diogène cherchait un homme…

***

J’essaies, en toutes circonstances, de ne point regarder l’heure. Ma capacité d’ennui est, en effet, presque illimitée. Hier, changement d’heure : une heure de moins à supporter. Croyez-le ou non, mais mon ennui m’a manqué…

***

Je me sens coupable. Peut-être devrais-je tout faire pour que ce sentiment soit justifié.

***

J’ai l’âme Slave, mais le corps Français.

***

Le tout n’est pas d’avoir à dire quelque-chose, mais d’arriver à le formuler… – Rien n’est indicible, & tout peut, au moins, être suggéré.

***

Je n’entends pas qu’une musique me prenne aux tripes, non : je veux qu’elle satisfasse mon esprit. Le blues, à ce titre, me colle le blues.

***

Est victorieux quiconque ne choisit pas d’en finir prématurément.

***

Sentiment, pleinement justifié, d’être vieux. C’est que, vus mes abus, à l’âge de 35 ans, il est plus que certain que je suis parvenu à plus de la moitié de ma vie. &, qui plus est, je n’ai point oeuvré.

***

Pourquoi l’on n’enseigne pas la logique en classe préparatoires : il en résulterait une vague de suicide…

***

À 20 ans, l’on veut comprendre. À 30, être idiot.

***

Il ne faut pas se laisser imposer des problèmes. Non : les problèmes, l’on doit les fabriquer soi-même.

***

Il ne me reste, pour finir, que des regrets.

***

Lorsque vient le printemps, j’ai toujours l’habitude de faire le bilan. Mais, le pire, c’est l’introspection cauchemardesque de l’été.

***

Il y a peu d’endroits où j’ai plus ri que dans les H.P.

***

L’on ne peut pas réfléchir correctement avec un compte en banque dans le rouge. Je ne faits pas des économies par peur de manquer, mais pour sauver ma pensée du naufrage.

***

Mon psy me demande si j’ai des hallus. Je lui réponds que c’est supportable. Il me dit : « vous me faîte mal ». Il ne comprend pas que l’on s’habitue à tout, y compris à l’intolérable.
Ne vous étonnez donc pas que des peuples demeurent sous le joug de dictateurs sanguinaires des siècles durant & que, oui, on s’habitue à tout.

***

Le découragement est le début de la défaite. C’est pourquoi je lui préfère la résignation.
Misère du mouvement des « indignés » & de tous ceux qui se refusent à souffrir.

***

Plus je vieillis, plus j’ai l’impression de ne pas avoir assez de temps. J’ai la nostalgie de mes anciens ennuis.

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« La seule chose qui soit insupportable, c’est que rien n’est insupportable. » (Phrase attribuée à Rimbaud )

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Toujours au sujet de l’ennui, j’ai remarqué que ceux qui ont peu dépensent beaucoup. Hé bien, moi, il a beau me rester peu de temps, je le dépense en ennui au point que, à ce stade, il s’agit d’un véritable Potlatch.

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Si j’ai embrassé la carrière littéraire, c’est que les symboles en sont limité : 26 lettres. Matheux, l’infini des chiffres m’aurait flanqué le vertige.

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Comment être chrétien & « indigné »? Ha! – J’oubliais le Christ…

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J’ai, plus que tout autre, le sens du Destin. Pas du mien, toutefois…

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Attention! – Je suis à deux doigts du lyrisme.

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Ça y est : j’ai découvert le secret de l’existence.
Zut, je viens de l’oublier.

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Un aphorisme est un raccourci : il fait l’économie du raisonnement, d’une longue & fastidieuse démonstration.

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Le blues, d’accord, mais le matin.

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Un peu trop de joie ce matin…

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Encore un discours sur les « jeunes qui font rien ». En ce qui me concerne, je prône le grève générale. – Je n’ai pas dit : manifestation…

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La vie, tout de même, est atroce.

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Dans ma partie, j’ai rapidement compris qu’il fallait aimer souffrir, & ne point se plaindre.

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Toujours à propos des « jeunes qui foutent rien ». Hé bien, bien que ne foutant rien & n’ayant jamais rien foutu, je ne me sens plus concerné : j’ai 35 ans…

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Lire Dostojevski en écoutant du blues est le comble de l’ironie, aussi tragique soit-elle…

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Ce que je dis à l’oral, je ne suis capable d’en transcrire que le 100eme par écrit. C’est toute mon infirmité que de ne point avoir de style.

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Impression que je suis en train de pourrir…

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Infliger des supplices vous sera pardonner, pourvu que vous y mettiez de l’Art, que vos actions soit assez recherchée pour paraître incompréhensible…

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Comble de l’élégance : dire à un muet de la fermer.

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Le temps du culte de l’action vient quand toutes les superstitions sont épuisées; c’est la dernière superstition…

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Civilisation sur le déclin : passer, en 1000 ans, des Croisades au Hamburger.

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Il est plus facile de se faire aimer que d’être haï. Comme j’aime la difficulté & la recherche en tout, il n’est pas étonnant que je ne soit que modérément apprécié. Mais je vais plus loin : il y en a de plus-en-plus qui me détestent sans m’avoir jamais parlé.
C’est à cela que je suis sûr d’être en train de devenir une oeuvre d’Art à moi tout seul…

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Il convient de faire ce que l’on attend de nous tout en surprenant; être imprévisible jusque dans l’habitude…

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10:30. Bonne humeur qui ne laisse présager rien de bon. En effet, les médecins passent leur temps à prescrire des antidépresseurs & autres anxiolytiques pour les gens tristes & mélancholiques.
Ils voudraient abolir la lucidité qu’ils ne s’y prendraient pas autrement; ce sont les gens gais qui devraient être objet d’internement, d’autant plus que, la plupart du temps, ils emmerdent tout le monde, essayant de nous convertir à une joie à propos de laquelle ils ne peuvent réellement argumenter, puisqu’elle vient de leur fond morbide.

Il faut en effet avouer qu’un catatonique est plus proche de la sagesse que le premier enthousiaste venu… – Mais lequel des deux fait autorité dans nôtre époque de dégénérés?…

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Je vais trop bien, je le répète… Il me faut une cure d’ataraxie. C’est ainsi que j’avale 50 gouttes de neuroleptiques…

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La plupart des gens veulent savoir ce que j’écrit. Auparavant, je leurs disais que je rédigeais ma thèse. À présent, ce sont soit-disant mes Mémoires…
Dans quelques temps, j’espère être à même de leurs répondre que je n’existe tout simplement pas.

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Je n’attends qu’une seule & unique chose de mes contemporains : qu’ils ne me fassent pas perdre mon temps.

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Je suis fervent même dans la défaite; surtout dans la défaite…

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Fumer comme un pompier n’est pas mon défaut, mais ma philosophie.

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La plupart des philistins déplorent l’individualisme de nôtre ère. En fait, il faut abolir l’individualisme par la Voie du renforcement de l’égoïsme.

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Les Juifs ont une prière, le matin, afin de remercier Dieu de leurs accorder une nouvelle journée. C’est que la religion est par trop portée sur les nuances, dans la mesure où pour moi, un juron suffit.

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À chaque nouveau problème, cherchez à qui il profite.

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Un type qui présente trop bien a forcément quelque-chose à cacher. – Surtout s’il est propre…

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Je ne reçois de leçon de personne. – Sauf peut-être des Incurables.
– Que dis-je?, des morts…

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L’histoire est une invention de vainqueurs.

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Seuls les discrets peuvent se permettre d’être mégalomanes.

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Le vrai péché originel, c’est la conscience.

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Nous ne sommes pas, contrairement aux Slaves, une nation portée à la Fatalité, sans quoi nous autres, Européens, serions un Continent de détrompés, une villégiature du monde n’excellant plus que dans l’accueil des touristes.

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& Dire, avec ça, que la V eme République fût fondée par un général…

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« -Excusez-moi, doc, j’entends des choses que personne n’entend.
-Enlevez donc vôtre Walkman… »

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Ces derniers temps, je suis en proie à l’obsession de la mort, ce qui m’arrive périodiquement. Mais, en temps ordinaire, cette pensée me stimule alors que, depuis hier, elle m’anéantit littéralement.

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Je ne fais confiance qu’à ceux qui ont souffert, intensément souffert.

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À vingt ans, je n’étais pas heureux. & Cela ne s’est pas amélioré…

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Les méditations sur la mort peuvent engendrer deux types de comportement contradictoires : l’hystérie de l’histrion ou l’apathie du vaincu.

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L’on a beau s’élever autant que l’on peut par la culture ou tout ce que l’on voudra, il n’en reste pas moins que seules deux choses importent au final : le dodo & le caca…

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Deux catégories de gens que je ne puis supporter : les commerciaux & les militaires. En fait, cela regroupe toute la population, vente, jugement & justification.

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L’avenir ne saurait m’étonner; je suis trop lucide pour ça. L’avant, par contre, me terrorise.

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Rien de plus instructif que de pousser ses défaillances au bout de la rupture. Que La naissance de la tragédie est sage, & que je lui préfère Ecce homo, où Nietzsche avait déjà un pied dans la folie
Oui, seuls les moments de déséquilibre & de porte-à-faux sont créateurs.
Cf : la conception du rire chez Bergson.

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Je pourrais développer, mais ça m’emmerde.

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Ceux qui n’ont pas de talent m’indiffèrent; seuls comptent les individus ayant gaspillé leurs dons.

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L’on reconnaît une civilisation décadente à ceci que les élites pactisent avec les idées qui vont les détruire, comme ce fût le cas au XVIII ème siècle – & aujourd’hui…

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Si les pays se spécialisaient par profession, la France serait une nation de psychiatres.

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Lorsque le bon goût change de camp, vous pouvez être sûr que va suivre une période d’instabilité, d’anarchie ou de chaos.

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L’angoisse s’empare de moi, mais je décide de ne point prendre de médocs, & de voir ce qui va suivre… Avec un peu de chance, je vais sombrer.
À ce titre, je dois avouer une chose : la mort me fait bien moins peur que la folie.

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Tiens! – Je suis en manque.

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Hier au soir, j’apprends, au J.T, que l’allergie est le « mal du siècle ». Putain! – on a vraiment les maladies que l’on mérite…

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Il faut commencer par la régression & le reste viendra tout seul…

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Bientôt les élections, & tous les candidats sont réactionnaires.

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Une furieuse envie d’écrire. Mais je n’ai rien à dire… Je me ravise : c’est là l’unique condition de l’écriture.

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L’angoisse est barbare & l’anxiété, de bon goût. Voila ce qu’il en coûte à trop s’allonger sur les divans.

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De même que la souffrance physique mine le moral, de même, la souffrance morale ruinent le corps.

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La mort de la littérature date de l’avènement du moi.

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L’Europe est indigne de son passé. L’Amérique, de son avenir.

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À ma façon, je suis un dandy, du moins si ce terme peut s’appliquer à un grunge par défaut.

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Le comble du bon goût, c’est de dire « ces gens-là » en parlant des étudiants.

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Comment la religion chrétienne pourrait-elle être distingué si l’on prend en compte la façon dont est mort Jésus Christ?…

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Le jargon, quel qu’il soit, est un signe d’épuisement, c-à-d l’impossibilité de reconnecter avec un fond barbare.

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Dire à peu près n’importe-quoi à tout le monde est ce qui me prémunit, en terme d’écriture, contre la sclérose.

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Être « normal », de nos jours, consiste à fuir la sagesse & à la remplacer par une frénésie d’action.
Hier, au moment de taper le code de la porte de mon immeuble, je pense à ce que je fais. Il n’en fallait pas plus pour me paralyser. Cela est instructif : demandez à l’agité contemporain de se représenter ce qu’il fait ou, à tout le moins, d’n prendre conscience, & vous le verrez verser dans l’aboulie. Oui, il coûte cher d’être lucide…

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La médecine contemporaine pèche par excès de tact : il faudrait mettre la camisole à tous ceux qui ont plus de deux projets par mois.

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Ce qui compte, ce n’est pas la qualité de l’intensité, mais sa puissance. Ainsi parle le barbare.

II/

C’est dans le domaine de l’absolu que l’on reconnaît un caractère.

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Le doute est l’essence même de l’évidence mystique.

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Le mystique est habité par son idée. C’est d’ailleurs ce qui le différencie du fanatique, qui ne ressent physiquement que son action.

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Sans les amphétamines, je n’aurais jamais rencontré Dieu.

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Le vrai mystique ne croit pas, il sait…

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Que trouverai-je au bout de cette angoisse qui me ronge? Probablement le Néant. Je suis un idolâtre du Chaos.

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Qui ne goûte point la musique est plus suspect à mes yeux que celui qui vole un livre.

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Le sceptique se nourrit de simulacre : il ne doute pas de son doute. C’est ainsi qu’un Descartes, aussi critiquable soit-il, a fondé la métaphysique, moins par ignorance que par peur, il est vrai.

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Afin de penser réellement, il convient de sauter hors de l’Histoire. De l’histoire? Que dis-je? – Du Temps…

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L’on reconnaît un pervers à ceci qu’il sourit en regardant une montre qui retarde.

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Ne jamais rien faire de productif & dépenser toute son énergie dans des vétilles…

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La plupart des gens qui agissent sont des fanatiques refoulés. Et que l’on n’aille pas me parler, dans ce cas, d’ascétisme : l’anachorète n’est pas bourgeois, il n’est même pas de ce monde…

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L’on ne supporte les tyrans que par un trésor inestimable de résignation. À l’inverse, le moteur des démocraties est la fatigue – l’épuisement. Bien-sûr, dès lors qu’il est inévitable que des Munich se reproduisent, les démocraties étant, par essence, peureuses et lymphatiques.

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Ex : un étudiant sortant du Lycée pour « travailler » à l’Université doit faire montre de discipline, sans quoi il va passer de compromis en compromis – et ce jusqu’à la compromission. Que l’on cerne mon propos : quand je fait l’éloge de la hiérarchie, il s’agit d’une apologie de la discipline, c-à-d de la vertu, au sens Grec du terme.

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Si un problème ne met personne en danger, sachez qu’il est fait pour vous asservir.

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Tout problème intraduisible en termes d’énergie est un faux problème.

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« Vous, la gauche, vous n’avez manqué aucun rendez-vous avec le fascisme. »
Michel Foucault

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Tout le monde m’emmerde. Heureusement que personne ne vient me voir…

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Là où certains voient des hommes, là, je ne vois, moi, que des symptômes…

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La profondeur est un crime lèse-surface.

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Les seuls moment où civilisations entrent dans l’histoires sont les périodes durant lesquelles elles ont été victimes…

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Je dois avouer une chose : j’aurais préféré ne jamais apprendre à lire.

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Mon ulcère se réveille. Ouf, j’existe enfin…

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Le « divertissement » pascalien est encore trop profond. Oui, nous sommes à l’âge de la distraction. Pire : des loisirs.

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Nous ne sommes même plus des colosses aux pieds d’argile, mais des nais qui puent des pieds.

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Je suis schizo, mais je passe mon temps à essayer de convaincre les autres qu’ils sont fous…

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La passion des débuts. En amour, au commencement, l’on est plein d’attentions pour l’autre, on prévient ses moindres besoins. Bref, l’on aime vraiment. C’est par la suite que tout se gâte : l’habitude s’installe, la routine, l’autre pue de la gueule le matin, ce que, auparavant, l’on trouvait charmant, mais maintenant, etc.
L’amour n’est qu’un cas particulier. En effet, les débuts, que ce soit en amitié, en philosophie ou en religion, sont toujours marqués au coin de l’enthousiasme.
Seuls ceux qui, tels les mystiques, parviennent à cultiver l’Esprit des origines, sont aptes à vivifier le présent, – à le transfigurer.

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Il y a deux formes de colère, celle de l’énervé, qui est stérile, & celle de l’insatisfait. Cette dernière permet d’accomplir de grandes choses, y compris être un homme.

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Je me demande quand même si les amphétamines et le speed dont j’abuse ne me colleraient pas un peu le bourdon.
A ver…

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Sarkozy, malheureusement, même s’il n’est pas réélu, a gagné…

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L’ironie est une fête, oui, mais une fête où l’on finit, apathique, à se regarder dans le blanc des yeux tellement qu’on n’a plus rien à dire, tellement l’on s’ennuie…

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À chaque victoire, soustrais un peu de toi-même. Avec un peu de courage, tu arrivera à t’abandonner, à te défaire du fardeau d’être un homme.

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Il faut avoir assumer ses mépris, et accepter de finir seul.

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En ce moment, le suicide me travaille, à tel point que je me demande, pour la première fois depuis 10 ans, si je ne vais pas me jeter par la fenêtre. Si le suicide n’était pas une pulsion, cela ferait longtemps que j’en aurais fini avec la vie.

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Il convient d’ignorer ceux que l’on méprise; à l’inverse, il faut être prévenant et attentionnés pour ceux que l’on hait.

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Je souffre pour la moindre phrase, et une virgule me plonge dans un abîme de perplexité. Le scrupule du bien-écrire que seuls les vaincus comme moi connaissent.

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Je suis un sous-peuple à moi tout seul…

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J’ai arrêté de boire le jour où j’ai compris que la lucidité de l’alcool allait finir par avoir raison de moi.

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Je ne puis supporter ceux qui répondent sincèrement à un « comment ça va? »

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Dostojevski est un barbare qui a l’art des nuances; c’est en quoi il s’agit d’un vrai mystique.

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Céline, écrivain du corps. Rien à voir avec le cinoche fade et laborieux de la psychologie de bazar.

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Je ne prends plus de barbiturique jusqu’à ce soir, dans la mesure où mon bourdon est sans fond.

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Je suis endurant, mais, là, c’est trop…

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Je suis contre la peine de mort dans la mesure où la mort est fascinante. J’allais dire : fatigante.

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Enfin! – Accéder au non-vouloir.

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Seule la médiocrité est impardonnable.

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Nôtre époque a le préjugé de l’histoire.

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Être fataliste, c’est aimer ses inquiétudes.

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Se tenir debout, voila la première de toutes les compromissions, la condition de la honte.

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Je prône la fierté de choir.

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Justement, qui dira le volupté de choir?

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09:48. Bien que réveiller depuis ( trop ) longtemps, une secousse se fait : j’accède au véritable éveil.
– Et ceci du point de vue du 3ème oeil.

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Je suis en forme, ce matin, un peu trop, d’ailleurs; je mérite mon effondrement…

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En effet, il s’agit de bien démarrer, sans quoi toute pensée serait compromise dès le départ. En ce qui me concerne, j’ai été heureux, brièvement, certes, mais Ô combien heureux.

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La pensée relève de la physiologie, le corps de la psychologie.

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Ne faut-il pas désespérer d’abord? À tout prendre, l’on ne risque qu’une bonne surprise…
A ver…

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Le pire étant d’être obligé de parler à des sous-êtres…

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Et n’allez pas oublier que tout le propos de ce livre est l’ironie…

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Un peu trop joyeux, oui – il me faut un neuroleptique…

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Et remise les amphétamines par-devers moi.

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Manie.
Coeur qui accélère, mais il ne s’agit pas de la panique. La guitare me déchire les oreilles – le blues. Brusque réveil… – Je ne dormais pourtant pas. Ha! – Oui : la Grande Délivrance, l’Extase.
Mais cela continue, bien que, du moins à ce qu’il me semble, tout ralentisse un peu. Il y a toujours ces vitesses – & la Puissance de l’Oubli. Dans l’Ouvert absolue de la vision des amphétamines, & ce vertige horizontal, la panique me prend. Je vais gérer, c’est sûr.
Mon Dieu! – Arrêtez cette extase qui se commue en intense douleur, en souffrance atroce. – Mais ça continue. Voix! Voix! Qui ne disent rien.
Etc…

***

Exemple de mystique sans style : Bataille.
Mais pas seulement.

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Je dois avouer que, en ce qui concerne l’heure présente, qui est très-sévère, je me préoccupe beaucoup du style, de la bonne tenue de ce que j’écrit. Il m’arrive ainsi d’hésiter sans fin sur un mot, l’emplacement d’un tiret ou d’un point-virgule.
S’agit-il d’une forme d’ascèse, au plan stylistique?
A ver…

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L’élégance, c’est d’avoir une montre qui retarde et d’être tout de même à l’heure.

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C’est bon : j’ai gagné ma journée. Il est à peine midi, et je suis plus que tenté par l’idée d’aller piquer un petit roupillon…

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Comme tous les sous-peuples, j’ai la superstition du bien-dire.

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A**.B**
Elle mettait toujours U2 quand elle voulait que l’on fasse l’amour &, moi, je redoutais plus que tout ces moments. En effet, elle fût la seule fille avec laquelle, même au plan sexuel, j’était conscient.
La conscience est une maladie et la lucidité sape tout, même et y compris le plaisir. Bref, en termes de mort, il est plus que loisible d’affirmer que la Grande contamine la petite…

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Plus ça va, moins j’ai de facilité à écrire : j’essaie de vaincre le barbare qui est en moi.

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Il ne faut pas apprendre des autres, mais comme les autres.

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Et dire qu’un simple mal de dents, aussi mesquin soit-il, enseigne plus que toute une vie à fréquenter les philosophes…

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Il me suffit de sortir dans la rue pour avoir l’impression justifiée de me trouver dans la salle d’attente de quelque psychiatre.Pire, – aux urgences d’un H.P…

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Si j’avais été capable d’exercer une profession, j’aurais sûrement été paléontologue, juste histoire d’être fier de mon objet d’étude. Mais de quoi être fier, là-dedans? Non, j’aurais dû me spécialiser dans les Grands Singes, seuls représentant de l’innocence.
Imagine-t-on un singe historien? Ha! – J’oubliais Hegel…

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Hier soir, le Da Vinci code à la télé. Et la plupart des cons de vous certifier que la thèse selon laquelle le Christ a eu des enfants est scientifiquement prouvée. J’abandonne : on a les problèmes qu’on mérite.

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12:30, et, déjà, le bourdon qui s’installe.

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L’on reconnaît une civilisation sur le déclin à ceci qu’elle transforme chaque évènement en scandale.

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L’on ne comprend rien au Blues tant que l’on ne s’est pas fait à l’idée qu’il s’agit d’une musique de vaincus. Voila pourquoi elle me va si bien.

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On n’est vraiment à terre que lorsque la colère nous devient incompréhensible.

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En ce qui me concerne, je n’ai même plus envie de durer.

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Il est deux génie que je n’aurais pas aimé connaître : Artaud et Dali, types même des fous fascisant, imbus d’eux même et égocentrique. Je ne les aurais point fréquenté pour la bonne raison que cela fait longtemps que j’ai anéanti le fan qui sommeillait en moi.

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Ne rien dire qui ne pourrait se hurler sur la scène d’un opéra comique.

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Un ami psychiatre fait un stage de 6 mois aux urgences psy.
Excusez-moi, je pensait avoir un truc à dire à ce propos, mais je me rends compte que ce n’est pas le cas. Bref, j’espère, au moins, qu’il va avoir quelques occasions de se marrer.

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III/

Le premier point, si l’on veut devenir sage, est de se purger de la colère, – et il s’agit d’une condition sine qua non. Le second est que d’apprendre à rire. Mais le point crucial, et sur lequel il n’est pas loisible de transiger est le suivant : acquérir cette unique vertu : la patience

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L’on peut s’inspirer d’un auteur, mais il convient de faire preuve de délicatesse, et de ne point écrire des vers en lisant Les fleurs du mal.

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Trouver un pays plus intriguant que la Russie est difficile. Tous les pays ont eu leurs époques, mais les Russes, eux, sont le peuple de toutes les époques.

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Depuis ma crise mystique, je n’ai plus peur de la mort mais… J’ai de plus-en-plus peur de la vie.

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Irruption de l’angoisse. Que faire? La réponse, pourtant, est évidente : attendre.

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Sagesse neuroleptique se nourrit de morphine mentale.

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Quand se décidera-t-on à soigner les gens normaux? Que dis-je? – Ça fait plus d’un siècle que la psychanalyse s’en charge…

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il y a des choses que seule la sagesse Russe permet de comprendre. Si le Christ revenait ( ou l’un de ses enfants, si l’on s’en tient au Da Vinci code… ), nul doute qu’il serait Slave.

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Selon Sarkozy, « l’homme Africain n’est pas rentré dans l’histoire ». Comprenez : ils ne sont pas arrivé jusqu’à Neuilly… En ce qui me concerne, le Ukulélé est entré dans mon ipod.

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J’ai vécu le manque de drogue, d’alcool, puis des tranquillisants, & je ne me souviens d’aucune période de sevrage. Peut-être que le corps a besoin d’oublier certaines choses, trop intolérable & qui prendraient trop de place sur le disque dur… Je ne sais pas, peut-être ai-je déjà rejoint l’éternelle Matière, l’A.R.N…

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Ne rien faire qui ne puisse être l’objet d’un rite dans une secte.

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À tout prendre, s’ennuyer est un luxe. – & il faut croire que j’ai à ma disposition un véritable trésor…

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13:45. Extase froide qui est complètement déconnectée de la réalité.

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Premier sujet de philo en classes prépa : « Qu’est-ce qu’une crise? ». Deuxième : « Que faut-il penser de la désillusion? ». J’aurais dû m’arrêter là, puisqu’il m’a fallu plus de quinze ans pour répondre à ces questions.
Y »répondre »? Que dis-je? – Les incarner…

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Dormir ne sert qu’à une chose : éviter l’ennui.

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Moi, je suis un ennuyé overbooké.

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Il faut être à la hauteur de sa propre déchéance.

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J’ai honte d’être nostalgique, mais j’ai l’excuse d’avoir d’immenses & inconsolables regrets.

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L’ennui, en France, n’est que le mal du XIX eme siècle. En Russie, il est le mal qui a rongé et continue de ronger toutes les époques.

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L’ennui, dans les H.P, est atroce. Et encore, ce n’est qu’un ersatz de prison…

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J’aime beaucoup l’Anglais, le parle & le comprends. De la même façon, j’aime la civilisation anglo-saxonne. Mais je ne pourrais pas m’exprimer dans une langue où « night » rime avec « light ».

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N’ont peur des fous que ceux qui n’ont pas foi en leur propre raison.

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Si Pascal nous fascine encore, ce n’est pas pour le pari, mais pour les abîmes – et pour son style.

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15:00. Je ne vois même plus l’intérêt d’écrire…

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L’altruisme n’est envisageable qu’au milieu de la vie,dans la mesure où l’on termine comme on a commencé, c-à-d : égocentrique.

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Je dois avouer que je ne suis que très-rarement extatique l’après-midi, mais alors, aujourd’hui, j’ai passé la journée dans la pire des euphorie. ( 28/03/12 )

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Le minimalisme Américain était un moment nécessaire. Par contre, en France, les auteurs qui s’en revendiquent ne font qu’une chose : lire Bourdieu et écrire le contraire.
Oui, la France pèche per excès d’esprit, par vice de l’intellect; elle date d’une autre époque, d’un autre destin…

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Dépression post partum, je veux bien, mais ce serait plutôt au nouveau-né de la faire…

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J’ai une idée à la seconde, beaucoup plus d’idées, même qu’il m’est possible d’en écrire : je rame laborieusement derrière moi-même…

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Nietzsche et la « belle humeur »; voila bien une idée de malade. Pire! – De malade qui se promène trop…

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Tutoyer des sommets &, sortant fumer une clope, être obligé de parler de la grève des éboueurs avec un sous-être…

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Je n’aurais jamais pu exercer la profession de commerçant, encore moins celle de commercial dans la mesure où « merci » ne fait pas partie de mon vocabulaire.

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Bientôt 16:00, et encore une extase.

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La cigarette est à elle seule une leçon d’humilité. En effet, on commence avec grâce pour finir dans les glaires…

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Ça va trop bien; ce n’est pas normal – du moins pour moi.

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En matière d’ennui, je suis un maître. Que dis-je! – Un mystique…

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Impression d’être né vieux…

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Je remarque que, plus la journée avance, plus mes aphorismes raccourcissent. La fatigue? Peut-être. Mais il y a plus : la fin de la journée est plus propice aux vérités ultimes que le début. Ainsi, à minuit, le moindre point-virgule est audible…

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Pour savoir si un livre est bon, point n’est besoin de solliciter un critique ou un artiste, pire : un prof. Non, il faut soumettre le texte à un adolescent pour ne pas dire à un clochard.

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Du temps où j’arrêtais l’alcool, je ne lisait que les livres où il était question de volonté. Pour la drogue, des livres qui traitaient de came.
En ce moment, je lis Le dernier jour d’un condamné & Carnets de la maison morte.
Il me semble que cela se passe de commentaires….

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J’ai rarement besoin de me suicider la nuit. Cela, d’ailleurs, me semble d’un goût douteux.

***

Si j’avais été prof – & j’ai été à 2 doigts de l’être – j’aurais divisé l’année en trois parties : premier trimestre, l’angoisse chez Freud; second, la question de la psychose chez Lacan &, enfin, Durkheim et le suicide…

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Pour finir, un pays est actuel par son Art & démodé pour ses guerres.

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Prendre le pli de l’analyse ou de la critique, c’est vouer la Pensée au cimetière…

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Première copie de Lettres en classe prépa : à la première phrase, j’écris « hauteur » à la place d' »auteur », & le prof de mettre deux points d’exclamation dans la marge. Ce lapsus, pourtant, en dit long.
– Oui, j’ai toujours eu un art délicat du contresens, & ce jusqu’à la prophétie.

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Comment expliquer qu’un Américain ait le souci de son appartenance à la Fédération alors que, en ce qui me concerne, je ne me sens pas du tout Européen? Peut-être est-ce une question d’histoire, oui, dans la mesure où les Yankee n’ont pas passé leur temps à ce foutre sur la gueule.
Mais l’histoire n’explique pas tout. En effet le Rêve Américain est d’abord une question de géographie, de sol commun au sens où l’on peut parler de socle commun.
Ce n’est pas tant par le climat ou les variations géologique qui définissent un pays, mais une solidarité. Justement : les Européens ne sont pas assez nomades pour partager leurs errances.
– &, soit dit en passant, je n’ai nulle envie de rembourser la dette Grecque, même si ce peuple, il y a quelques 2200 ans, a inventé la philosophie…

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Il me dit que le vie ne vaut rien, mais il ne fume, ne boit ni ne se drogue.À croire qu’il a peur de trouver un sens à l’existence…

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Ha! Qui rira les délices de la stagnation?…

***

Sans les rêves, je me serais suicidé depuis longtemps. Ça, oui, et la sieste…

***

Human brothers human sisters
there
& not there
songs of Gaïa

c’est vers cette époque que je vous parle
que nous avons croisé le Yard Indien & une pluie
de petites pilules
est tombée sur nous
avec de la bonne musique
& autres vibrations les gosses
poings levés dans les boîtes
flash
flash
flash

dans les clubs où je t’ai rencontrée il y avait
beaucoup d’énergie une intense
énergie

puis nous avons croisé les prisons & libéré les chefs
liberté intérieure
s/s acide & les villes se sont mises à défiler
dans les parois du métro-parano
où je t’ai vue pour la dernière fois

***

Soeur de Londres-capitale du monde soeur de New-
York du 31/12/98

& la tour Eiffel
dans une flaque-vomis-alcool
& les D.J
prenaient…

La pastille

est
tout ce qui brise la conscience
& les poèmes incroyables
de la nuit il s’est endormi
contre un ampli-Factory-cigarette
odeur de tes collant quand Dieu
sort ses flingues

Pédés J.P.G probablement encore puceau la pastille est
tout ce qui brise la conscience & encore croiser un yard
entrant dans les boîtes-reflets de tes hanches
sur les réverbères du minuit
un soir de Tokyo
ou d’Amsterdam

reliefs encore de tes seins
& mon premier joint

& toujours survoler les villes malsaines
à une heure du matin & c’est toujours la même histoire
se coucher à l’heure où d’autres vont au boulot
dernière cigarette
tousser dans l’aube
& dormir

dormir si tu le peux
si tu y crois encore

dormir…

***

l’oeil est en avance
ce matin l’oeil oui
& le crâne
& c’est tellement de solitude
& c’est tellement de colère

il n’y arien sauf la musique
dans cette aurore où je me meurs

***

sur le boulevard sale
amours de putes
sauvage & dévorant un
tambour dans ma tête

***

traînant encore dans les rues ce matin traînant
& les voitures de police & les bars glauques
défilant dans le prisme de l’acide

***

était-ce ce poème était-ce quelque-chose comme
du tonnerre ou une détonation dans la
nuit
Européenne

***

disparaître encore
ici ou ailleurs

***

voitures défilant dans la nuit
plaques d’immatriculation d’autres département j’ai emmagasiné tout ça sur le disque dur
de ma conscience

***

H.P de jours brisés H.P
d’un joint fumé avant d’y entrer

& partouze s/s éther

***

je ne m’entends plus parler
mais je monte encore le son histoire
de laisser le jour, l’éveil
derrière moi
derrière la loi

***

oeil fracturé os & conscience
lumières qui s’éclairent
à 3h du matin

***

rythmes insupportables
cognent dans ma tête rythmes du temps des
Saints jours de jadis

***

toutes les langues du monde
sont parlées par ici toutes les danses aussi
sont permises

***

human after all
in all

***

s/s les lumières de planète-info-monde dans le prisme du Yard il y a l’évènement du jour
l’humanité nouvelle

***

nerfs accrochés
à la vraie vie de rue
de nuit & de débauche

***

naïf que je suis mais à tout prendre
n’est-ce pas mieux ainsi

***

cigarette sur cigarette je complète
les intrusions savages

***

je dirai un jour la mystique impeccable
& c’en sera fini
de ma religion

***

passer le tunnel & arriver
à la piste d’abord passer
par le bar où je me dynamite
l’esprit

***

discours passe-partout discours-télé
ne veulent rien dire

Hello Paris-Boulevard de Charonnes arpenté toute la nuit en quête de rien J.B me suivant pensait-il que j’allais me suicider puis les H.P de jour dans le furieux fixe d’héroïne-allez Dieu peut attendre-aube malade me réveillant toussant & crachant ce désespoir fou & fumant encore-charbon pulmonaire

***

Accélérer? Accélérer?-tout défile trop vite dans mon casque-conscience-mémoire & je ne puis faire le point encore une vision de l’origine & une de plus mystique & on me comprendra

qu’est-ce que je veux dire je ne le sais même pas moi-même mais m’enfoncer dans la nuit ultime ne serait rien si je ne signais ceci avec mon sang-les villes entrevues au matin & quoi
sauver mon âme n’est plus possible & la souffrance est telle que je ne puis l’endurer esprit sec & sauvage dans les rues de nuit oiseau de proie vers la fin massacre en Syrie & toute cette folie

– suis-je coupable?…

& ces images qui m’affolent dans le sursaut du cauchemar tremblements au bout du petit matin vers l’Afrique de mes rêves
-de mes nerfs

enterre toi tombeau de feu
faits la paix dans l’ultime esprit

Hello L.A autoroutes à 16 voies acteurs & serveurs serpillère bloquant la montée d’acide 150 bornes pour en sortir-primaires Américaines-gloire du pavé une autre épave ramassée sur le Strip & elle fait encore la pute version rock-star & c’est toujours la même
chose.

Hello Sowhetto débarquant de l’avion mais ce sont toutes les villes du monde -princesse de Harlem & des trottoirs que j’ai chanté c’est l’horreur-Inde & Coca Cola où vas-tu crânes rasés près de chez moi les passions brunes se consument avec ma cigarette-lesbiennes au fin fond des backroom en pleine montée de cocaïne c’est le poème sans fin

***

je n’y arrive pas je n’y arrive pas je n’y arrive pas les rythmes dans ma tête sont trop forts & je n’y arrive pas-émotions trop intenses dans ce bar il y a moi assis là pensant à la Mémoire de L.A & je me schoote dans la cuisine & percute le sol
– & je suis mort…

aussi hétérosexuel que le dollar Yankee aussi perché qu’après le Spécial K ou encore toutes ces exta spirale tribes & enfants de la techno & aussi..

***

Mort crache-là au fond d’une bouteille de Whisky & avale cette affreuse mort en marchant vomis cette mort & l’immobilité vigile de l’Éther car la mort est la réponse la mort la mort ma mort
est la réponse

& il y aura toujours cet Enfer ce passé cet Enfer & ce passé qui ne passe pas & il y aura toujours ces moments de perte de moi-même dans la nuit & au matin,
la panique…

***

LURGEE

mais ça va mieux ils m’ont dit le secret & ce secret n’est pas la mort mais les douces soirées entre amis je sais quelque-chose qu’ils ignorent
& que tu m’a dit
& ça va de mieux-en-mieux & ça va de mieux-en-mieux
capteurs saturés d’amphétamines tout s’abolit & tout est doux & caressant
je vais aller me coucher
alors il y a moi assis-là pensant à toi & la dernière cigarette qui se consume & personne pour me pleurer car je ne suis pas mort ni là
ni dans les rues de Harlem

alors danser danser & danser perché & cool
l’aiguille est morte
dans le ciel né

***

son odeur
encore dans mes draps
aussi bleus
que le Minuit
au soleil d’hier étai-ce?

un clair
midi d’été

***

tu m’a apporté la réponse
non l’amour de ce
quelque-chose d’avant
dont il est dit que de cela
il en sera
question

***

Noël orangé au gaz hilarant
Protoxyde d’azote
& l’acide qui cogne encore

dans le métro

***

total
complètement
out

***

l’on m’attendait ici
& je me pointe là
ailleurs
l’ailleurs dont je suis

***

rêves de plastique
& de métal
captant le message
du sang encore incréé

***

routes
restaurant ouvert à 04:00 A.M
touchant la limite
de la nuit c’est quoi le genre
de cet établissement
obsolète

***

quelle est ce curieux six heure du mat’

***

je ne fais que chanter
l’hymne populaire

***

délire de cette espèce
espèce d’espèce

***

il se fait
Irak dans les âmes il se fait
Afghanistan
au bout des fusils où donc avez-vous mis?

les fleurs

***

mais ce qui n’a nulle importance
c’est justement cette minute
& cet instant
d’ailleurs & de maintenant

***

STREET POEM

dans l’état assez critique marchant dans le South incertain dont il ne revint pas avec barbe & cocaïne restant moi aussi des heures à attendre le dealer suivant les anciennes rues-odeur de came des siècles durant & le temps de l’opium
& moi continuant ce message idiot que je capte dans le 3eme oeil-radio-télé-internet-planète
ils sortent toujours
ce flingue que je suis & les couteaux de Dieu antennes de l’Afrique mourante & autres élections truquées-France essayant d’en sortir en attendant la fin de la crise-Mélanchon au milieu-Bastille-Nation-République & ce poème
& je vois de mieux-en-mieux les enjeux de cette brutalité & je vois aussi la misère de tous ces East où l’Europe enfin fuit par tous les pores racisme & nationalisme & autres portes-flingue de la Vierge dessoudée au sortir de la mécanisation & climatisation mais j’ai connu tellement
les hauts & les bas & les ruisseaux & ayant tutoyé aussi les cieux dans les trip & autres alcools & je suis abruti-tombé & je suis perché en haut l’argent $ & € en fin de course marchandant ma mort à vil prix
& ce que à ce propos tu as dit
m’endormant aussi dans les toilettes des boîtes gay me faisant sucer par une Américaine au premier jour de l’orgasme antique-cigarettes & joints puis les putes sur les boulevards inquiétant j’ai su top tard que c’était un mec & ce jour-là je me suis évanoui sur le chemin du tramway-Björk hurlant pieds nus que tout est Amour
– & je n’ai pas compris au matin de quoi il retournait vraiment puis les prisons où personne ne trouve qu’un Dieu dément je capte encore ayant volé ce C.D deux fois puis quatre-adrénaline elle m’a dit avoir sucé un car de flic juste pour le fun & dire
retraits répétitif & monotones d’argent pour me payer ma came & j’emprunte à droite à gauche les ruines autoroutières avion descendant sur L.A-message des Freeways & un autre du 11/09/01 mais j’était out & perché un an plus tard

j’allume l’unique clope de l’après-monde & lui fait peur sous la douche un soir à Genève avec un masque tueurs en série open schirts & raised collars un seul à la fois & elle m’a dit de « conscientiser » un après-midi de zone-permission & je me suis mis à pleurer
– je capte encore le métro-« puis c’est immédiatement le soir » même la R.A.T.P est ironique sur ce que tout le monde veut & ça capte oui & le soir c’est pute toussant-s’effondrant à Barbes devant un Kebab mémoire des antiques viols
le toubib me demandant littéralement mais je ne vois plus rien hormis le soleil matinal toussant à mon tour dans l’aube malade du manque de came & la Méthadone rampante dans ce temps-là mon vieux… « seulement pour les fous » – & cela ne m’étonne pas
nuits violettes de la fin de mon adolescence & elle le 04/07/93 mais j’étais dans un état… son parfum caramélisé-odeur d’opium & le chien qui aboyait sa célébrité & la mienne sur les bords & je suis encore tombé-vertige horizontal ayant vomis tout ce Gin & cette Vodka en cassant une lampe mais peut-être que je me trompe à qui? avait-on piqué le prisme de l’acide de la reine des gitanes
mais maintenant?…
qui m’a torché ce scénare à la 4-6-2 dans l’aube malade de l’Europe ensanglantée de maintenant
& je ne délire pas…

***

mais je ne peux pas faire mieux & l’angoisse licencieuse & j’ai de plus-en-plus sommeil quelle heure il est il faut changer de disque je ne vieillis pas je
pourris je ne fait que penser à toi partie en Écosse m’abandonnant & te disant mentant que je t’aime
Alexandra
ne cessant d’écouter ce blues sourd & bizarre-révélation des crânes & os & il vaut mieux en rire je t’ai menti dans toutes les langues-cuni Boulevard St Michel dans le souvenir du terrorisme lui aussi son père est mort un autres que j’ai connu & le souvenir du Christ ayant mal à la tête toute une civilisation fondée sur une migraine vous m’en direz des nouvelles…

***

sortant d’une clinique tout apparaît comme par chance & vous rencontrez toujours ce même dealer de l’oeil-émotion platonique nôtre chef trissant Southward vers le rêve du retour vierge s/s cocaïne sortant ses faux papiers pour toucher sa brune dans des jarres d’albâtre pour les amateurs d’opium de l’ancien temps
enfant, écoute les murmures des nuits de Nuremberg & sors de cette tente de légion assassine & pourpre pour émerger libre & cool-défoncé & encore ces souvenirs amers arrière-goût de coke-party dans les arrière-salles où l’on prépare les monstres en leurs vendant des mitraillettes
cela est vrai

***

je sors de chez moi un type pisse contre un mur me faisant de l’oeil comme une vieille pute camée jusqu’aux oreilles- Laure Manaudou gagnant son billet pour Londres Ministry of Sound saturant & la City-téléphones portables les types semblent parler tout seuls & c’est l’oreillette Jean-Luc Delarue victime d’un cancer toujours cette vision mystique dans le matin pâle
-& que dire d’autre?
Anyway dig this regardant les fumées de Hollywood Boulevard qui va porter plainte contre la N.R.A & les pollutions nocturnes d’Asie-Orient mourant de soif & des reportages bien-pensant & lyriques cela est vraiment trop noir cela est horrible & cette souffrance
est atroce

regarder depuis les rues & comprendre que tout se paie & que rien n’est gratuit que ce soit ta prochaine dose ou l’orgasme ultime dans un coin sordide & il neige sur New-York de ma dernière naissance & j’y pense encore j’y pense encore j’y pense encore-émotion
villes mourantes au bout du petit matin-solitude de la nuit qui s’évapore avec cette cigarette me faisant des rails de coke longs comme Little Odessa & lisant l’affreux Livre des futurs ancestraux du Jihad féminin ai-je? vraiment tout fait…

***

avalant les barbituriques de la fin de la nuit avalant les alcools méphitiques des zones de peste & les Enfers mentaux chimiques me réveillant me demandant qui je suis vraiment dans un club entre minuit & une heure sous une table avec Sarah-lunettes de l’espace & Spécial K ne me rasant plus depuis bientôt six moi ça ruine son look mais il a l’air sacré c’est justement ce dont on a besoin
& je suis tellement fatigué & raide-blindé « je pourrais dormir 100 ans » me faisant arrêter par les flics de la B.A.C juste pendant un quart d’heure où j’avais perdu mon identité overdose de G.H.B & d’Attarax j’ai vu le monde grouiller-tremblement de terre au Mexique défiant les Tsunami Japonais & autres catastrophes nucléaires

***

tout se calme & je suis clair & cool-étranges souvenirs dans cette nuit du passé comme si c’était fini & je n’en peux plus je marche encore & vais me coucher…

***

street corner poem

Amour vainqueur
au creux de tes reins
amour vainqueur
amour d’airain

***

si je t’avais connue
en d’autres circonstances
nul doute que nous nous serions aimés

mais bordel
y te manque 10 ans
à moins
finalement
que j’ai 10 ans
de trop

***

étranges souvenirs
dans la Nuit Européenne
des voix qui datent
de voix qui hurlent
des amours clandestins

***

BACK IN THOSE DAYS

Je veux parler de la mort de la techno
& de ceux qui l’ont tuée
sur l’échelle de la lumière

***

il y avait en ce temps là
une sorte d’énergie

***

un monde s’écoulait
dans ces curieux matins

***

je veux que tu reste
pour moi
une énigme

***

retour en ville

j’ai atrocement froid en ce mini-printemps
l’angoisse m’enseigne à penser

***

ha
puissance de la musique
de nulle conjonction de toute
disjonction

***

Dieu miséricordieux
puissant & rapide
-vite-
toujours plus vite
& plus vite Dieu
athlète Olympique

***

avec
quand vient le soir
le sentiment de l’inachevé
quelque-part

***

donc
dis-je il est plus que temps
de promener mon double en ville

***

des papillons au coeur
chatoient
chatoient
des papillons au coeur
de moi

***

si c’est limite
alors comptez pas sur moi
( sauf pour ce
petit poème )

***

je m’arrache au parterre dressé
langue tirée à cette
jouvencelle

***

& vois enfin le prisme & les zones hantées par les fantômes de la came aux coins des rues & encore pire que l’idole aux yeux bandés idole
barbiturique & les sons psychédéliques de l’adolescence avec toujours ce sentiment de mort qui ronge les villes au bout du petit matin-j’ai le grillage dans la conscience
de la nuit des H.P as-tu vu? les anges sans la forme du crime du bon vieux temps de l’opium as-tu vu le déchainement de violence dans les tableaux esquissés
mais le corps s’épanche sur plusieurs décennies de barbarie directionnelle demande la monnaie à ton double
l’univers se démonte & casse l’horizon c’est en direct sur T.F.1 & le show commence & personne n’est assis veuillez suivre cela en direct performance d’artiste-chirurgien il n’y a pas d’autre mot
que ça déchire le vague dans mes yeux la brume tout est de plus-en-plus vague & confus s/s acide & bouffe cet saloperie de langage

***

il n’y a plus de sens il n’y a plus
dehors la couverture
où je me meurs

***

la mort n’est pas définitive
la vie non plus

***

le mental investit les voyages
furtifs & imaginaires
de ceux que seules
les intensités peuvent tenir
le décompte

***

le passé
comme jadis les amours
est décomposé

***

ayant vu la folie
sans les rues
dans les prisons
croisées & défoncées

***

H.P
royauté d’un jour

***

sourdre dans les déserts & prêcher dans le noir

***

yy

La couverture

Il faisait froid hier
il faisait froid demain
alors souviens
souviens-toi de ce demain.

& j’étais mieux hier
& j’étais mieux demain
souviens souviens
souviens-toi de ce demain

Mais maintenant je me sens mieux
je me sens plus fort sachant les choses
qu’ils ne savent pas les harmonies secrètes
qu’ils ne savent
pas souviens souviens
souviens-toi de maintenant

***

le soleil mineur
dans l’eau à peine
une lueur

***

apparition
au sortir de la panique

***

pour légère tu es légère
& occupée
occupée à te refaire
une beauté &
au beau milieu de l’atmosphère
tu es blessée

***

ma dernière cigarette
refroidit
au ciel de tout
de tout
de tout est-ce?
un cendrier

***

au-revoir
bourdon
& toi?
– est-ce que tu m’aimes

***

quelques répliques
de la panique

***

le poème de l’Ouest affreux
croise les cité meurtrières

***

elle me demande d’où je viens
– du caniveau bien-sûr

***

qui fera après moi?
l’éloge de la Peur

***

dans l’ici-bas
tombeau de toutes les danses

***

Fallait-il réinventer un style autrefois bref, obsolète & mou?

***

ne pas tourner le dos
aux poésies qui nous ont faits naître

***

vois les lueurs populaires
de la jouissance de tous

***

enfant
sauves ton monde premier sauves
ce qui ne peut rester

***

restent les os & autres crânes –
consciences

***

rectifier les villes idiotes
consumées de partage

***

l’Enfer peinture
avorte encore

**

plier l’avant-dernière angoisse

***

le ciel est ton village ton
visage

***

trouer la peau de Dieu
c’est une amorce que nul ne sait

***

ne pas te savoir est ce que je cherche le mieux

***

l’estomac
s’empare de l’oeil

***

pause dentaire est-ce?
l’ami de toujours

***

ceux qui cherchent à me nuire n’on pas compris
que j’aime la douleur

***

qu’était-ce? que ce bruit
encore passer les routes en avion

***

je te revois
quoiqu’il en soit

***
La nuit Européenne

voyant encore les visages de boue & les étrangers dans les barils de crâne trouvés – voyant encore cet enfer-furie de meurtres qu’il ne faut pas tuer-& toi ce matin pleurant-asservissement de vieille mort sous cellophane mais il faut faire avec
purger cet état avec de la drogue & ces nuits où j’ai tant pleuré & ces matins de glace & tu me quittes pour cet West encore pire que les prisons dont nous avons libéré les chefs & croisé les fêtes
est-ce un souvenir dont je ne sais rien-est-ce une entorse au règlement qui n’a jamais rien dit ou si peu & même pas moi où je suis encore au bout mais je ne puis tenir
trip de l’East toujours il m’a appelé pour mon anniversaire mais je ne répondis qu’un an plus tard & avec de l’avance sur tous ces chèques que j’ai signé-H.P de nuit quand on finit par avoir les barreaux dans la tête & au bout du téléphone-mort de Steve Jobs & du tueur de Toulouse martelé-superstar par les médias-assassins
& cette panique au matin & ce froid rassurant du H qui m’emplit les poumons dépliés dans la fleur de tabac-Inde contre Coca-Cola & tout le monde a de plus-en-plus soif sur cette terre maudite & damnée mais d’un seul coup tout s’éclaire & je respire mais c’est de pire-en-pire & ça ne pourra jamais aller mieux
soleil
soleil
soleil
je marche encore dans la lumière des rues dorées de Soho & Oxford street disant « pardon » à des ombres au bout du petit matin rêvant vaguement à des orgies de sexe dans les avenues-insectes-flash dans la nuit barbiturique 14 exta & 5 gellules de G.H.B nuit du 21/06/99 avec « Arnold & Willie » en fond sonore pleurant dans les métros bondés-Rimbaud
ai-je encore la berlue ou est-ce que le matin de l’East affreux s’est réveillé dans le noir ai-je encore trop bu ou… bagarre aux coins des rues & scènes pathétiques de dragues & de drogues vers un nouveau rêve & toi

***

étrange nuit du souvenir & panique d’acide calmes-ça avec de l’héro & autres downers tu veux monter ou tu veux descendre chevalier du macadam tuerie à Toulouse encore dois-je me répéter & les Roumains sous Subutex faisant la manche & attendant & attendant
attendant quoi?
Saintes Vierges dessoudées dès leur arrivée par cargo-express par les Chicanos drogués du matin oeil de la vieille pute s’effondrant sur la devanture d’un kebab & il fait atrocement chaud horribles souffrances ce matin & j’arrête sans avoir le droit
j’ai vu les H.P la nuit & le matin & c’est toujours ce même bétail barbiturique & ces taches d’encre quand tout le monde pleure & je t’ai embrassée & je t’ai aimée & tu es partie la cigarette me calme pour un instant mais je suis tellement triste & j’ai peur & je ne sais plus vraiment qui je suis courage oui il m’en faut
il s’en va il s’en va & s’en va alors je pleure & plus tard j’en ai plus rien à foutre & mon double m’attend dans les dortoirs amnésiques viols mentaux dans les cinés porno & que les poètes renaissent – du moins s’ils le peuvent & que les avortements soient bénis avale cette honte & vomis-là
rythmes s/s l’influence des downers & cela fait tellement de temps que je n’ai pas dormi que j’arrive à ne plus y voir clair-open schirts & raised collars pleurant dans les métro à St Germain-des-prés
& il y a moi assis là pensant à L.A stone percutant le sol de la cuisine en écoutant la techno des Saints jour de jadis I’ve got 2 run don’t let me hit the ground dans la nuit dans toute la nuit errances d’insomnie & il est parti à un concert trissa le South-mort à l’arrivée pourquoi me suivait-il aussi dans cette atmosphère de suicide
& c’est tellement d’horreur & de désespoir Paris-L.A-Pute à ciel ouvert dans un cendrier-tournevis ma tête explose & qui a dit :

Hello 2 the citys

Hello, N.Y & toujours un clochard agressif au coin de l’oeil tendant à la prêtrise-la sainteté 31/12/98 ici avec toi es-tu encore belle ce soir sur Madison Avenue pensant-rêvant de toi dans un furieux fixe adolescent & Bateman veille sur nous du moins je l’espère qu’importe que je divague moi à Paris & te téléphone du fond des nuits de guerre pour quelle enfant sommes-nous de l’East-river un avion s’est posé sur l’Hudson pas de résolution aux Nations Unis quand le pouvoir Syrien massacre le peuple
– & ce carrefour vers Genève que je connus Europe gangrénée par les passions brunes & Tribunal de La Haye-aube où le camé se réveille en toussotant & crachant sur la défonce sur ordonnance-métro aériens Place d’Italie non loin des Gobelin où j’ai fait croire à cette fille que je me suis perdu

Hello Tokyo nuit sans sommeil série asile de nuit-un réveil qui marcha pendant un an où je n’étais plus moi-même ça va passer-boîtes de nuit & after s/s acide & les backrooms après les soirées Factory