Psychanalyse : fonction & signification du mythe dans l’histoire du sujet. Mais la question de la signification est, pour le moins, secondaire, dans la mesure où il s’agit plutôt de comprendre comment le sujet s’approprie ou non le mythe. « Certains pratiquent la thermodynamique comme s’ils l’avaient inventée eux-mêmes. – Tu en ferais tout autant. »
L’argent, au sens de Marx, – le fétiche.
Donc : la monnaie n’est pas un voile. Fétichistes-types : le Père Goriot, l' »Avare ». De deux choses l’une : soit l’on s’appuie sur le mythe en vue de la dé-construction; soit l’on détruit son mythe. ( Burroughs, justement… )

Lacan : historicisation du sujet. Par ex, quand je dit : l’on ne peut pas spéculer sur les grandes questions si on est dans le rouge au plan financier, c’est bel & bien dans la mesure où je considère l’argent comme une, disons… Installation.
Donc : un Mythe. Mystification… Hum, hum…

Dernier message de Cédric Laplace : « il nous faut toujours plus d’insomnies, de trains, & de désorientation! »

Mythe et généalogie*

Sentiment d’absurde. Puis je me reprends : je suis le seul à ne pas me fourvoyer dans l’Absurde.

Hyper-excitation, je vais m’envoler, en assomption…

Toute archéologie est archéologie du Présent.

Attaque desProjets!!!

Quand je dis : »Je suis en pleine forme. », hé bien, les gens ne peuvent se douter de quoi je parles…

De même, quand je dis : « J’ai le bourdon. »…

La doublure du mythe.
La figure de l’Autre dans le Mythe.
Freud, Unheimlische.

Surtout, ne pas montrer à quel point je suis excité….

Mythe & ré-appropriation du Mythe, c’est cela, justement, que j’appelle doublure du mythe.

Flashs commencent, éclairs blancs & variations, vibrations & tremblements, troubles dans tous les sens du terme.

Quand je dis que je suis le seul à ne pas être dans l’absurde, j’entends ceci : le seul à oeuvrer dans l’essentiel.

Mythes & personnalité : personnalités d’adaptation, en un sens, ça, j’en suis convaincu. Mais il y a aussi, j’en suis non moins convaicu, des pans de la personnalité que l’on pourrait qualifier de personnalités d’emprunt.***

Au sens où être soi-même consiste, jusqu’à un certain point, à être un autre.

Je veux dire par là qu’une personnalité, à un moment donné, correspond à une idiosyncrasie, c-à-d à une « synthèse »***

Écrire l’Histoire des luttes, au plan physique… Comment, lors, penser une histoire une & statique?*
De même, un mythe doit être pensé selon sa fonction active, & pas seulement réactive.
i.e : Sans cesse en action, en ce sens qu’il est toujours, je veux dire : tout le temps, … Disponible?
– Mais je veux dire, disons… Cela n’est pas encore très clair pour moi.
Du moment que le Mythe est débarrassé, du moins le plus possible, de sa dimension de Fondement.
Il y a là une vrai difficulté.
( Freud, oui, mais Lacan? )

dans quelle mesure le fragment est-il non-mythique? On peut être fragmentaire de deux façon :
– soit en essayant de détruire le Mythe, ce qui est typique du schizo, cf : Artaud
– soit en fragmentant en s’appuyant sur un Mythe, ce qui serait plutôt une tendance parano, – maniacodépressif?
Ex du deuxième point : Cioran, Nietzsche.
Alors, justement, quel est le rôle du « Paradis perdu », au sens de Milton, dans ce genre de ratiocination?

Mais une autre question se pose, celle du syncrétisme : penser le Mythe en tant que multiplicité, Artaud à Rodez, ou Flaubert & La tentation de Saint Antoine. À ce moment-là, quel est l lien entre Mythe et Rhizome?

& les entreprise de recodage : autant la Techno était barbare, autant l' »électro » est bourgeoise, voire carrément bobo.

Dans quelle mesure un théorie, un paradigme ou « science normale » au sens de Kuhn, fonctionne-t-elle comme un Mythe?
Quand Nietzsche s’en prend à l’Histoire, c’est exactement en ce sens, c’est bien sa visée.

Les Mythologies au sens de Barthes.

Mythe et fable*
Quand le Mythe devient nostalgie. Âge d’or : « En ce temps-là que je vous parle, ma petite dame », etc.
Mais dès que l’on pense les Mythes sous l’espèce de la multiplicité, la nostalgie ( &, avec elle, l’idée de pureté ), hé bien, la nostalgie n’a plus aucun empire.
La nostalgie est mère de tous les fascismes*

Paradoxe de l’Histoire, en ceci qu’elle aussi se fonde sur un Mythe, Chronos & Clio.

Progrès, & point de vue de Dostojevski & Flaubert, Nietzsche, Rimbaud, etc. Remise en question de la téléologie.

« Progrès » dans la cure analytique*, hum, hum. Mais, le pire, c’est, dans la H.P durs, quand, au bout de 10 ans d’internement, le psychiatre dit d’une femme qui dormait par terre dans la position d’un chien, d’un loup, peut-être, & à présent dort dans sont lit : « Hé bien, vous avez fait de sérieux progrès »… – J’ai bien dit : au bout de 10 ans!
( Ceci est une histoire vrai, et je défends qu’on la considère en tant qu’anecdote vaguement populiste. )

Question de la médicalisation de la « maladie » mentale. ( Foucault ). &, en fait, la prise de pouvoir de la médecine sur le corps, au sens du dispositif comme lumière & discours, c-à-d comme régime et structure de l’évidence à un moment donné.
Prenez, de nos jours, la vogue de la bipolaire. Dans quelle mesure le maniaque est-il vraiment malade? Demandez-lui, & il vous répondra qu’il va parfaitement bien, mieux que bien, en fait…
En ce qui me concerne, i.e., en tant que schizophrène, la surexcitation, qui me prend en général aux alentours de 9-10h, je ne l’échangerais pour rien au monde, & je suis persuadé que ceux qui n’ont pas connu cette joie surabondante mourront cons.
À ce titre, je suis bien le dernier à être fourré chez un psy à chaque fois que je fais une crise de panique, ou lorsque l’Enthousiasme, voire la Mystique, s’empare de moi.

( Sur les abimes par procuration )***

en toute logique, il devrait être normal que, lisant Pascal, Leibniz ou Spinoza, un psy n’y voit qu’idées délirantes. Cf : Einstein : « Si j’avais su, j’aurais été horloger. » ( Cité par J-P. Luminet, in Le destin de l’univers ).
Corollaire : si Einstein avait fait divan, ça nous aurait épargné Hiroshima & Nagasaki. Mais cela ne résout pas le problème. À ce titre, il faut rappeler que Lacan, Séminaire, III, les psychoses, dit que, dans la psychose, l’inconscient est en surface, laissant s’affronter le Système-Freud & celui de Schreiber. i.e : deux pôles de cohérence, c-à-d d’évidences, régime d’évidences & d’aberration, l’un, en définitive, n’allant pas sans l’autre.
Que l’Autre soit systématique, c’est justement ce qui fait peur aux psy.
Kristeva, Roudinesco

Penser l’Altérité, le moi & le non-moi ( Truc de J.B ). Quand j’embrasse une fille, l’on passe sensiblement du stade où elle était non-moi au stade où je l’embrasse, dans tous les sens du terme.
Question du Sillon. H.M & moi

IV/ Fragments, éthique et Théorie

Tout, absolument Tout, chez moi, est prétexte à fragments.

Est-ce que cela vient du fait que je suis schizophrène?, peut-être, mais il y a, derrière cela, sinon une méthode, du moins une Éthique.

Fragment comme intuition & Voix*

& ceci : le fragment peut être total, mais je préfère cette notion : le fragment peut être définitif. De la même façon, un livre « continu » peut être fragmentaire.

La question, ce n’est pas « le » livre ou « l’auteur », non, le vrai enjeu, c’est l’usage qu’on en fait.

Par exemple, insomniaque, je m’achète un livre d’astrophysique. Le lisant, j’en tire toute une philosophie; Idem : cette nuit, ayant lancé un mot d’ordre auquel, évidemment, je ne m’étais pas encore soumis, je médite longuement sur les réseaux ferroviaire sur internet.
& ceci : astrophysique, train et désorientation sont l’équivalent de l’agrégation de philo.

Ce qui compte, avant tout, dans le fragment, c’est la vitesse. J’ai dit que tout grand penseur changeait les structures problématiques en modifiant les vitesses. pourtant, je dois bien avouer que l’aphorisme, et la Pensée fragmentaire en général, ne tend à résoudre aucun problème.
En effet, le fragment est plutôt l’état d’humeur du moment, une colère ou autre émotion. Contrairement à Cioran – mais il ne fait que parler pour son cas, c-à-d pour ce qui, en lui, est cas – je ne pense pas que l’aphorisme soit l’aboutissement d’un raisonnement, mais le surgissement d’une Voix.

Pour plus ample information, je dois préciser que, dans le commerce que j’ai avec moi-même, je me vouvoies…

Le tout, chez les Penseurs, c’est de les saisir dans leurs moments de crise, comme le dit très bien Deleuze, citant Leibniz, à propos de Foucault. Oui, un intellectuel doit être sismique, il ne doit trouver le repos que dans l’agitation la plus extrême.

J’ai toujours un sentiment d’échec atroce quand force m’est que de revenir au fragment. Cependant, je ressens toute cette coupure, ce sillon, qui m’éclate au sens propre du terme. C’est par lui et lui seul que je puis me comparer aux Grands, c-à-d à ceux que j’admire.***

Un peu comme Dali, je lance mes mots d’ordre : chemins de fer, insomnies, égarements. Mais j’ai déjà dépassé cela, et suis ailleurs, – Hailleurs…

Toute la tradition, de Goethe à Heine en passant par Hugo et Kant, bref, la tradition Européenne. En ce qui me concerne, de L’Europe, je ne connais que les ombres, les spectres falots de la Nuit.

Il faudrait faire l’Archéologie de la philo. Seuls les Penseurs d’élite, Nietzsche le premier, se sont attaqués à cette entreprise.

Avant de téléphoner à qui-que-ce-soit, je prends toujours soin de boire beaucoup d’eau, histoire d’avoir une très grosse envie de pisser pendant la conversation, et de pouvoir promener mon interlocuteur dans une urgence propice à la formulation des Vérités les plus dérangeantes.

J’essaies, du moins autant qu’il est possible, d’éviter les Penseurs qui n’ont pas de style. Ce type d’écrivain, en règle générale, ne m’apporte rien, voire, pire, m’ennuient. Dernier exemple en date, un philosophe que je respectais, M. Serres, qui s’est… Fourvoyé dans l’Humanisme.

Si je médite à ce point sur l’Histoire et le Mythe, c’est par fascination des commencements et des débâcles; bref, par quelque curiosité morbide vis-à-vis de… L’Irrémédiable.

Je ne lis pas le journal, non, jamais. C’est que tout, là-dedans, pour moi, est par trop transitoire. Mythe fugitif ou, tout bonnement, escroquerie?…

J’ai demandé plus haut, i.e, du temps où je pensais encore pouvoir faire Système, comment l’on pouvait se passer de métalangage pour rendre compte du langage.
J’avais tort : je m’aperçois que l’on ne peut parler que fragmentairement du fragment.

Apprendre l’Histoire à l’École est un moyen de bâillonner les dissidents. Imaginez un prof de physique qui, le jour de la rentrée, annoncerait qu’il remet en cause la loi de la gravitation…
Remarquez, aux U.S.A, l’on commence de sortir Darwin du programme*… Ainsi***

Quand je dis que j’aime les Penseurs en temps de crise, je devrais spécifier qu’il s’agit d’une inclination, d’une fascination, pour les moments de transitions. À ce titre, ma période préférée, chez Foucault, ce sont les années 75-80, environs. De même, chez Chirac, les années 88-95*

Cioran dit que les seuls peuples à se sentir concernés par leur Nation sont les Espagnols et les Russes. Quand j’y pense, il est vrai qu’être Français ne me pose pas question.
Pour ce qu’il en est, actuellement, de la Grèce, je comprends que les circonstances les pressent de se sentir Grecs.
À ce titre, il faut noter que les résurgences nationalistes en Europe, comme s’il était « urgent » de se sentir Allemand, etc. La genèse des diverses formes de fascisme doit passer par une Archéologie du sentiment national. Et, ainsi, ce n’est pas un hasard si les hommes politiques, à nôtre époque, ne parlent qu’aux émotions. Oui, tout le spectre politique est… Nauséabond, – et pas seulement les dessous de bras de Hollande…

Je suis fasciné par le temps. J’ai bien dit le Temps, – non : le « Présent »…

Le Mythe de la fin n’est pas la fin du Mythe. Bref, l’éternelle histoire des velléités du cercle et du cercle des velléités, on n’en sort pas. – Aussi n’est-ce pas un hasard si le Processus hante toujours mes nuits sans sommeil.

Quant il veut faire chic, le parvenu dit : « C’est bien plus compliqué que ça… »; à l’inverse, celui pour qui la « Culture » ne fait pas problème dit à tout un chacun : « Mais non, – c’est bien plus simple que ça. »

J’étais bien parti pour un Grand Système mais me voici de retour au fragment. Est-ce une régression? Que non!, c’est une abdication qui, mieux que tous les beaux discours, résume tout… – Que dits-je?, c’est la clef de tout.

La dialectique est une Tragédie sans Dieu.

J’ai successivement fait une thèse sur l’ambiance, une autre sur la littérature Nord-Américaine, encore une sur la schizophrénie en sciences cognitives et, enfin, un mémoire de sociologie. Bien-entendu, je n’ai pas rédigé le milliardième de ces travaux, mais j’en ai épuisé toutes les intensités, ce qui suffit, au moins, à qui s’est depuis longtemps assis sur ses ambitions.

Je passe ma vie sous l’influence des drogue et, comme tout drogué clandestin, je passe mon temps à « clouer la vraie came en croix ».

Je mesure mes amis à cette aune : pourrait-il/elle me prêter de l’argent au cas où le besoin s’en ferait sentir. Mieux!, même si je ne suis aucunement dans la gêne et qu’il ne s’agit, de ma part, que d’une fantaisie…

Balzac était le premier archiviste.

& si j’écrivais : Le livre des voix…

Je suis dans la pire des situations qui soit : entre fragment & totalité.

Avoir un temps d’avance, n-1, ou n+1?
Oui, je me suis torturé toute la nuit sur un problème concernant immanence & transcendance, lien avec le transcendantalisme, et une partie de la journée, avant de… Trouver la solution. est-ce que j’ai perdu ou non mon temps?
Réponse : oui, mais seulement dans la mesure où je me trouve dans une Zone dans laquelle le temps ne compte pas.
Kafka n’est pas loin, insomniaque, lui aussi, et cherchant la réponse dans les terriers, … Les Rhizomes.

Lorsque quelqu’un a un comportement que vous ne comprenez pas, et ce surtout s’il vous fait la gueule, toujours dire : « Typique du passif-agressif… ». Non seulement c’est passe-partout, mais vous pouvez légitimement prétendre à un savoir que l’autre ignore tout comme vous.

Le Yoga en tant qu’Art de vivre, auto-affectation.

Dieu est mort, oui, – et l’histoire l’a remplacé.

Il est évident que que la genèse du nationalisme passe par celle des Nations.

Vous, vous nous faites chier!
Ha, oui, – les commerciaux, cette engeance…

La discipline historique comme forme de savoir bourgeoise.
Dispositif bourgeois.

Il y a même un ordinateur-type du commercial.

ciseau phrènie

Panique : tout apparaît comme… Disons… Bombé…

panique.
tremblements, troubles…

vision périscopique
encore des tremblements

Vitesses incroyables

migraine psychique

coeur pompe

il s’en fout temporairement/
Qui a dit ça?

Si en plus de quoi y buvait
QUI A DIT ÇA?

du fond de l’abime
de profundis domine

dans quelle mesure la panique est-elle anticipée?…

projets, début des projets

pleine forme! – Horreur…

flash, flash, flash

ça, ça n’existait pas avant

Hier?…

Je me comprends…

éjaculation psychique

je perçois toutes les nuances,
& c’est inquiétant.

entendez : pour la conscience!

ça se tient, en fait

Vive la France!
Qui a dit ça?

joie atroce commence, joie profonde & légère, joie qui torture joie joie joie

crâne?
Qui a dit ça?!

ce n’est pas contradictoire/
Qui a dit ça, bordel de Dieu?!

je respire trop bien
l’air me traverse, traverse la masse poumon-conscience

pardon, fillette, l’on ne cite pas James Dean en ma présence
Qui donc a dit ça?!

je mange mes yeux, c’est vrai

je vais sortir fumer, puis non, puis si
cela à l’infini
il faut que je relise tout Freud,
puis non
puis si,
etc.

Phénomènes d’obturations dans la Pensée

« Toute-puissance des Pensées »
Freud

superstition, impression que.. Que… Que quoi?…

***
Lurgee

Impossibilité temporaire que de me concentrer

Enseignement de la panique, vient après

« Car aussi instructif que la drogue est l’après-drogue »
H.M

numéros, publique, visse la forme – en formation…

Art & esthétique de soi, Éthique

Au vrai sens du terme, foyers & univers de référence
Visibilité ( régime de luminosité ) & régime de discours, discursivité

Évidence, oui, régime d’évidence(s)

& de renvois
Foucault & Heidegger

& Wittgenstein

Dreyfus

W. Benjamin

***

Attaque des vitesses!

la crise de panique est un séisme. Après, il y a les répliques
C.Q.F.D

Tsunami?, non, puisque j’ai été capable de le décrire, critique de la clinique, et inversement.

immobilité comme cas particulier du mouvement, et inversement

Conceptualiser le non-conceptuel. Difficile à comprendre. Sauf si l’on prend le cas-limite de l’antimatière

Je suis un putain de génie!

Autosatisfaction post-frustration

fatigue n’est pas épuisement

exhaustion

Tiens!, ça existe en Français

Quien, H2O?

Qui a dit ça, nom de Dieu?!

superstition, chiffres

corps toujours difficile à maîtriser, un peu comme après le rhum. – Pire : l’Éther

1h40 a passé, – sans que je m’en aperçoive

projets, etc.

Mais ce ne sont pas les projets en tant que tels qui sont maladifs, mais leurs vitesses d’apparition & de disparition.

les vitesses qui traversent le corps lui-même

i.e : les zébrures & autres zigzags

« tu aurais du prévenir ta chute. »
Qui a dit ça? Réponse : Gainsbourg.

& dire que personne n’a rien remarqué, c’est ici l’Art de la dissimulation. Oui, mais obligatoire, dans la mesure où je ne veux pas que l’on sache que je suis malade…

extase!

***

Musique & Univers, Bach

en science, question du modèle

Histoire de l’Histoire ( pas seulement des sciences )

projets, toujours, mais on est loin de l’épicentre, du séisme. Répliques, ça, oui.

question du « destin » de l’Univers. Dans quelle mesure cette question est-elle spécieuse, oiseuse?

je voudrais faire un Grand Oeuvre, une synthèse. Cela est-il possible? Je ne suis ni scientifique ni philosophe : je suis écrivain, un point c’est tout.

Après la panique, it’s raining out.

cadre théorique en tant que cadre historique

dans quelle mesure la panique correspond-t-elle à une décharge d' »énergie sombre » & d’antimatière?

au-delà de l’expérience possible, comment se passer de modèles? Réveil du « sommeil dogmatique », Kant-Hume

liens sciences & sciences-fiction

les idées vont à toute allure. Difficile, même, de prendre des notes – « fixer des vertiges »

Quel est le rôle de l’invention dans les programmes scientifiques? Est-ce qu’on « invente » un trou noir? – Imagination, – S.F

C.Q.F.D

Abolies bibelots

Voir ton visage au fond d’une tasse, miroir de café, pièce sans fenêtre où tu te décide d’apparaître, c’est aussi une musique qui, douce et subtile, véritable parfum – et encore : plutôt téléphonique – … Fines, aussi, les équipées, jusqu’à maintenant parfois poussées, riches sans contradiction, au délire d’un festin dans lequel les amis se reconnaissent

Dès l’enfance l’on signe de sa clef dans un Paradis de façade, y compris si les villes se transforment en réalité – sauvages ou molles…
Port altier de sa présence non commune, anniversaire chaque fois renouvelée des plus beaux jours, c’est-à-dire : de tous les jours soignés car indispensable – je n’ai que trop pensé : « indisponible », l’ayant entendu, moi folâtre, souvent dans l’émotion de promenades nocturnes.
Toutefois, les voix ataviques de l’adolescence laissent mal à l’aise après une débauche de musique, et tandis que se consume ma cigarette dans l’incertain Minuit Illuminé, blancheur aride hautement paysannes

Parodie de parade paradisiaque et plaisir du dôme, tant je vis de joie Tunisienne, là au South et direction dont je ne reviens pas. En toute discrétion murmurer le secret du Yard dont nous avons croisés les prisons et libérés les chefs si ce qui change change, matins & soirs sont différents, ultimes moments de fête – intelligence sensible, corps-esprit, le viatique

Indispensable autant, pieds nus, élastiques, – mon coeur bat la chamade!… – sueurs occasionnelle, été pluvieux gisant au loin, inconscient de lui même comme s’il s’agissait d’un autre jour Ciné de voiture embusquée, brouillard à couper au couteau, au moins s’il convient de sa morne borne

Cathédrale, et peut-être encore est-ce émouvant, mais l’on doit convaincre tout le monde de jouer la farce jusqu’au bout, rires d’enfants dans le clair esprit d’été – c’est une vérité masqué, car trop mouvante, comme chacun sait

Que le prisme voyage, voila qui nous est bien indifférent, ou qu’il survole les mégapoles sans fin mourante d’un désir inassouvi, maintenant et toujours, blanc et rouge comme l’or et le fer Ceinture d’avant & même plusieurs pourtant ce jour, périphérique attaqué aussi zones de peste incandescentes – que dis-je?…

Étais-je perdu? Impossible, oui, car ce bonheur sauf de toute extase m’a repris que je ressens tout seul car seul le maintien permet de sauver l’ami des rivages dangereux, honte & abîme

Mais – allez! – que ceci soit proférer comme l’ultime parole du soleil méditant comme une Pensée d’un autre âge, cognant sur les villes

– Ai-je dit : « Au bout du petit matin »?

***

Chats dans la rue hyper-tendus
Elle a chassé ses pensées des cités frémissantes à 4h du mat’- insomnie-étalon qui dort vaguement d’un incertain sommeil de loup-bar bon-marché vers les quais draps impossible-témoins soyeux oeil perdu fous à lier descendant des hôtels par la plus Sainte Porte
Clubs aussi-tunnel de la mémoire je vous dirai qui l’a tuée je vous dirai le conte Mystique et le décompte où l’on s’envole-rêve de New-York Sa ville cuisine en arrière-cours-« Bonjour-comment-ça-va »-Chinois un jour, Chinois toujours une vieille blague entre nous encore une sorte de Salut
Piscine, jardin Nouveau, Eden-Aden fouler les masques incertains études où elle a réussi fin de suspectes amitiés

***

Toi

Innocence brillante
fleurs d’émotion et voiture-corps-cassé
un coca de trop pleurant mais tu es plus forte que ça
Soleil télévisé
nuits blanches tu es
plus forte que ça

Choisis ton jour ton jour
couronné d’étoiles
et de cuivres renversés tourne tourne la terre tourne un peu comme
la tête du mal des mers

Puissances possibles
toujours à mes côtés depuis sept ans sans aucune amertume
plein extérieur
– ton âme est belle
& les diplômes,
c’est toi

***

Demeure d’un West que personne ne sait, moucheté, lavé, chlore du témoignage, vielle démence à l’heure où s’endort à-peu-prêt la ville
Où donc est la permanence acquise
Whisky mystique des histoire mais le feu n’en est point éteint entendez bramer
les nuits d’Europe

***

Laissez-moi vous parler de l’enfance immaculée, terre vierge de nos proliférations inconséquentes
publique comme une société secrète
à laquelle tu es initiée
invoquant ici
– la Mariée

***

la marche du monde, progrès et système, le pas de maintenant de qui le loisir sérieux signe sa présence Ainsi, bien que les Retards soient majestueux, impossible de venir dans la nudité première des mots à peine murmurés – & qui font parfois de la peine
cette étrange gazelle du désert ne contredit pas ce sens, mais le rénove pour mieux cesser de le proférer au rivage augural Plutonien de nuit
de sa ratification?, à peine…
noir ou blanc, l’oeil ne fait pas la différence
seul l’Esprit en est le coupable programmé
non plus que les Nations ne choisissent leur Joie :

« Et je vis que tous les êtres ont une fatalité de bonheur
J’ai fait la magique étude
Du bonheur que nul n’élude »
A.Rimbaud

***

Vastes plaines sainfoin ensoleillé assis pour un soutra
Illuminé

***

Mariage

Commencement, délicatesse précieuse du souvenir pour-après, deux fois après, naguère, jadis et autrefois
un instant encore pour que hurle le Papillon
tourner pour danser, les agitations sont pour le moins nécessaire il vaut mieux s’inscrire pour l’éternelle vivacité des parures charmantes & extrêmes, robes, costumes drainant l’énergie qu’il nous reste
tout est calme maintenant, oui, quiet et joyeux

rencontre, jouets de n’importe-où, moi le premier bricolant la liberté comme une taupe qui cligne des yeux
un prisonnier qui aussi ouvre un couloir de vie
et la piste s’enfuit

ce que préfère « À moi » ne se dit que sous le couvert masqué de mots dont m’habite les musiques infantes et parfois tendrement vulgaire, disant cela, moi-même cela dans la perfection de la moindre élégance fardée des Mémoires concrets de l’Hiver symphonique, mystique
Noël toujours, maintenant et depuis sept ans c’est toujours
Noël toujours

***

exploiter les mondes sensationnels par la farce
c’est une grimace bien irisée
que le jazz subsume toujours

journée de vitrines et modes indurées
moi barbu éclairant la marche en ascension d’un tertre jamais vraiment saisi, tourner dans les villes des nuits entières pour la clef du biscuit… désordre dans lequel mon Esprit retrouve le chemin d’une espérance qui ne peut que gésir

***

étrange aujourd’hui où les regrets sont à plat
mythe du désir-espoir

***

rêves liquide, plastique
dans la nuit métallique
amours d’araignées et de sursaut d’Éther rampant
il a mis un disque-protoxyde d’azote
et le remet la nausée
me prend

***

Réflexion faite, une fois éliminés les partages absurdes d’angoisse surnuméraire, l’arène attend sa noce comme le Christ à Cana
pour descendre les marches des massacres et guerres-kamikazes
sans que l’explosion d’avant ne s’anticipe avec cinquante an de Voyance et de gloire posthume
hymne

***

tu fixe le point où rien n’arrive plus
la jeunesse a
n’est-ce pas,
son mot à dire
fin de nuit ascenseurs cassés masques rapportés comme s’il s’agissait
de ton identité

***

Écrit sur une photo.

un instant-cigarette un instant de remords l’ancienne mire éteinte,
séries télé & amour s’avouant dans la mort
nous deux encore
au creux de ma poitrine

***

le cadeau ne se dit que pour ne point s’offrir

***

Nous deux encore.

boulevard St Michel & tu pleures de spores sans accointance dans ma nuit & je suis seul tellement seul plus tard défoncé dans un squat écoutant de la bonne musique au-travers d’un Prisme non vertueux s/s la table défoncé assis là rêvant de N.Y & de L.A sur fond de techno des jours inauguraux de cette fin
on arrive quand ça finit on arrive d’Avant du temps où les couteaux de Dieu perçaient déjà les raves d’une équipe qui qualifiait,
revendiquait
ses dissonances

Boulevard St Michel-magasin de vêtement la Sorbonne, le Quick sentant de loin place de l’Étoile
ton parfum & Opéra & Nation,
Bastille
République
Moi?, non, où que tu sois tellement loin moi seul toi

Tellement loin ce jour malsain envie déjà au matin l’étrange séjour du métro-R.A.T.P ophtalmologiste dégrisé ayant lancé une bière-appartement par le fenêtre Chinoise et les migrations vieilles d’une malédiction au moins
se réveiller d’un non-sommeil je suis
au-delà de tout dormir, gloire de trottoir ayant visité toutes les gouttes de pluie & de vent – l’horreur est intranquille me souiller des rumeurs de sale type léchant des chattes malpropres cosmiques-bagues de branlettes & magasines porno & poudre blanche & poudre brune
un soir déjà que je pleurais à St Germain vautré sur un banc-librairie-sanctuaire ivre ou non cela n’a plus
aucune importance mais où sont donc passées toutes les fleurs ta photo sur ma poitrine
une autre cigarette-souvenir les regrets
ne tuent pas dans cet affreux silence Parisien où je me meurs et pleure encore & encore encore une fois dommage
du moins pour ceux qui y croient

***

que personne ne s’avise de mourir, les cours étant trop blanche & les enfances retournées à elle-même dans un mouvement quasi-disqualifié
le suicide pourtant lui il n’est pas loin ou peut-être n’attend-t-il qu’un rire ou le manger par trop barbare avec les émotions de première main – & les philo des temps auguraux des St jours de jadis l’un blanc est froid un Pégase, tel l’autre s’appelle aussi liberté blonde
cette musique-là, point n’est besoin de s’en souvenir tant elle parle la langue même des émotions,
primaires, vues par la fenêtre qu’il est convenu de calomnier Dehors intérieur dont surgit déjà la seule Pensée futile placet nécessaire, pourvoyant un socle qui, se dé-limitant, nous permet de non pas nous en réclamer
si c’est ainsi, la taupe en est de sa poche & le prisonnier savoure sa profonde dépense mais elle désormais connaissance lointaine au sortir de quelque atroce tunnel vieille histoire, romance que ceci
cette cabane, une folie de plus pour savourer le je-soi-suis-moi ou apparentée c’est aussi les frère déterrés frayant aux marges du crime vide & bordels de peste, tour illuminées & prédites nul autre besoin à satisfaire &
elle, bloquée & hésitante dans les nouvelles mégapoles sans nom ni temps, hormis celui des magasins, oui – les temples de jamais… mainte fois maudite est cette équivoque ralentie, sans pays- sans orgasme

l’on affirme déjà princesse, cuve orangée de néon, discussions familiales tranquille en réponse à toutes les quêtes, puis maugréant dans les alcools enfin, souffrance épuisée & jeune
ils ont l’air de penser qu’ils le feraient sans moi, mauvaise foi ou partage innocent de noce de H Tout ce truc, si vous voulez, est bien trop facile, tant pis puisque ce n’est pas moi sauf de délire second, sauf de mort & d’abandon seul dans cette nuit interminable
pourtant, la parole n’est pas en demande de puissance qui, hors son déni presque culturel, se profère telle une plume aguicheuse – les deux face, toujours, signe pleurant dans un hélicoptère touché,
télévisé,
gagné

***

prends ça comme une extension raffinée de toi-même, fauteuils damassé, câlin courtisé sur les lit bleutés de l’abondance faune de jardin satyre dans le viseur de certaines allées du Paradis dont seulement j’ai la clef, coeur bloqué en descente d’acide, appartements claustrophobe – justement…
accumuler des marches en plus de ce qu’il me suicidait, tournant où je tournais me faussant compagnie pour le dernier cancer, j’attends toujours le dealer qui oui cette bonne merde sucré & géniale retour d’Alep puis les H.P, les mêmes dans les Nations frontière & tache seule chose que je vois dans l’idiot qui fait silence, paraphant son chuintement glacé, mort
alors, branché?… le vol n’a pas eu lieu en fait, le cou secoué, marin sentimental & lyrique cherchant l’objectif dans des bégaiement satisfaisant de police mentale Châtelet-les-Halles un joint au bec & la démonstration pâle mais efficace

***

heurts de Drapeau & oripeau, figures tartares masquées de soie & revendication pour ainsi dire sauvage, lot de nôtre époque où le maître-Progrès règne & la publicité un lion orchestral au bord de la célébrité vierge, fatale conséquence de l’Idole aux yeux bandé
première effusion, rébellion – subversion… à qui l’apprendre si ce n’est au commerce gênant, rétrograde, c-à-d les commis, chefs Encyclopédiste puis vendeurs & enfin agents immobilier caisse de vin tronquées, villes mourante mire de télé-surveillance oeil éclaté s/s acide voyage dans le prisme de sommet en sommet
promenade dans la peur revenir sur les pas sages balisés-petit Poucet vélo suant dans les tunnel & singes amoureux vastes galeries souterraines où l’on touche sa came puis les gardes-à-vue qui se prolongent dans les draps écarlates & purpurin-chien qui me lèche le cul
prêtes-moi un orgasme, ruine de préséance, commence, que Diable! nous voici arrivés au point critique où tout est sujet à vibration, grouillement, pensée sans amarre & tremblement la peur guette & amplifie la Respiration il faut se calmer, ou bien encore fêter l’impatience & sortir de ce métro atroce la R.A.T.P a tout compris, détenant peut-être même les secrets du Matin pont Alexandre III, une illusion de plus come who can
tunique de mariage & gestes manqué, j’ai sorti la Réponse dont tous doutaient & certains exhibent encore avec fierté l’amour fatigué dans les ruelles, allées de masturbation mentale & tu t’en fout nous deux encore

***

je te revois, Oxford Sreet, parure merveilleuse, désolé de t’avoir loupée encore une fois, je te blesse, immonde Moloch, venant des cieux pour écraser la City, villages de moines au piano, conscience éclatée, scindée
fin du vol, Garros, il n’y a plus que des
radars ont tout couvert
extraits de guerres délavées
machines martyrisées je suis moi aussi
percuté,
à terre touché

Moi, suis-je la fin de l’ultime prophète?

***

pluie d’acier dans les rues
muscles tendus motos à la retape, sabre rasta aiguisés dans ce songe pénultième avec tout l’avancement du monde ce songe de Sion où les lions vont se refaire une santé
parties de tennis ça fait déjà sept ans qu’il recule piscines privées,
élèves déments comme un empereur de l’ancien nouveau Monde l’ennui sec comme avant comme
Maintenant
pupilles irisées, mollement élargies & suite dans le miroir
que tu es

***

l’Occident est peut-être possible comme Idée directrice-dévastatrice mais acceptable,
Chimères de nos Orients, nous du dôme solaire-arabique
& du Progrès
marche d’humaine Mort

***

Sérénissimes

crucifié
os & peau d’ailleurs
dans cette dalle d’instants morts
réclamé par les balances
les beaux mecs

***

j’aime cette mode absurde les petits mots murmurés au matin
à sens unique

***

armes de destruction massive du langage & mots d’ordre
point final sur un i de mauvaise foi

***

vivants d’incertaines Babylone
Solymes & Sodome
les ponts vous disent
au-
revoir

***

il y avait ces camions d’une ordurière enfance, vélos volés avions hélas à hélice surtout dans l’os, apatrides orphelins, monde obscur
& intermittent

***

à une minute de la date une pudeur me retient de ne voir en cela que le jeu des apparences & d’ignorer follement le cirque touristique, flux Universel drainé par de bienveillants gyrophares tellement jazz au final, & certain d’être dans le vrai pour l’âme & le corps – les livres de gares sur des blocs & des blocs
flash d’héro ou d’un Tokyo amer, funérailles indispensable, Rédemption, élévation, transfiguration – vocation que mon cadeau ne dit qu’à demi, les autoroutes se faisant pour des goûts douteux
– argent charcutier & poétique

***

la conversion, en fait, l’aventure heureuse comme nécessité fardée telle une vieille pute solitaire plus que moi les voitures du monde entier se sont données rendez-moi ici & l’inspection tarde pour les retardataires
lumières colorées, rires enfantin pour un Noël païen d’autoroute & ères de repos, camionneurs avalant des litres de mauvais café il y a même une jeune maman changeant son bébé le crime pour autant n’est pas loin du petit Chicago duquel, à peine rentrés, nous songeons à déménager
bar à entraîneuses, coupes de Champagne à vingt euros, & première vision joyeuse : un commissariat

***

jouer l’amant triste n’a qu’un temps an fait, car, dès les retrouvailles, la tentation s’abolit rendant la seule chose insupportable telle qu’en elle-même so what? les promesses tenues sont les pires
n’est-il pas d’ailleurs question de cela en le givre tellement attendu de ce jour? la réponse est un détail qui a son importance, mais nul ne sait l’amour en sa communication
star du rock privatisée, jeunes officiers réquisitionnés à l’heure des plus sévères où Athènes se meurt au fond du jardin d’Europe & plus loin les guerres civiles font rage il faut déranger les civilisations au nom d’une nouvelle Barbarie

***

cercueils Français des semblant de jouets de parade rassise mais, au fond, s’était-elle même levée? la motivation est dans l’air romanesque que l’on respire soudain un matin contre lequel la plainte & complainte du boulevard n’a rien à nous offrir ni apprendre
oui, à peine sali, nous retrouvons la nudité, marque première de la vierge qui, pour nubile qu’elle soit, annonce la perpétuation de plus d’un monde

***

la pluie & le beau temps peuvent occasionner des brouilles à faire pâlir les familles version Affaire Dreyfus il se peut même que le climat se retourne & quimpe oui, à peine peut-on décrocher son téléphone que Dionysos est déjà en ligne

***

nous trouverons bien une solution à l’Enfer qui menace de nous ad-venir & le bonheur d’une fête d’été surprendra même les optimistes parmi les plus fats culture, non, mais l’accointance d’un jugement suspendu à des lèvres peintes en rouges & que j’ai échoué à cueillir
le jour la page blanche me hante & je pisse sur le pain béni d’un qui me soupçonne de gribouillage les jeunes en ascenseur, comme d’habitude coupables de tous les maux démocratiques & techniques Descartes n’est pas loin de la critique de cette curieuse clique au clinquant des plus tapageur
aussi, relire les Penseurs se passe de raison, l’urgence du seul viscère d’un âne aboulique vertueux par blocage que par présomption de perfection

***

regarder la paille dans l’oeil du voisin, c’est une colère bien différente que de voir la seringue dans son bras
ça, oui, – & les idées… fête d’hier, aujourd’hui & demain mais après peut-être viendra la gueule de bois barbiturique ou autre car je fais ce courroux mien plus que tout, et selon l’ire se promet une famille que je n’ai su attendre
écrivain, – & de deux!, mais descendre de ce trip de naguère, à deux heure du mat’, il s’agit d’une honnêteté dont la coutume se mesure au seul calme des vrais fous

***

lecteur parce qu’il ne peut en être autrement, si l’influence se prolonge dans les pâles nuits d’Europe au rythme descendant mollement des âmes que l’on voudrait mieux bénies ( take it or leave it )
homme, c’est possible, qui plus selon lui? & ce qui peut arriver n’a d’importance qu’après des centaines d’années pour Nouveau, aux deux sens du mot, que soit cette écume saluée d’un verre de coca dont la traite est une moustache, lui il me manque
ha!, cette douleur ne passe ni ne se passe : il me faut endurer, comme jadis indurer, cela, passé-composé, alcools & drogue, finissant dans les boîtes & les squats – la Rue presque innocente, bien entendu, la barrière est du bon côté de la barrière, & je parle sans ironie aucune
mais la demande d’amour est elle aussi infinie

***

les réjouissances, l’esprit, Progrès, – Histoire & science, ha!, nous y allons, nous assistant trop peu de certaines déconvenues, langage
passage à peine par là, dont nous cueillons pour une dernière fois la grenade héritée d’un Narcisse très cool au menthol, & le phénol dans les soirées de manque de came backrooms atroce se plaisant encore d’être de trop
est-ce largesse ou désespoir, revenant par les rues occupé de moi, démence du soir? vieille en ceci : l’enfance qui dure

***

le reste me laisse perplexe quand même, étant donné les murmures murant les mures muant elles-même de façon pour le moins sûre
cela pour être écrit, en fait, plus qu’éructé en lieu publique, – les Passions…
dieu muet s’en fout presque

***

pas de suiveur ni de parole première, révélée sans plus, mais proférée par un qui, sans concession, a fini par se terrer dans le taire, silence qui ne dit que le constat possible de la Victoire
mais combien d’adeptes, en réalité, en seront bouleversés?… plaisir enfantin, rien moins, mais la candeur s’acquiert en travaillant sur ma réalité fantasque & drolatique
des niais sont la nécessité atmosphérique, & autres brutes détournées, barbares & ennuyeuses toujours
au matin se dessinent les regrets de la nuit, bibliothèque en feu, hurlante et vénéneuse comme un Spleen en pisse, infusion drainant les draps couverts de liquide séminale, séminaires
là s’écrivent des dates candides, non l’Histoire des nuits, sans quoi les Nuremberg de tous bords… Que dis-je?, – les minutes d’appartement

***

comment, lors, me mettre à la conscience, ceci? polir le ton est dans mes cordes, mais la vitesse est mon domaine de vie
– pour le moment seulement
poussif parfois à reconnaître la seule Beauté, mais j’anticipe, à mon habitude… il faut dire que l’on ne m’aide pas, mais pour le sens infidèle, vagabond, je ne puis espérer une différence de zone
mais pas moi

j’enrage encore de thésauriser mes Voix, ne pouvant même les mobiliser dans l’instant où j’en ai besoin, dans les déserts indispensables & nocifs, amour & foi quel, lors, est ce livre?

***

point n’en est
que de cheveux épars sur l’oreiller

***

tué par mes émotions au matin
c’est une scène trop ajournée
& l’Enfer,
lui,
n’attend pas.

***

Villes

de drôles de visage à mon avis, nous constatons, retour des asiles, que les Centres commerciaux sont morts & ad-mirons les pièces sur commande, bloqués dans les vases mous de la consommation
est-ce une idée-limite ou la possible délivrance?, c’est ce que semble demander le Temple ici décrit, avec ses affiches multi-colores & de certains appariement douteux en sur-impression rétinienne

pour autant les sous-terrains & autres métros noirs criards flash dans les yeux seulement non

– & ce déni est sans appel…

***

telle une présence nous requiert, comme une convocation sommant la récolte des pestiférés, de nuit, par les zones & plaques

***

l’écart attend
celui qui barre & au matin un soleil infernal & au matin

au bout de quoi?

***

ennui printanier, futile campagne de France, le casque se porte en fait plus au South professionnel, mais il arrive que l’on ne puisse assigner un milieu à cet étape & retourner au travail le soir même n’a pas grand sens sur une échelle

***

se pouvait-il qu’il fusa lui aussi la vase du chemin, se pouvait-il?
que nôtre dernier RdV soit le suicide

***

frigide, ça, oui, & elle sur le Pont croyant que nous nous aimons plus tard soûl perdu dans un bouge Gay lui ai dit que ma défonce était amère d’elle scrutant mon retour, le train & le baiser
aucune érection non plus là, mais sans espoir au lit amassé d’impossible, elle m’a refusé une bière
« Chérie, chérie, t’es vraiment limite… »

***

cette émotion,
surtout après vraiment je me
déteste moi-même

***

défoncé au barbituriques, parfois le soleil
bleuit

***

cette foule ridicule célébrant d’improbables épousailles ignorent que perdre n’est pas une excuse, & que, dans l’ensemble, le travail &autres ne paient pas Doit-on pour autant disqualifier la seule démarche, agenda d’un autre âge? ce ne serait pas honnête, horrible pour autant

***

avançant avant l’heure
les fauteuils
d’une présence folle

***

on prononce après vous

***

Tu me l’as dit
bien trop tard après la pluie

***

Après l’homme

Quel est le rôle du fragment dans la philo de Nietzsche?

***
Penser, c’est penser le même.

***

Je viens de choir dans l’Être…

***

Je ne suis pas nihiliste, je suis désespéré.

***

Tout ce qui arrive se passe dans la Pensée.

***

J’ai passé cinq jours sans lire, me remettant tant bien que mal de ma mystique.

***

L’homme est appelé à disparaître, c’est dit. Mais je n’ai guère confiance en la forme qui va le remplacer…

***

Si Dieu avait eu du goût, il s’en serait tenu au déluge.

***

Je m’en voudrais de faire, ou même penser, quelque-chose de nouveau.

***

Dès que j’ai un projet, je m’administre un tranquillisant.

***

Il me dit qu’il ne peut supporter le pathos de Gainsbourg; à ce moment, il est difficile de sauver Artaud.

***

Pensée troublée par la panique.

***

Légère crise de panique.

***

Extase!

***

Je ne sais pas pourquoi j’essaies de m’éloigner de l’aphorisme; j’y reviens toujours.

***

J’ai évité le gros de la panique.

***

Oui, le fragment, il n’y a que ça de vrai.

***

Tout problème doit pouvoir se poser en termes d’énergie.

***

Un rayon de soleil. Je déteste déjà cette journée…

***

Pleine forme, comme souvent après la panique.

***

Tellement réactionnaire que je suis contre le suffrage universel.

***

Poser un problème n’est rien; le reposer, voila le truc.

***

Hésitation atroce, je ne puis opter.

***

Je crois en la hiérarchie. Je veux dire : à l’ordonnance des âmes.

***

Complètement perdu. Il me faut un tranquillisant.

***

Un soupir vaut toutes les philosophies.

***

Un système doit pouvoir évoluer, du moins si la Pensée qui l’émet est active. Sinon, il ne lui reste plus qu’à se mordre la queue.
Prenez Hegel, son système marche très bien tant que l’on n’essaie pas de l’appliquer. Psychanalyse mise à part, moi, je trouve cette philosophie très belle – mais que l’on n’aille pas s’en servir…

***

Je fume beaucoup trop pour exister.

***

Si je me répète? Certes, mais parce que je suis rarement d’accord avec moi-même. En fait, à à peine trente-cinq ans, je radote.

***

Une mauvaise tournure m’affecte plus qu’une mauvaise idée.

***

Éternel retour, – voila bien l’idée d’un bipolaire…

***

Tout, littéralement tout est, pour moi, l’occasion d’un aphorisme. je mourrai avec mes fragments. Que dis-je?, je mourrai fragmentairement.

***

L’identité, en ce qui me concerne, n’est qu’une mauvaise hypothèse.

***

L’équilibre; qui se soucie de hiérarchie doit avoir cette notion derrière la tête.

***

Une extase, puis retour dans ma nuit…

***

Je me sers de mon clavier d’ordinateur comme s’il s’agissait d’un piano. Mais, franchement, je n’ai rien d’un virtuose.

***

jamais rien compris aux philosophies du temps. En effet, là encore, je suis passif : je m’ennuis trop pour que cette notion ne me dérange pas…

***

Je veux souffrir plus, certes, mais autrement.

***

À chaque pensée que l’on vous propose, l’on vous impose une ou des arrière-pensées.

***

Comment résoudre un problème? Réponse : il faut le liquéfier.

***

Je me pose des questions sur moi-même. Puis je me dis que, après tout, ma carte d’identité répond de moi…

***

Le passé qui revient. Qu’ajouter à cela, sinon que le remord me sape le moral?…

***

À moi la grande Synthèse!

***

J’ai dit : reposer les problèmes, pas les manger.

***

Le jour où l’on comprendra que rien, jamais, n’est stable, l’on aura fait un grand pas pour trouver des solutions, et ce y compris à la crise économique qui semble secouer l’Europe.

***

J’aime souffrir mais je me déteste.

***

Non : j’aime souffrir parce que je me déteste.

***

Du temps où je m’arrêtais de boire, je n’avais de cesse que de lire des ouvrages traitant de la Volonté. Aujourd’hui, ce sont les mystiques qui me tentent le plus.

***

Si j’avais eu la Foi, j’aurais pu prétendre à l’identité.

***

Combien de fois n’ai-je pas lu « de la victoire sur soi-même », dans le Zarathoustra? Lapsus ou échec?

***

Idiotie quasi-complète.

***

Je dois avouer que j’aurais aimé faire un système…

***

Manque atroce!

***

Il n’est même pas midi, et je suis déjà épuisé.

***

Si la philo n’est pas un art, elle ne mérite même pas d’exister. Heureusement qu’il y a les émotions intellectuelles.

***

Il y a, de nos jours, un regain de puissance ou, à tout le moins, de visibilité du nihilisme. Je n’ai rien contre, mais tout le problème est que ce mouvement se démocratise…

***

Tout le monde m’agace, ce matin. Voici la raison pour laquelle je n’ai pas la foi : je suis un vieux misanthrope.

***

L’humanisme revient en force. Ne vous avais-je pas prévenu : le nihilisme gagne du terrain.

***

Je suis un ascète qui se permet tout.

***

Jouir de la Pensée, voila la vraie perversion.

***

L’angoisse me ronge. Que dis-je?, – me perce.

***

Hésitation angoissante.

***

Quelle fiction veut-on encore me vendre? Cette question vaut pour tout, non seulement pour la pub’.

***

J’essaies d’arrêter de fumer, non parce que j’ai peur de la mort, mais parce que j’ai peur de la façon dont la cigarette tue.

***

Dans un livre de philo, il n’y a, hormis un certain nombre de chefs d’oeuvre ( et encore ), en général qu’une ou deux idées.
Pour moi aussi : une ou deux idées, – non dans un livre, mais dans toute ma vie…

***

Le tout, ce n’est pas d’avoir de la culture, mais d’être assez intelligent pour l’utiliser, c-à-d : la rendre active, opérante.

***

La qualité, voila le maître-mot de la hiérarchie.

***

Je n’ai jamais été capable d’aucune mesure : je suis perdu pour la vertu.

***

Le problème de l' »humanisme » contemporain, c’est qu’il se fonde sur un vernis de culture : lisez Bourdieu, et vous vous rendrez compte que sa sociologie est le contraire du penser-droit nihiliste.

***

Le culte malsain de l’Histoire : comment regarder Arte sans vomir la seconde guerre mondiale?…

***

L’on ne se convertit à l’humanisme que par dépit, lorsque le sur-humain n’est plus accessible.

***

Le culte de la science, la superstition du fait.

***

Le but des pouvoirs, de tous les pouvoirs, est que de produire de la réalité, – ce que, moi, je nomme illusion, superstition.

***

J’en ai plus que marre « du » patronat, de « la » finance, de tous ces universaux populistes qui laissent à penser que c’est toujours la faute de quelqu’un.
-Nihilisme que tout cela, et pessimisme.

***

Ennui terrible, viscéral.

***

Exciter sa volonté, là commence la vraie lutte contre soi, le vrai combat contre l’humanisme.

***

Souvent, impossible de voir autre-chose que les détails. Scotomisation, erreur de l’humanisme, – du nihilisme.

***

L’idéalisme commence avec la bonne bouffe.

***

Regardez les ados à la sortie du lycée; a-t-on besoin d’uniforme ou est-ce que, de façon inconsciente, ils en portent tous déjà un?

***

Ceux qui font de Heidegger un humaniste sont des cons.

***

N’être pas content de soi est le premier motif pour faire de la philo. Que dis-je?, – Pour entreprendre quoi que ce soit…

***

Déjà seize pages d’aphorismes. Excusez-moi. Mais, bon, je n’oblige personne à me lire…

***

La musique doit être joyeuse : il n’y a de musique pessimiste que de mauvaise musique.

***

Aujourd’hui, impossible de sortir de l’idiotie.

***

Je suis bloqué par ma vie actuelle, et il faut que je mue.

***

Encore un long soupir, comme celui que je viens d’émettre, et le Système viendra tout seul…

***

La première fille de ferme venue en sait plus que n’importe quel humaniste. La seul différence est dans la générosité.
– Toujours cette question de la hiérarchie.

***

Dans une civilisation idéale, l’on enseignerait la médecine dès la maternelle.

***

Pourquoi avoir arrêté de fumer alors que la cigarette est ma passion?
Réponse : parce que je ne savais pas quoi faire…

***

Brusque moment d’euphorie, de projets et d’extase. ha, ça, oui, il me faudrait une clope.

***

L’instinct de conservation est réactionnaire dans la mesure où il vise le retour, toujours possible, en arrière. Derrière chaque humaniste, il y a un « c’était mieux avant » présupposé.

***

Une grande joie, d’un seul coup, s’empare de moi, – et je suis tenté de dire OUI…

***

Difficile de commencer un livre, et non moins de le finir. L’aphorisme permet de surmonter ce type de difficulté, dans la mesure où je ne demande pas au lecteur une lecture suivie, ni même, à la rigueur, un grand intérêt pour ce que je dis.
– Par contre, en ce qui concerne le style, hé bien j’exige qu’on l’apprécie, que l’on en goûte le raffinement.

***

La philosophie est passée de mode, elle a sombré avec le dernier homme.

***

Si une idée n’est pas explosive, sachez qu’elle n’est pas bonne.

***

Qui se méfie des habitude est avisé. Celui qui s’y vautre est nihiliste.

***

Plus ça va, plus n’importe quoi m’est prétexte à aphorisme, d’autant plus quelque-chose de total, d’achevé.

Mon travail est essentiellement un travail de sape.

***

Le choix est simple : croître ou stagner.

***

Quelqu’un de célèbre. Soit il cache quelque-chose, soit il est trop faible pour s’opposer.

***

Pour oeuvrer, il faut se dégoûter soi-même.

***

Devenir un étranger à ses propres yeux.

***

Nôtre époque, grande productrice de mythomanie, a pourtant érigé la « sincérité  » et le « respect » en valeurs. De là à faire le saut pathétique dans l' »authenticité », il n’y a qu’un pas, – et on le franchira avant longtemps.

***

Fuir par le biais de l’Art est un non-sens, dans la mesure où il déchire le voile des apparences. À ce titre, à part les « auteurs » de gare, l’Art meurt avec le divertissement.

***

Culte du respect; difficile d’envisager de s’éloigner plus loin de la vertu…

***

Une vérité qui n’est pas fondée sur le primat de la matière est toujours une forme de mensonge confortable.

***

« L’Art pour l’Art » était un moment nécessaire et, à ce titre, à dépasser. Pourtant, la sclérose est féconde, surtout si l’on peut s’en sortir par un pli.

***

Encore cette atroce idiotie…

***

Aimer la douleur, propédeutique à toute vraie réflexion.

***

Les commentateurs, je m’en suis longtemps servis pour ne pas lire les vrais auteurs.
Aujourd’hui, je fais exactement l’inverse.

***

Vaincre le pessimisme à une époque désenchantée, voila la tâche que je me propose. Mais si l’on continue la pensée unique, et ce qu’elle soit de gauche ou de droite, l’idéalisme vaincra.

***

Il est de la nature des anxieux, de ceux qui ont eu peur par le passé, d’avoir peur de l’avenir. Là but tout romantisme de la folie.

***

Je n’arrive pas à développer : je ne puis que croître par le milieu.

***

Il ne faut pas se laisser imposer ses problèmes.

***

J’estime qu’une musique doit satisfaire l’intelligence.

***

je ne suis bon que dans le fragment, et il va falloir que je m’y fasse. Dernièrement, j’avais pour projet un Roman. Une semaine plus tard, je n’en avais rédigé que la première page.
Depuis hier, sans intention ni attention, j’ai écrit onze pages d’aphorismes.

***

Dieu n’a pas puni Adam pour la Connaissance, mais bel et bien pour la conscience…

***

Pas d’amour du destin sans passion pour la liberté. Et ce n’est un paradoxe qu’en apparence.

***

Risquer sa vie, au final, ce n’est rien. Non, bien pire, en matière de destin, est que de risquer sa Raison.

***

Cette question à la con : « que deviens-tu? » Rien est ma réponse, dans la mesure où je me soustrait au devenir…

***

Pas de philosophie sans physiologie.

***

En digne représentant de mon époque, je suis fatigué…

***

Éthique avec Esthétique.

***

Manque atroce, mais il est nécessaire que je souffre.

***

Rien à foutre de n’être point Nietzschéen!

***

Angoisse de morcellement : les psychiatres savent théoriquement de quoi ils parlent, et les schizo ne peuvent définir vraiment leurs troublens. Oui, en matière de dialogue de sourds, difficile de faire mieux.

***

Nietzsche, philosophe-médecin, mais – et pour cela – aussi philosophe-malade.

***

Manque difficile à supporter.

***

Pour penser, il faut avoir une méthode. Pour penser continûment, en fait, tandis que pour les aphorismes…

***

Toute la philosophie consiste à demander : « qui? »

***

À quel prix est le nouveau?

***

Le pessimisme est ce qu’il faut combattre.

***

Il semble que, là-dedans, on ait oublié la Joie…

***

Comme je regrette le singe dont je descends…

***

J’ai toujours crû en mon étoile. C’est ce en quoi je suis encore naïf.

***

En manque, j’essaies de supporter le bruit de mes contemporains – mais n’y parviens pas.

***

« Interprétation ». Dès que tu entends ce mot, ne demande pas la permission de fuir : fuis!

***

Qui est-ce qui pue comme ça? Moi?

***

Le manque est une illusion.

***

Je veux dire qu’il n’existe que dans la conscience, – qui elle-même n’existe pas.

***

Retour au fragment, seul domaine dans lequel ma Pensée vaille quelque-chose.

***

Nous aurons commencé de penser quand tout le monde sera arrivé au même point de désenchantement.

***

Ceci est écrit pour l’Europe.

***

Je n’écrit pas en malade, mais en porteur du message de la petite joie.

***

Je crois en la sélection, ce qui est un autre nom pour hiérarchie.

***

J’en ai plus qu’assez que les politiques ne parlent qu’aux émotions.

***

Arrivés à certaines altitudes de Pensée, l’on a du mal à respirer. C’est pourquoi la marque du bon philosophe est l’asthme…

***

Bourdieu : incorporer les schèmes de domination, l’habitus. Et je dis, certes, que, pour se révolter, il convient tout d’abord que de penser contre soi. Que dis-je?, – de penser contre sa Pente, sa Pensée.

***

Il faut prendre de vrais risques.

***

J’aurais fait un Espagnol de qualité. Né Français, il ne me reste qu’un héritage de « civilisé », c’est à dire de sous-homme doté d’un vernis de culture, et pour qui l’apprentissage fait problème.
C’est ce en quoi je suis un Européen, c-à-d : un décadent.

***

Si je parle de « synthèse », il ne s’agit pas d’un sens philosophique, mais bel et bien mystique.

***

La « culture » des politique, un syncrétisme crypto-humaniste mâtiné d’incurie et de faiblesse, de volonté de puissance décadente.

***

Nietzsche parle très bien du « sens de la terre », sens que l’on a perdu et que seul l’instinct paysan fait parfois ressurgir. Le sort des paysans est la honte de l’Europe, le libéralisme poussé jusqu’au terrorisme.

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Nous n’avons nul besoin d’hommes nouveau, mais de renouveler l’homme.

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L’on reconnaît un penseur à sa vision, c’est-à-dire au regard pour lequel l’époque actuelle est, et ce depuis longtemps, déjà du passé.

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L’époque étant au journalisme, il n’y a pas lieu de penser qu’une nouvelle critique en sortira, – et je ne parle pas de la « critique » officielle des philistins.

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J’abandonne à peu près tout, remettant à demain dans la procrastination la plus insigne. Mais j’ai l’honneur de mes faiblesses : je suis ponctuel, surtout et y compris quand je n’ai aucun rendez-vous…

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Je vis aux marges de moi-même.

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La vertu, la discipline, ce sont des équilibres, des points où l’énergie est stable. À l’inverse, il y a, dans le déchainement des passions, une dépense d’énergie dont Bataille a perçu la portée; son analyse de l’angoisse le prouve.
C’est, à ce titre, en tant que barbare que je vous parle…

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L’on reconnaît l’homme vertueux en regardant derrière lui, c’est-à-dire à ce qu’il a dépassé.

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Pour méditer sur l’Europe aujourd’hui, il faut être optimiste ou avoir l’instinct d’un fossoyeur.

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Quiconque assigne un sens à l’histoire est un cuistre. Pourquoi? Mais, justement, parce qu’il est un mauvais historien.

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Qui dira la volupté de décevoir?…

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Se promener dans une grande est un démenti infligé à toute forme d’humanisme.

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J’ai toujours fait l’école buissonnière et continues; se perdre en soi-même vaut mieux que de se trouver en autrui.

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Vaincre l’angoisse est une victoire sur la victoire.

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Un grand poète se reconnaît à ceci que, à sa lecture, l’on n’est pas tenté d’écrire un poème, mais des aphorismes.

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La vague anti-Darwin aux États-Unis. Il s’agit non seulement d’une réaction, mais d’une forfanterie qui consiste à prôner le nivellement par le bas et à se croire descendant de Dieu tandis que le singe, lui, rend modeste.

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L’intellectualisation, aucune chance que les contemporains en souffrent.

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Se libérer commence par ceci : s’affranchir des préjugés et des superstitions. Lucrèce, Spinoza, Nietzsche devraient être les penseurs du jour. Et il est trop facile au philistin « cultivé » de les comprendre, ce qui revient, dans l’optique qui est la sienne, à les… Neutraliser.

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En terme de dangers, l’ignorance et la culture sont équivalents. « Culture » au petit sens, au sens d’agrément.

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La course au bonheur, d’accord, – mais pas si, par « bonheur », l’on entend : « conformisme ».

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Le « Voyant », s’il n’est pas aussi visionnaire, est nul et non avenu.

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Je ne dis pas que je fais système : je voudrais bien, mais cela ne veut pas dire non plus que, échouant, je suis incohérent.
– Et ce même si je me contredis toutes les deux lignes.

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Le présupposé de la méthode historique est le progrès. C’est ça, « le grand bon en arrière ».

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Comment un statisticien peut-il être encore humaniste. Mais, bon, la plupart sont mariés…

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Le philistin contemporain refuse l’idéalisme, hormis en ce qui concerne le fait de se faire valoir.

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Au XIX eme Siècle, il était bien perçu que de mépriser la foule. De nos jours, critiquez l' »égalité » et l’on vous taxera de fascisme.
À ce titre, je n’ai rien contre l’égalité, mais j’estime, justement, que l’on en est loin, et que les pouvoirs ont tout intérêt à ne pas la réaliser tout en faisant accroire qu’il s’agit d’une grande conquête.

Sur quoi les régression de Sarkozy sur l’Éducation ne posent problème à personne…

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L’Europe n’a pas encore donné toute sa mesure; il lui reste à choir avec dignité, c’est-à-dire avec la grandeur de sa période d’expansion.

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Pour qui aime souffrir, la vie ne présente aucun problème : elle leurs donnera toujours une occasion de se désoler. Par contre, qui veut la joie doit dépasser la souffrance.

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« La » Raison. Cette illusion tombe dès que l’on considère les raisons; un penseur digne de ce nom doit savoir descendre.

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La plèbe qui discute politique. Si l’on développait le sens de la hiérarchie, nul doute que le taux d’abstention s’envolerait.

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Que vaut une civilisation qui a poussé le culte du moi jusqu’à mettre peu ou prou tout le monde sur un divan? Disons que l’essentiel lui fait défaut, je veux parler de l’Impersonnalité.

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L’acte de création consiste à se faire une voix, et à la faire varier. Le poète s’apparente plus au guitariste qu’au tisserand.

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Les disciplines telle que la philo nécessite de voir plus loin, même si le risque est que de n’être point compris – voire être déclarer fou…

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Un point pour la science historique.
Une notion dont on peut faire l’histoire tombe d’elle-même. C’est en ce sens que nous sommes encore nihiliste, dans nôtre faculté à ne rien oublier.

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La puissance de la Pensée est de beaucoup supérieure à celle de la simple Raison.

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Celui qui juge se juge avant tout lui-même. C’est d’ailleurs de son mécontentement que lui vient cette manie.

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Il me sourit. C’est assez pour que je sache que la gauche va probablement gagner les élections…

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Là où vous voyez des hommes et des femmes, là je vois, moi, des symptômes…

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Il nous faut une nouvelle barbarie.

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La petite politique : la parole est prise par les esclaves et pour les esclaves.

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Manque atroce!

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Extase!

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J’estime que, pour philosopher, il faut un style qui me fait défaut. Pourtant, l’idée même d’une forme imparfaite me hérisse.

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le temps est un luxe; s’ennuyer, le sommet du bon goût.

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Mes fragments ne développent aucune philosophie claire, non, j’y mets plutôt mes humeurs, – mes colères…

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L’anxieux a besoin d’une cause; l’angoissé, quant à lui, s’en passe : son tourment n’est point de ce monde.

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La civilisation, trouvez-vous que cela ressemble au bonheur?

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Je ne lis plus Artaud, non que ça me déprime, mais parce que, des Artaud, j’en ai trop fréquenté dans les H.P.

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Le libraire, heureusement pour lui, n’a pas la moindre idée de ce qu’il vend. Au demeurant, c’est ce qui l’éloigne du dealer…

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Manque insupportable, mais il faut que je tienne.

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Angoisse atroce, je suis littéralement plié en deux.

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Toute la logique de l’incorporation, dans la tradition de Nietzsche; oui, ce qu’il faut combattre, avant tout, c’est son propre corps.
– Mais il me semble que le philosophe n’aurait pas été d’accord avec cela…

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L’homme, par définition, ne peut créer du nouveau. En effet, cela supposerait qu’il cesse d’être un homme.

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Je m’intéresse aux post-Romantiques, et mêmes aux symbolistes et autres expressionnistes, en vue de considérer la façon dont ils ont mis un terme au lyrisme.

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Thèse de Nietzsche : Socrate a perverti Platon. J’en doute, mais suis plus sûr de ceci : il a dévoyé la tradition Cynique…

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À la recherche d’une terre ferme. Je n’ai pas dit : « Rendez-vous en terre inconnue »…

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Attendre dans l’angoisse, et s’octroyer une cigarette quand tout va pour le mieux…

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J’ai dit qu’il faudrait instaurer des cours de médecine à la maternelle. J’ai oublié qu’on y enseignait déjà les Art plastique. À ce sujet, je n’aurais qu’une remarque, mais d’importance : il serait nécessaire que le matériau soit les élèves eux-même. Que dis-je?, les prof…

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J’ai arrêté de boire en travaillant sur la Volonté, de me drogué en étudiant la mystique. Difficile, après ça, de trouver une lecture qui se prête à l’arrêt de la cigarette…

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Je n’ai pas dit que l’on pouvait penser le nouveau, j’ai seulement laissé entendre qu’il est peut-être possible de penser à nouveau.

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Le Siècle croit au Progrès, sans se rendre compte que si Progrès il y avait – ce que je ne remets pas forcément en cause -, ce dernier serait lent.

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Avoir des Pensée d’une altitude suffocante et parler de cul avec le premier venu…

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Cioran a raison de dire que la Révolution s’est produite dans la mesure où les puissants étaient gagnés à la cause de ceux qui allaient finir par devenir leurs persécuteur. Cela est d’autant plus vrai que les adeptes des masques ont fini par les tomber.

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Me promenant, je constate que j’avais raison de penser que ce bar était un bordel; « réservé aux plus de dix-huit ans », annonce la pancarte. Je pensais avoir atteint des sommets dans le cynisme mais, là, je suis dépassé…

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Celui qui voit loin n’a cure des valeurs encore en cours : il les a déjà virtuellement dépassé, mais au prix de l’amour, – et même de l’amitié. Le voici dans une solitude dont il ne peut jouir, dans une solitude de dernier homme. Non, de premier homme, ce qui peut le consoler ou, à tout le moins, lui permettre de se lever le matin.

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« C’est pas ma faute! », hurle l' »indigné » ordinaire, sans se douter que, cette excuse, même le Christ ne s’en est pas servi…

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Pourquoi ne pas envisager un examen pour rentrer à l’Université? Je ne développerai pas, sans quoi, une fois de plus, l’on me traiterait de réactionnaire.

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La discipline, c’est la force appliquée contre soi-même, tandis que la vertu est le fruit de l’auto-éducation, sa récompense – la Grande Joie.

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Sarkozy veut abaisser l’école obligatoire à l’âge de quatorze ans. Il est sûr que son « projet de société », ainsi que l’on appelle politiquement-correctement cela, n’a pas besoin d’intellectuels ni de contradicteurs. À l’image dudit président, il est clair que personne ne doit penser.
Ce n’est d’ailleurs pas étonnant, dans la mesure où lire un livre sérieux par an est déjà une prouesse pour le Candidat.

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J’allais m’offrir un neuroleptique mais décide d’attendre, histoire de ne pas philosopher calmement, non : il me faut toujours être en colère; je n’ai pas dit « indignation »…

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Qu’attendre d’une civilisation qui aboutit au Commercial? Il faut dire qu’elle a débuté, il y a plus de deux milles ans, par un V.R.P…

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Commencer par la métaphysique est de bonne augure, étant donné que l’on ne remet en cause qu’après.

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Quant on a compris que l’action désintéressée n’existe pas, comme le dit à-peu-près Weber, on a fait un pas en avant loin de la morale, – c’est-à-dire sur le chemin de l’Éthique.

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La société de consommation tourne à vide, jusqu’à créer des besoins. Il fallait, l’un dans l’autre, s’y attendre : la démocratie est le terreau idéal pour la croissance de la publicité, elle qui organise une élection comme une foire aux bestiaux.

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L’opium est l’opium du peuple.

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L’Art, par contre, n’est l’opium que des artistes et des amateurs, les premier créant dans la joie, les autres se gavant de généralités et vivant par procuration qui les marges, qui la folie, etc. Mais une chose est sûr : l’Art véritable se fait dans la clandestinité.

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Je condamne l’usage de la Religion, c-à-d, en gros, l’institutionnalisation du sentiment religieux, pour lequel j’ai le plus profond respect.

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Le besoin.
Qui ne s’est jamais drogué ne le connaît pas, non plus que la peur de manquer. Qu’il est doux, pourtant, d’avoir un bon stock au moment d’allumer son Bang! À l’heure qu’il est, j’aurais plutôt besoin de la foi, mais ne la trouve ni ne la trouverai jamais. Mais qu’est-ce que cela veut dire sinon que j’ai, de la foi, tous les inconvénients sans aucun des avantages qu’elle procure.

– Sarkozy n’est pas loin, qui voudrait les beurres et l’argent des beurres…

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Pour réussir, il convient d’être un imposteur qui dit toujours la vérité.

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Si j’avais été scientifique, je me serais acharné à découvrir les secrets de la Matière. Mais, même en tant que Penseur, ai-je jamais fait autre-chose?…

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Je déteste vraiment les scihzo, bien que l’étant moi-même. Une bonne réfutation de l’adage populaire selon lequel « qui se ressemble s’assemble » et autres conneries du même genre.

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Je tiens à être considéré comme un mystique, bien que les apparences soient, il est vrai, contre moi.

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Deux types de formes :
– Celles qui sont achevées, et de ce fait caduques;
– Celles qui sourdent, qui ne demandent qu’à être, véritables moteurs de la civilisation.

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La figure de l' »amoureux » est pâle par rapport à celle du passionné. Pas étonnant, dans la mesure où le premier est Hégélien.

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Une action n’est ni bonne ni mauvaise en elle-même : il faut l’apprécier en fonction de ses conséquences.

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Si, durant mon existence, le flair m’avait fait défaut, hé bien je me serais laissé embobiner plus d’une fois. Par chance, les mauvaises idées ont une odeur – pour ne pas parler des mauvaises intentions…

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Philosopher sur ce qui n’existe pas a été le gros du travail philosophique jusqu’à Nietzsche. Par malheur, ce dernier a tout gâché par un histrionisme de mauvaise aloi qui, sans pour autant discréditer sa philosophie, a tout de même saper sa Pensée, par trop soupçonnée de maladie.
En tant que schizo, je ne me présente ni sous la forme d’un Romantisme noire, ni par le biais d’un lyrisme échevelé : je préfère écrire pour me soigner.

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Nietzsche, premier psychologue ou dernier scaphandrier?

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Zweig : nul n’a son pareil pour descendre dans l’âme humaine avec légèreté.

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Hume reste l’un de mes penseurs préféré. Rien d’étonnant, dans la mesure où toute sa critique de la causalité repose sur l’habitude; pour un pantouflard tel que moi, sa philosophie est un trésor.

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S’abstraire du jugement est difficile. Ce qui n’est pas difficile, c’est ne pas tenir compte du jugement des autres. Par contre, plus ardue est que de ne point juger soi-même. Si le positivisme logique nous a enseigné quelque-chose, il s’agit bel et bien de cela.

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Le tout est dans la maîtrise de soi.

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Nerfs tendus à se tordre.

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Le culte de la forme pour elle-même a une fin : la sclérose.

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En manque…

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Je suis pour la Grande Pensée.

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En cela, la Raison ne me satisfait pas.

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Je ne me rappelle même pas la journée d’hier…

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J’ai perdu ma carte d’identité. – Qui suis-je, alors?

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Quand tombent les masques, c’est alors que l’Art n’est plus possible.

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Les neuroleptiques agissent, je me sens mieux.

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Tout peut mourir, sauf la musique.

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Retour de la pleine forme, la Grande Santé.

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Je penserai sans méthode, je déploierai ma Pensée sur toute la surface du monde.

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Je reviens sur de vieilles idées,certes, mas que personne n’a encore assimilées. Je veux dire qu’il est plus que temps de relire les sages, les Penseurs – même ceux qui ne pensent pas encore.
Pas encore? En nous, voila ce que je veux dire.

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Je développe une sorte de Pensée matinale dont nous sommes peu à être les tenants. Il s’agit de saisir le moment précis où la Pensée s’abouche avec la réalité. Et, oui, j’ai trop connu la Pensée qui fait défaut, la Pensée écroulée pou me satisfaire d’une Petite Pensée.
Comme l’a bien vu Artaud, il y a un moment d’émanation, de véritable expiration, et ce au plan strictement pneumatique – de la Pensée.

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Il y a, bien-sûr, la Pensée qui se développe toute seule, c’est-à-dire dans les paroxysmes de solitude.
Mais, en réalité, il est impossible de Penser autrement si l’on veut faire abstraction du troupeau.

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Je suis en effet passé par une période de Grand Isolement, et je mentirais si je disais que ma Raison n’a pas failli chanceler.

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Il faut savoir se faire violence, mal se tenir aux yeux des tenants du bon goût.

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Donner en vrai sens à l’Absurde, c’est-à-dire : affirmer le hasard.

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Toute la différence entre la morale et l’éthique se résume à l’opposition du Christianisme et du Bouddhisme. Mais je ne souscrits pas à la vogue du Yoga et compagnie, bien que, moi aussi, je pratique la méditation.
« Plus d’un a l’Inde facile ». S’en souvenir chaque fois qu’on vous fait l’éloge d’un viatique de l’âme sans s’astreindre à nulle discipline.

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Toute ma « Philosophie », si tant est que j’en aie une, se résume à une attaque en règle de toute la tradition lyrique. Et ceci : l’on n’a pas encore mis fin au romantisme, au culte noir des marges.
– Mais l’on n’a pas encore Pensé la Pensée, mais l’on n’a pas encore compris les marges de la Pensée.

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J’arrêterai d’écrire le jour où je serai content de me lever le matin. Oui, cela voudra dire que ma discipline a porté ses fruits;

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Le Printemps est propice à la méditation, en fait, toutes les périodes de transition, dans la mesure où elles permettent un certain déséquilibre, tant dans la Pensée que dans l’organisme, – et tout mon travail est que de montrer que les deux sont indissociables.

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Le fragment, ma forme préférée. Ce n’est une défaite qu’en apparence, dans la mesure où, peu ou prou, il s’agit d’une synthèse.

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La Pensée doit accompagner la vie, elle doit lui faire rendre un son-limite.

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Il convient d’apprendre à se taire, c’est-à-dire : à ne pas être esclave de la parole, de la superstition du texte.

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Il faut considérer ce qui est envisageable, et aller plus loin, en ce qui concerne la Pensée. ( Nouvelles possibilités de vie. )

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Celui que, jusqu’ici, l’on a appelé « Homme » n’a encore rien senti ni vu; il n’a pas donné non seulement toute sa mesure, mais encore : toute sa vertu.

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Résolution des contradictions.
Ce en quoi le mystique n’a rien de lyrique, répondant à ce que Valery appelle la « Voix de personne ».

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Rimbaud est le premier, Nietzsche et d’autres ne peuvent venir qu’après lui. C’est en quoi un poète fait date sans pour autant dater.

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Je n’ai, l’un dans l’autre, eu que quelques intuitions dans ma vie, sans pour autant les développer telles qu’elles auraient dues l’être. J’ai passé toute ma vie dans le lyrisme schizo sans me rendre compte que la vie, le principe de vie, est avant tout impersonnel.

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Judo : se servir de la force de l’adversaire contre lui. C’est ainsi que l’on devrait pratiquer la philosophie. Entendez : avant la victoire de la vertu…

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Penser le nouveau. Comment penser le Nouveau? Réponse : l’on ne peut en avoir que le pressentiment. Encore faut-il pouvoir le partager entre amis. Et je ne parle pas de ce sommet de décadence qu’est « Le cercle des poètes disparus »…

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Si l’on se traite soi-même sévèrement, nul doute que les autres accepteront d’être traités de même.

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Encore le Judo…

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Je ne me reconnais aucun maître et ne tiens pas non plus à en être un. Par contre, je désire qu’on me lise avant tout comme un ennemi.

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« La propriété, c’est le vol. » Je ne sais plus qui disait ça, mais c’est un peu approximatif. Pour autant, je dois bien reconnaître ceci que le vol, effectivement, est une appropriation.

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Se laisser imposer un problème, – une problématique. Il faut lutter contre ce terrorisme, qui en grande partie le travail d’abrutissement des médias.
De même, il convient que de ne pas se laisser imposer ses fantasme. Travail de fond d’internet.

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Ne pas accéder à la requête de quelqu’un, hé bien, la plupart du tems, c’est lui rendre un service.

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Je ne m’exprime pas avec assez de clarté pour être entendu. Pour l’instant, du moins, car lorsque je serai compris…

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La liberté est un concept périmé, mais pas la… Libération.

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Comme Char le note très bien dans un de ses textes sur Rimbaud, ce dernier fait la part belle à la Nature, contrairement à toute la tradition de la « Modernité » inaugurée par Baudelaire.
Dès les premiers textes des « Cahiers de Douai », il apparaît en chantre de la sensation, s’épanouissant dans la Nature, mais la Nature comme mystique, du moins si l’on m’accorde ce terme, qui est, à ce point, un peu impropre. Toujours est-il que sa poésie en est une de la sensation, de l’émotion.

En poésie, Rimbaud et, en peinture, Van Gogh, les premiers appel de la Matière – ce qui ne veut pas dire qu’il n’est pas question de Pensée.
C’est avec Mallarmé que la Pensée va faire son entrée dans la littérature, puis avec Valery, qui fréquentait les Mardi du poète.
Nietzsche, au même moment, fait le bilan de la Pensée, qui doit être en accord avec la Vie, mais il s’agit, déjà, d’une Pensée supérieure. Artaud n’est pas loin qui, en pleine décompensation schizophrène, et psychose blanche va interroger la Pensée par le dessous.

– Le tout est que d’être un Penseur du sous-sol.

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Quand il n’y a plus ni obstacles ni ennemis, il est plus que clair qu’il faut changer de Pensée.

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Méthode de dramatisation : la mise en scène des Pensée.
Monsieur Teste.

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Quand l’on colle trop à une idée, il faut prendre du champ. Sinon, l’on risque de sombrer dans le fanatisme.
– Dans la Foi?…

***

La petite vie, c’est la vie sans Joie.

***

Volonté, quantité et qualité. Intensification du vouloir, mais pas négation. Interprétation, oui, au début. Puis expérimentations et réel Affranchissement en vue du Surhumain.
Justement, les formes, le culte des formes, est un moment nécessaire, de même que le minimalisme, bien que ce dernier ait mal tourné, du moins chez Ellis. Pourquoi? Réponse : l’on ne peut à la fois coller à son temps et survivre à sa génération.

***

Émettre des idées en pleine santé et les tester à l’aune de la maladie. C’est le sens du perspectivisme.

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Penser n’est pas et ne saurait être un métier. En effet, il n’y a pas de Penseur professionnel, mais des « chercheurs » qui, par définition, ne se servent que de méthodes au détriment de la Vie. Hesse, dans Le jeu des perles de verre, parle d’un épisode symptomatique, l’époque des « pages de variétés ».
D’un côté le spécialiste en rien ou presque, de l’autre, le journaliste « humaniste » dont le propos n’est que réaction, réflexe.
La Pensée au sens où je l’entends ne peut être une habitude : elle est l’expiration pneumatique du Nouveau.

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J’ai appris tardivement le sens du mot « empathie ». Il faut dire que je m’en serais passé, dans la mesure où le tact n’est pas mon fort…

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Pensée unique : on ne change pas une équipe qui gagne.
Corolaire : on ne change pas non plus une équipe qui perd…

***

Un État n’a pas intérêt à ce que la science se développe de manière trop anarchique. C’est pourquoi les Universités enseignent une Méthode, c’est-à-dire un cadre pour la Pensée.
On nous assomme de Kant, de Hegel, – et même de Nietzsche… Mais le cas est que de donner aux Esprits d’élite, certes peu nombreux, le goût de la remise en cause, – du scepticisme.

***

Nul plus que moi n’a eu le sens de l’extase. À ce titre, l’on peut noter que même ma mystique est fragmentaire.

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Je ne me rends compte que maintenant de tout ce que mon tempérament a d’excessif, d’outrancier. Il me fallait me délivrer de moi-même, il me fallait me dégoûté moi-même.

***

Passion de la connaissance, oui – ce qui veut dire, et par là même : souffrance.

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Pour un Penseur – je veux dire : quelqu’un qui pratique librement la Pensée – il convient de faire une synthèse pratique.
J’ai dit « pratique », ce qui ne me disqualifie pas, ce qui autorise, voire encourage, le fragment.

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Technique contre Méthode;

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Un Penseur vrai doit se préoccuper de toutes les disciplines, surtout et y compris de la médecine.

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Ce qui ne cessera jamais de m’étonner, ce sont le nombre de gens, même des « intellectuels », qui prennent Lautréamont au sérieux. Oui, non seulement manquer d’ironie est une faute de goût, mais c’est aussi la marque d’un défaut de probité, voire d’honnêteté.

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Le Romantisme noire consiste en une déformation qui se résume à rendre triste ce qui est initialement joie et affirmation.

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L’on doit pouvoir prendre un livre d’aphorisme n’importe-où, « par le milieu ». Tel est le propos de toute « Pensée nomade ».

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Difficulté de formuler clairement un problème.
Tragédie et Énergétique.

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Il faut arriver au point où l’on ne se comprend plus soi-même, au plan où nous devenons nôtre propre énigme, – et, en énigme, je puis dire que je m’y connais…

***

Si chacun portait son âme sur le visage, sortir dans la rue serait un supplice. Heureusement que nous vivons à une époque où le portrait de Dorian Gray se vend sous forme de cosmétique.

***

Même les pires mésaventures, les tourner à son avantage.

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Lorsque l’on émet une idée, il faut la tester au réveil. Si elle n’y résiste pas, l’abandonner.

***

De même avec la drogue.

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Avoir assez d’argent pour Penser à son aise, mais pas trop, sans quoi l’on risque de sombrer dans la manie du stock.

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La vie est d’essence Satanique, violente. C’est pourquoi les cul-bénis, les salauds sont tous, sans exception, des nihilistes.

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Jugement.
Il n’y a pas de jugement sain, seulement des mauvaises manières, – du voyeurisme.

***

Rimbaud : « Tenir le pas gagné. » Dans la salle des pas perdus?…

***

Qu’est-ce que c’est, que d’avoir le « sens de la terre »?
Kerouac.

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Ne rien chercher à définir est le premier pas vers la suspension du Jugement. Grandes gueules s’abstenir.

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L’Art est un mauvais masque; ne pas se dire « Artiste » est la première condition de la véritable création en matière d’Art.
Prenez les écrivains qui finissent par s’auto-parodier, ou les acteurs. Ils ne font que répondre à une attente – et cela menace quiconque publie, – s’extériorise. Baudelaire dit je ne sais où : « L’extase, c’est la prostitution. »
Seuls ceux qui ont su rester clandestins ne sont pas menacés de… Faire le trottoir.

***

Prendre sa destiné en main.
« Et je vis que tous les être ont une fatalité de bonheur
J’ai fait la magique étude
Du bonheur que nul n’élude. »
Mais il y a un bonheur insupportable, celui des assis, confortable et bien-pensant.

***

Rares sont ceux qui ont été aussi seuls que moi. Non que j’en tire aucune gloire : rares sont ceux qui ont existé moins que moi…

***

J’ai renié la poésie à partir du moment où j’ai compris que je n’atteindrais jamais à l’objectivité.

***

Je n’ai rien contre la métaphysique, mais il me semble qu’il s’agit d’une activité quasi-magique, – la participation.

***

Le nihilisme n’est qu’un premier moment, après quoi vient l’Affirmation.

***

Retour du manque.

***

L’on ne devrait pas forcément parler de ce que l’on a dépassé, comme le dit Nietzsche, mais de ce qui nous a laissé idiots, stupéfaits, ahuris. Justement l’inverse de ce que l’on a surmonté.

***

L’Angoisse est un démenti à l’Éternel Retour.

***

Ce qui compte, ce n’est pas la hauteur d’un problème, mais son poids…

***

À ce titre, les pieds sont des membres plus « philosophiques » que la tête. – Je n’ai pas dit : Métaphysique…

***

Si je ne suis pas forcément solitaire dans ma vie quotidienne, en terme de Pensée, je n’ai ni ami ni frère. – Et ceux que j’ai eu m’ont fui, par peur, en fait, car ils avaient reconnu en moi l’instinct de la destruction.

***

Se confronter à la mort chaque jour afin d’éprouver le fait d’être vivant.

***

Ce qui viendra, en fait re-viendra.

***

Je ne fréquente plus les bibliothèques; trop de professionnels de la « Culture » s’y donnent rendez-vous.

***

Je le répète : le nihilisme n’est qu’un début, il est une propédeutique à la vraie réflexion, – prolégomènes à la Pensée de l’avenir.

***

Il faut apprendre à oublier, c’est la meilleur manière de se souvenir de l’essentiel.

***

L’homme des cavernes, grégaire, seule condition de la vraie solitude.

***

Je ne cherche ni la vérité en Soi, ni l’illusion. Non, je suis en quête d’une autre vérité, et du véritable esprit de comique, à n +1.

***

À partir du moment où les ordres deviennent contradictoires, vous pouvez être certain que la guillotine n’est pas loin.

***

Tocqueville parle de « despotisme démocratique ». L’on ne saurait mieux décrire nôtre époque…

***

N’importe-quoi peut être objet de Pensée. – Sauf la Pensée elle-même.

***

Le temps n’est plus au constat, mais à l’invention d’une nouvelle manière de sentir.

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La fatigue ne s’oppose pas à la Pensée; elle en est une modalité.

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Et ne n’allez pas vous réfugier dans l’Idéal.
« Montres-moi un coeur affranchi du fardeau des rêves, et je te dirai : voici un homme libre. » Cette phrase de Tennyson, nos homme politique feraient mieux de la méditer, sans quoi ceux qui ont cessé de rêver vont les renverser, eux et leurs Idéaux.

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Je ne suis pas requis plus qu’un autre par le « problème » de la mort, sans quoi je serais lyrique. Toutefois, je médite parfois plusieurs heures sur le néant dont je viens et sur celui qui m’attend.
Mais en quoi cela est-il un problème?…

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Une cure de lucidité : faire visiter un H.P à des adolescents.

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J’ai des disciples alors que je passe mon temps à les fuir. Charisme?, peut-être. Histrionisme?, sûrement.

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Ne pas chercher sur le chemin des écoliers. Mieux vaut faire l’École buissonnière.

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École Normale Supérieur. Cela se passe de commentaires…

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J’ai l’oreille philosophique et le nez sociologique.

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Jusqu’ici, la Pensée n’a été que fausse monnaie. Diogène, rejoints-nous!

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L’ivresse publique est plus sincère que la biture solitaire. C’est pourquoi elle fait l’objet de contraventions…

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Tout le monde, de nos jours fait des « affaires », et cela n’épargne pas le philosophe qui, du reste, fait surtout des coups que des affaires.

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La philosophie devrait être la passion de la Neutralité.

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Je n’ai pas dit : de l’objectivité.

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Idiotie permanente et complète, etc…

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So make it brief.

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& don’t be dead.

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La démocratie est la civilisation des barbares, des brutes se comportant en fait tels de femmelettes.

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Cette nuit, j’ai rêvé des sujets d’inquiétudes du lendemain. À quoi l’on voit que, moi aussi, je suis décadent.

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Le scepticisme ne s’apprend pas; on l’a dans la peau, instinctivement, mais, contrairement à la Foi, l’on ne peut l’acquérir.

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L’idée d’un doute « méthodique »?

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La seule chose qui me guérisse de mes doutes est la musique.

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Ami de la sagesse, le philosophe ne l’est point de la Pensée.

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La musique n’est le symptôme de rien du tout; elle se définit au contraire par ce qu’elle permet, ce qui devrait être le cas de tout Art digne de ce nom si la société n’encourageait les philistins des soit-disant « avant-garde ».

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Je dirais bien : mon royaume pour de la musique, – mais la musique est déjà mon royaume.

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caché derrière un Penseur, il y a toujours une femme. À l’inverse, derrière un philosophe, il y a toujours un flic.

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L’idée que l’on a atteint un terme se fait jour en Europe et ailleurs, au point que le monde entier est comme pris de claustrophobie…

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Le pire, de nos jours, c’est le regain d’humanisme. Nul doute que la place du dictateur est faite, et ce de quelque bord qu’il soit.

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Le vrai Penseur, en même temps qu’il Pense, pense aussi, non seulement ses Pensées, mais encore la genèse de ses Pensées.

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Le pire, ce sont ceux qui feignent l’impersonnalité, juste histoire de nous inoculer les problèmes dégueulasses de leur « moi profond », ce qui, soit dit en passant, ne nous intéresse pas du tout.

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Au fond de tout mémoire universitaire gît un névrosé ou un histrion. À tout prendre, je préfère le second, quoi qu’il puisse être pervers en ceci qu’il veut nous faire accroire que l’on rit à ses dépends.

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Problème des philosophes qui écrivent mal : ils ne peuvent rien caché, un peu comme les films de Clint Eastwood, caractérisés par une littéralité qui peut nous faire penser qu’il prend le spectateur pour un con.
Le problème du philosophe qui écrit bien est différent, dans la mesure où, l’un dans l’autre, il prétend à l’immortalité. En terme purement stylistique, seul Lacan tire son épingle du jeu. Pourquoi? Mais parce qu’il se fout pas mal d’être compris.

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Plus on lit, moins on lit.

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Si l’on croyait au Destin au lieu que de s' »indigner » stérilement, la forme même de la politique aurait déjà changé depuis longtemps, dans la mesure où seuls les bouffons tiendraient au Pouvoir.
J’écrit cela tandis que deux cuistres prétendent à la fonction suprême.
( 04.05.12 )

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Il n’est pont dans mon genre que de croire, non. Mais la certitude ne me convient pas non plus. Ha!, oui, – je suis sceptique comme on ne l’est pas, je doute de tout avec barbarie.
( « And i will schaout my barbaric Yawp on all the tops of the world »
Walt Withman )

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Il y a une volonté d’erreur comme il y en a une de vérité. Cela, ce n’est rien. Le problème, comme toujours dans ce genre de question, c’est qu’il y a aussi un instinct d’erreur.

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Morale de la drogue, éthique des tranquillisants. À moins que ce ne soit l’inverse.

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On reconnaît un vrai insomniaque à ceci qu’il est tellement sûr de ne point dormir qu’il s’inquiète du sommeil des autres…

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Ceux qui prétendent à l’Universalité, les philistins et autres humanistes, seraient bien emmerdés si, un beau matin, ils trouvaient la Vérité. C’est qu’il la leur faudrait mettre en pratique.
Mais, à ce sujet, point trop besoin de s’inquiéter; se complaire dans des « vérités d’erreur » est par trop confortable. J’en suis à attendre encore un détrompé, ceux que j’ai connus m’ayant fui.
Imagine-t-on la lucidité partagée? Ce serait une contradiction dans les termes.

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Le principal défaut du Christ, ce sont les Évangélistes : ils écrivent trop bien pour que l’on adhère au St Homme.

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