Panique

Panique.

Je ne comprends plus rien. Essoufflé? Difficultés. D/s le Réel. Idées à la con. Peur intense. Ça va mieux.

***

Panique.

Je m’y perds… Je ne suis p/s… Quoi? Chaud, il fait chaud, non? D/s les ruines de la conscience. Allo. Qui m’appelle? Beaucoup de questions, peu de réponses. je vais craquer. Complètement désorganisé. Corps gazeux, sans organes. Ha, ça, oui, on peut dire que je sais ce que c’est, le CsO.
Retour vers une certaine forme d’indifférencié. Régression psychotique en pleine panique de manque…
Je n’étais p/s prévu d/s la Plan. Ça pue la merde. Est-ce moi? Doute, en ce matin… Qu’est-ce qu’on en a à foutre? De quoi, please? Encore v/s? De quoi? Le pire, là-dedans, c’est de ne p/s comprendre : « J’aimerais tellement v/s comprendre. » Elle fait comme moi. P/r les Autres, oui, – m/s qui sont les Autres?

***

Attaque des projets. Projet sur projet. Je suis rongé par les projets, oui… Mon plan mental est comme strié, pro-jeté d/s l’Inconnu. Quel est le rôle de Miles là-dedans? Encore une salve de pro-jets. Hatroce!

***

Peur.

Cœur qui s’emballe & perte, perte d/s le sens de chute, oui : je chute en moi-même, par peur. Je voudrais tant récupérer le monde. « Moi, ça, oui, on peut vraiment dire que je n’ai p/s de monde. Tête qui tourne, comme ces haffreuses nausée d’antan. Encore le cœur qui s’emporte, merde!
Grands gestes, panique. Ça continue. Horreur & triple horreur! Ça y est : je n’y vois plus clair. Impression de ne p/s être en sécurité. Ça marche par pertes successives, perte du monde. Que celui qui n’a jamais été au monde me jette le 1ère pierre. Peur intense d/t je vis.Il va falloir que j’aille au vestiaire… Qu’est-ce que ça veut dire?

***

Panique + 25′.

Encore de grosses difficultés à cerner le Réel. Oui : toujours ces phénomènes de pertes & d’obturations, & ces vagues hallucinations. Tenir, ça ne peut plus durer longtemps… Du moins j’espère…

***

À une Raison.
« Mais, las, j’ai trop pleuré, les aubes sont navrantes
T/te lune est hatroce & t/t soleil amer. »
Rimbaud

Je viens d’avoir une idée raisonnable. Incroyable! Oui, une vrai Pensée, &, même, une Pensée de Philosophe. Ça y est : je suis sauvé. Je me baigne d/s la Raison, je m’y déploie. Ma Pensée est sûre, mes Raisonnements.
Il faut avoir connu ces moments où la Réalité fait défaut, ces moments de perte, de pertes par plaques de Réalité, p/r savourer ce présent idoine, certain, – du moins autant que le South. La Santé, « seul idéal admissible », du moins p/r Jaques Rivière, hé bien je l’ai.

Demeure t/t de même un certain phroid, une distance, m/s je sais, JE SAIS que je vais me rapprocher du monde, je sais que cette Angoisse de morcellement va s’atténuer. « Breath man ».

Fragments Hatroce, IV

CARNET DU MANQUE DE CAME

Je comprends mieux les écrits d’un fou que ceux, lucides, de quelqu’un qui jouit de toutes ses facultés. Je ne développerai pas car j’en suis incapable, – mais à bon entendeur…

***

je ne recourrai à la schizophrénie qu’en un cas ultime. je veux dire lorsque le manque aura atteint une telle intensité qu’il me sera impossible de faire autrement.

***

nuit de baise,
alcool & ceci :
je suis vieux

***

L’Angoisse est trop forte, je ne vais pas tenir

***

il y a une folie abstraite, une démence certaine autant qu’un South, ce point de rupture, – de Séparation

***

estomac souffre & gorge, oeil, crâne

***

je veux parler de la perte du corps, de ce sentiment rassurant d’avoir un moi, d’être quelqu’un de défini, – & pas mort

***

je veux décrire avant tout les oscillations du moi, le fait que le moi, le je-suis, n’est pas une donnée
& la possible interruption de la conscience & les subites obturations de l’Impossible

***

atroce cité & atrocité

***

tremblements, troublements, impossible de m’y faire je n’arrive plus à maîtriser ce qu’il m’arrive

***

non, non, je ne puis plus rien comprendre, non, & je suis sereinement privé d’Idées, de position, – de moi

***

& l’Angoisse monte, je ne puis la stopper il y a cet état d’absurde Étrange dont je ne puis me désolidariser

***

mais je refuse de me plaindre, oui, non, car ce n’est pas assez jazz pour moi

***

à la verticale de la mort

***

surface de la vie,
s/s face de la mort

***

tête complètement vide, que dire

***

il n’y a ici que de morts

***

le fait est qu’il faut accepter de s’arrêter, de ne plus rien faire &, oui, je conseille au schizo de stopper toute activité, de se coucher, recroquevillé en lui-même, afin de patienter
patience mais non, non

***

elle a raison c’est sur la durée qu’il faut juger du truc oui, mais je ne pourrai p/s endurer plus longtemps cette mort

***

reprise des tremblements

***

renoncer voila le Truc

***

je préfère, oui, encore lire quelque-chose de discontinu Mais, non : m’arrêter & disparaître

***

brusquement, souffle coupé

***

qu’y aura-t-il
à l’Autre bout de la douleur?

***

putain!, je vais vomir…

***

l’os est le pire à ressentir
crâne aussi

& sang ruiné,
coulant

sève & lymphe abjecte

***

encore une idée géniale de C. Laplace, mais on ne les compte plus

***

extase

***

ordre de macération
intestin
sang

***

je ne suis que trop habitué à vivre dans l’Atroce

***

me défaire pour me refaire

***

kyste du moi

***

cancer!

***

il me faut colmater mon moi

***

péristyle
?

***

& je dis :
œil
os
& nerfs à fleur de peau
& peau à fleur de nerfs, etc.

***

& vous m’emmerdez tous je vous
tousse

***

suspension crucifixion
dommage pour toi, chérie

***

salves de langage

***

Slaves de langage?

***

en manque supporter
cet état supporter comme

***

œil magnétique
maléfique

***

je refuse le moi qu’on m’a fait
& je m’en construits un autre
ce que j’ai toujours fait

d/s ce genre d’histoire
malpropre

***

cet arrêt d/s le domaine de la sensibilité, véritable stupéfaction, stupeur & désarroi

***

gésir
silence dormant

***

frace boule de goule nasse

***

reversé
de l’autre côté du moi
cet état de quasi-mort
entretenu par le Manque

***

q/d sourd le multiple
râpe de l’individualité

***

sieste,
sommeil physique
concret mais mon cœur

bat trop vite
& s’arrête
au moment de l’asphyxie le réveil
se fait

Douleur

***

peau à peau paupière
nerfs à nerfs & nez à
nez

***

choc que mon cerveau ne peut plus supporter

***

il faut prendre les armes! lesquelles?
hé bien, tous types d’armes
mais surtout les miracles

***

Angoisse atroce
crâne & os

***

le moment
où la conscience
s’éveille je dis que ce temps est maudit

***

d/s le vent
le pet psychique

***

on m’a volé mon moi
de toutes les sales façons
d/t on a aussi fait ma vie

***

Ce week-end, j’ai passé mon temps à fixer le mur*

***

À ce niveau, j’ai dépassé l’Horrible…

***

je ne me souviens plus de rien

***

d/s la tornade Pensante

***

Mes contemporains me collent la nausée.

***

Seresta. ( 50mg )

***

incapable de rien comprendre

***

os phroids

***

deux cures qui ont échouées
maintenant, je me prends en main

***

ce qui importe, ce n’est pas d’apprendre l’Histoire, mais de concevoir l’Esprit même de la Viande.

***

& q/d je dit « Viande », il faut comprendre une âme bien saignante, sanglante.

***

Tu délires, Laplace, on me dit.
mais en fait p/s du tout : je fais une thèse, une synthèse.

***

vérité du suicide n’est pas jugé par le tribunal de la Raison, mais par celui du Manque

***

q/d je rencontre quelqu’un, n’importe-qui, je ne puis m’empêcher d’envisager sa mort, a/c cette idée : que perdra-t-on, au fond?…

***

un seul mot pour éclairer la Clinique

***

Tiens!, un écrivain. J’en rencontre de plus-en-plus & finis par me demander si cela, en temps de crise, ne cacherait tout simplement p/s un chômeur…

***

un repas,
cuisine de l’Âme

***

A/c cette boule d/s l’estomac, ces raclements de gorge, vomissures & chiasse

***

pensée
terre du taire

***

je ne suis p/s surréaliste, non, mais je reconnais que ce mouvement a été libérateur.

***

& je dis que les travaux Universitaires, même & y compris les miens, ne sont que du verbiage sans Voix, sans compression optimale du larynx & de la « Boule à cri » qui seule permet de Penser correctement, & non de travers

***

il faut se défaire des addictions, oui, car elles n/s fixent d/s un monde & cette termatique hyper-claustrophobique me coupe le souffle

***

& c’est pour cette raison maximum
que je refuse un verre
& de l’héroïne

& toutes les drogues où il n’est pas seulement question d’apprécier la vie, mais de la fuir
alors qu’en fait on ne fuit pas m/s on s’enfonce
s’engonce
d/s la vie
& s/s la vie
& par là je veux dire surtout :
se bouffer les angles de l’existence

***

âme liquide

***

& cessez de me manger!

***

oui, oui, il semble admis que, ces temps-ci, tout le monde veut me manger, que tout le monde tient à me digérer, histoire de contenir mon délire dans les limites du raisonnable
mais, pardon, laissez-moi profiter du Manque

***

la mort est une invention qu’il faut tuer

***

l’épine d/s l’œil du voisin, peut-être, mais qu’en est-il de la seringue d/s son propre bras?

***

moment d’arrêt q/d Sonny Stitt se lance il croit avoir inventé le be bop, mais son touché, parfois, confine au génie

***

À ce stade, hé bien, je dois le concéder, je ne sais plus ce que je fais

***

& je raconterai l’Histoire, c-à-d la viande, du schizo non repenti

***

la Vérité, Dr, c’est que je suis l’Auteur anonyme de toute la littérature mondial. & que cette dernière ne fait, subrepticement
que parler de moi
sa folie, c’est elle
& que non p/s moi

***

Que dire q/d c’est l’Esprit qui hausse les épaules?

***

aspiré par un Néant sans fond

***

Les Voix sont ce qu’il y a de plus difficile à supporter, mais l’on peut les agir à sa guise

***

m/s il y a ces moments d’intenses fatigues où je pourrais me coller au lit pour l’Éternité

***

Abdication!

***

AGITATION!

***

Mon Dieu!, je suis aveugle!

***

de quel côté
diriger ma conscience?

***

m/s ces trous d/s la conscience?

***

A/c cette
Angoisse qui monte

***

je ne sais plus
si le soleil se lève ou s’il
se couche

***

la mort est dure
durcifiée

***

allongé,
désespéré
le Temps, l’urgence de dire

***

la détente,
pourtant
serait que d’être
Rassemblé

***

à l’horizontal
dormant ne
dormant pas

***

corps d/s toutes
les directions

***

j’enlève mon corps

***

les rêveries mystiques : sur ce que l’on n’est pas.

***

anéanti!

***

impossible d’écrire!

***

rumeur intestine
intestinale

***

en pleine forme? T’as pas honte?…

***

vagues de pure Peur

***

Horribles hésitations

***

je sombre d/s le Néant concret

***

de mon âme qui bégaye

***

& je ne puis être continu, – suivi.

***

Ouvert à tous les Vents,
j’essaies de ne pas tomber
d/s l’indifférencié

***

tuberculose?

***

je lis d/s les chiffres supputés

***

manque atroce!

***

perte d’Identité

***

Que Lui dire?…

***

Je ne suis p/s encore tout-à-fait n manque, mais ça va venir…

***

« Leave it abstract »

***

méditant des heures su le Rien

***

le Néant

***

le manque point à l’horizon abjecte

***

Extase blanche

***

Peur

***

hésitations de pire en pire

***

la conscience, oui, oui, voila le Mal

***

je serai crucifié
sur l’Autel du Destin

***

Oups, un lapsus

***

Contre tout ce qui arrête
les stases, les claustrophobies les
agoraphobies,
etc.

***

se tenir
au Grand Matin
position conquérante
Abstraite

***

je suis cet éternel
incoercible
morceau de viande
qui pue

je suis
ce moment
du Manque

***

je ne me laisserai arrêter
– ni par la police
– ni par les psy
– ni par les dealers

***

cette nausée,
toujours
q/d on est en manque

***

corps inutile corps
au chômage

***

explosion du corps

***

implosion, en fait

***

je ne suis qu’un trou, rien qu’un petit cancer proliférant à l’infini

***

s’enfoncera-t-il?
d/s l’Horreur du manque

***

bruits, bruits, BRUITS!

***

boule d/s l’estomac

***

retranché de moi-même,
mille fois coupé
de mon inné sentiment
de sang

***

qui? Mais, non, je veux dire :
MENSTRUEL

***

dissocié!

***

je suis en décomposition je
pue

***

moi,
hé bien,
je dis que le moment-Christ, le petit Jésus
était un arrêt

& peu importe!

***

en effet :
l’enchristation,
voila ce que je veux dire
& que les trois quart de l’Humaine Humanité
est arrêtée par le baptême

***

Le kyste, oui,
tout aussi bien

***

mais l’ensemble des suppurations
& autres vagins malpropres
l’Angoisse qui me fait délirer

***

j »aurais bien voulu tenir un Journal du manque, mais j’en suis bien incapable, oui, dans la mesure où je ne puis rien faire de suivi, & de bien Pensé… Mais il y a un délire,
une forme de Pensée
qui fait délirer le langage
& bégayer
comme un bébé qui fait un caprice

d/t je suis

***

Il me fallait trouver la Méthode & me faire une Voix, mais on m’a volé ma Voix, & je n’entends plus rien

***

qui dira?
la Poésie
des vertèbres cassées
scindées telles d’affreuses schizophrénie

***

La joie atroce

***

ce chaos, cette impression d’É(s)trangeté, voici qu’ils reviennent
d/s les moments de Panique certaine d/s les

Vitesses & le jazz

***

faut que
l’artère médullaire
se propose
que d’être mangée
une bonne fois

***

je pourrai enfin dire
la Vérité de l’OS

***

poème des gencives
& des gingivites,
etc.

***

Je conseille à qui est en renonce de s’allonger sur son lit pour ne rien y faire, hormis attendre, attendre,
– Patience de la Mort

***

Cher Amis,

Sachez que j’en ai plus que mare de souffrir, sachez que je ne suis pas un Reborn joyeux qui passe son temps en photographies mentales.
Qui plus est, la majorité d’entre vous ne comprends pas les vérités du manque, ne comprend p/s ce qu’est, en réalité, le Besoin algébrique & précis

du Manque…
Alors, lorsque je refuse de v/s voir, lorsque je remets de RdV à plus tard,
mais c’est-à-dire à Jamais,
vous croyez que c’est parce que je ne vous aime pas,
ce qui est en partie vrai

Mais en fait je suis idiot, & je ne tiens pas plus que ça à ce que v/s me voliez ma souffrance. De fait, il est quasi-impossible p/r v/s que d’imaginer à quel point je suis en Manque, à quel joint, – pardon : point… – j’ai besoin d’être seul

& amer…

Mais, allez, je ne v/s en veux pas, d/s la mesure où, p/r v/s, le manque est quelque-chose d’abstrait que v/s avez lu d/s les livres comme Morphine, de Bulgakov, Le festin nu, de Burroughs, etc.

***

&, oui, il est plus-que-certain que j’en sortirai vainqueur, avec un peu de souffrance, lavé par on-ne-sait-quel baptême

Ha!, j’oubliais : j’aime souffrir…

***

ils croient qu’ils vont pouvoir vivre ma Douleur par procuration, qu’il leurs ait possible que de se nourrir de moi, de mon estomac
ne savent-ils p/s que je n’ai p/s d’estomac, justement,
hormis peut-être un ulcère bien sanglant
un peu comme un flux menstruel que je ne fait que baver

***

l’enfer de toutes procréation
je m’insurge :
je ne suis pas né

***

En manque,
nerfs tendus,
du côté de la vie

Mais je me tourne comme une masse
& il y a cette impossibilité de sortir

***

& je veux que v/s arrêtiez de me violer!

***

mon moi s’arrêtre

***

pendant une vague sieste & le coeur qui s’arrête. Une certaine idée de la Mort, une certaine notion : disparition. M/s, non, l’on ne peut envisager sa propre absence, sauf à être
ailleurs que d/s la Vie

***

je suis le je
catapulté je est le il,
le je le n/s
& venez p/s me faire chier!

***

langue de l’Anus
intestinale

***

Sphincters

***

Peur,
corps gazeux

& cette lucidité
que je ne supporte plus

***

il faut que
la réalité

fasse figure de mystère

***

Manque atroce!

***

me fait défaut
ce point d’équilibre
que savent si bien procurer les drogues

***

je suis l’Égarement

***

plus ça va, moins je pense avoir un corps

***

Angoisse calfeutrée
un peu niée

***

& je dis qu’il y a une économie,
une politique du Désir,
de l’achat compulsif
ou impulsif

jusqu’à la chatte d’une vieille pute

***

une Angoisse
précise
& insupportable

***

abrutissement complet!

***

siphon d’Angoisse

***

J’en ai assez que l’es médecins ne cessent de réduire mes traitements, j’en ai plus qu’assez qu’on ne me laisse p/s vivre sédaté, au moyen de quelques drogues bien choisies

***

& il faut bien s’inscrire d/s l’horreur, d/s l’éclatement
continuel
du moi

***

pressions sur mon moi

***

un oeil d/s l’estomac

***

un jour,
je libérerai
mon délire & plus personne
ne sera
en sécurité

***

ANGOISSE!

***

porter l’Œdipe à son max pour le neutraliser. ( Luca )

***

t/t pour masquer
marquer-signer
le stade terminale du manque

***

putain!, je comprends même plus ce qu’on me dit

***

œil collé
à la Réalité

***

& la
Réalité elle-même
se décolle

***

atroce, angoisse & manque

***

est-ce que je délire à ce point?…

***

sensations de pression

***

Peur!

***

moi,
boule d’Angoisse
replié

vacant

***

je n’emmerde personne, & j’attends que les autres en fassent autant

***

Mais, allons, est-ce important?

***

idiotie quasi-complète

***

je ne comprends plus rien!

***

« spasme fixe »
G. Luca, Le vampire passif

***

nerfs
hyper-
tendus

***

carne,
moi,
de cadavre

***

l’inter rieur

***

L’un taire ailleurs

***

l’un tailleur & l’entailleur

***

& je vais proférer une vraie Pensée Schizo, je dirai
le conte de la Mort

***

la réalité se déplace par plaques

***

délire du visage

***

Paroxysme d’intensité

***

le manque est atroce!!!

***

j’ai sommeil

***

cœur qui s’arrête
pendant la sieste

***

c’est de pire en pire!

***

pensée déracinée, stupéfiée

***

immobile, attendant

***

J’attends que ça passe…

***

joie impossible!

***

stupeur & effroi

***

vitesses!

***

je retrouve toujours ces états de manque atroce, de Besoin Absolu

***

le langage se défait

***

renversez le corps!

***

« seul le fou est bien calme »
Artaud

***

je ne suis p/s encore en manque, m/s ça va venir

***

allongé,
nerfs tendus

***

chaos intérieur,
inférieur

***

complètement arbitraire…

***

projets!!!

***

elle déverrouillera
les nœuds de ma personne

***

surtout, rester calme, oublier cette drogue qui s’épuise en moi

***

fasciné, morbide

***

t/t tourne, oeil bouleversé

***

tremblements troubles

***

bizarre,
bizarre

***

Angoisse, atroce

***

viande recluse d/s les silos

***

vide mental

***

admonester une chèvre

***

« Je crois aux conjurations spontanées »
A.A

***

crâne, os,
pluie

***

cœur qui bat trop vite

***

chaos,
hallucinations

***

tiens!, elle lui ressemble
« & elle ne ressemble
à rien »

***

Peur!

***

vitesses, vitesses atroces & brisantes

***

violent appel
Mathématique

***

vertige

***

cadavres

***

horrible au-delà de l’Horrible!

***

vision périphérique

***

vitesses du parjure

***

dents de la Pensée

***

éjaculation psychique

***

Intelligence affutée

***

tête œil crâne os

***

péri-crâne

***

extrême joie…

***

serais-je toujours en vie en mort en forme de mort qu’est la Vie qu’elle me dira mais ce disant ce sera la mort ma mort la mort en vie inventée par la vie

***

scarifiée la peau & manger des Anges

***

J’oublies tout m/s j’oblitère

***

« Celui qui se transforme en se délivre de la douleur d’être un homme. »

***

prescience…

***

Q/d se déroule un évènement capital d/s vôtre vie, il convient, du moins si l’on a du goût, d’être ailleurs.

***

Bar à Tapas ou bar à tapin?

***

Idiotie complète, impossible de Penser

***

La Volonté est une Chance, la Chance une Volonté

***

Cher Monsieur,

Vous m’avez dit de réduire 50mg de Seresta &, de ceci, je vous en ai voulu. J’ai baissé hier au soir &, je dois l’avouer, j’ai bien dormi. Mais le fait est que j’arrête aussi la cigarette, & que la conjonction de tous ces manques me rendent un peu fou & délirant.
Rassurez-vous, cependant, dans la mesure où je mène une vie tout-à-fait normale, sans aucun signe de délire au sens clinique.

***

Mais dans quelles mesures ne faudrait-il pas envisager le Manque comme une Chance, au sens où Bataille, dans Le coupable, parle d’une « Volonté de chance »? Mystique ou tricherie, toujours est-il que je ne puis prôner la Grande Libération si je ne donne moi-même l’exemple.

***

Vous trouverez sur mon Blog un certain nombre d’écriture quasi-automatiques, auto-clinique.

– & voila où je voulais en venir avec toute cette histoire d’Artaud, dont je ne vous ai que modérément entretenue. Je tentais de clarifier mes rapports avec cet Auteur (? ), pensant que sa soit-disant « Poésie » n’était que du délire clinique, quand je me souvins du livre de Deleuze Présentation de Sacher-Masoch, dans lequel le philosophe montre qu’il est rare, pour une maladie psychiatrique, de donner le nom du malade & non celui du médecin : Sadisme & Masochisme.

***

C’est alors que j’ai élaboré l’une des Idées qui seules peuvent germer dans l’Esprit génial qui est le mien, le concept d’auto-clinique, qui est en fait à mi-chemin entre un tableau nosographique.

***

Bref, cette idée m’a permis de me sortir d’un mien dilemme : la poésie d’Artaud n’est pas à proprement parler à ranger parmi la littérature, ni dans le cadre de la psychiatrie. Les limites du monde asilaire, ça, peut-être, mais c’est un concept, & il n’y a pas de littérature conceptuelle!

***

& voici mon idée : moi qui suis sans cesse à l’affut d’états psychiques-limites, je devrait me réjouir d’être en manque, c-à-d : tout sauf me plaindre.

***

il me fallait ouvrir cette porte, cet incertain miroir, m/s j’avais trop peur, les mines altruistes de l’enfant-chaman

***

cette horreur, d/s le manque, hurlez donc si, au moins, v/s pouvez v/s brancher sans flipper

***

Quelle Machine que Ma Chine

***

prôner la rare Hallucination, subversion par défaut

***

je bois p/r oublier au point que j’en oublis de boire

***

encore une fois, je vais rien dormir de la nuit

***

je crois aux hasards objectifs & aux rencontres-natures

***

j’ai oublié d’oublier

***

rien ne donne de sens à rien

***

horizon de mort à la verticale du vertige

***

Peur

***

Agitation!

***

il fallait que je parvienne à l’Automatisme pur & simple, que je conquiers le Système, – l’Inconscient

***

narcose
nécrose

***

caresse arrache-cou, choux, genoux, etc.

***

Manque atroce

***

la boucle je ne parlerai que
de la Boucle rien ne va
contre son caprice-
Karma

***

il y a toujours ces vitesses, ces vitesses de brisements, de véritables éjaculations de conscience

***

passée la conscience, zones œdipiennes de pestes

***

croûtes, érections de certitudes

***

boule d/s le ventre & Angoisse

***

du sang
« she said : her periods »

***

tremblements atroces!!!

***

AGITATION!!!

***

il faut trouver une logique folle

***

Souffrance :

allez rejoindre l’Autre côté du matin

l’inverse de l’inverse

non?

complètement surréaliste…

douleur, me voici

Angoisse surmultipliée
cultiver l’exaspération, c’est l’honnêteté du Sillon

logique rêvée n’est p/s rêve logique

t/t le monde prononce mon nom…

***

Cyclone mental

***

matière du souffle

& non renverse

***

je dirai oui-oui aux propositions indécentes
comme la Mariée de Jadis,
moi,
ivre & cocaïné

***

T/t va de plus-en-plus vite; j’ai du mal à tenir le rythme
quel rythme?
le mien

***

Grands gestes d/s t/t les sens de la Patrie

***

« ordre fulminant »?
– tu m’étonnes!

***

– dépression?
– que Non!

***

je capte complètement le Truc

***

crâne? Tu te répètes…

***

halluciner le monde, voila ce que je veux

***

Église-Usine

***

abrutissement complet

***

je ne peux pas!

***

ratiocinations

***

c’est toujours p/s clair…

***

fatigue atroce & meurtre

***

Je compatis, oui…

***

Il va me falloir être de plus-en-plus surréaliste

***

Car j’ai le surréel d/s la peau

***

justement, d/s quelle mesure la Réalité, ou ce qui est tellement réputé, est-elle réel?…

***

l’Art abstrait n’existe pas

***

transposition, translation
du désir

***

Trans-spoliation

***

Rien
ne sera
plus jamais
comme Avant

***

j’avais la clef
de la Vérité jamais je n’en ai
trouvé
la porte

***

vérité du sommeil n’est p/s vérité du matin

***

Panique.

Péri-vision, tremblements
transe
difficultés d/s la Réalité

panne?
d//s la Réalité
Oui

un œil apparaît
d/s la Tombe arrachée, de veines tranquilles

T’es complètement surréaliste…

Oui, plus surréaliste que les soit-disant « avant-gardes »
J’ai le surréalisme d/s la peau
Étrange, attaque de l’Étrange
Difficultés à Penser
apparitions-disparitions
Wi fi
Qu’est-ce que je dis?…

branches-toi & flippe
sec prends-en plein la gueule

***

Seresta.

enfin,
dormir
& la Culture Française s’en portera mieux elle ne sera plus dérangée
par mes Geysers, mes éruptions Pensantes & mes saloperies physiologiques

Je veux dire par mes échos, mes ratiocinations

Oui, justement, se produit un certain phénomènes d’échos
Qui me fait flipper,
oui, des échos & on vole mes Pensées
Actives, agissantes,
oui, mes Pensées,
mais j’en ai encore en stock
oui ou non?

NON

Car la Vérité est que je n’existe même p/s
& que personne ne me voit
( Fantômes des nuits Parisiennes )

***

Fin des échos, car j’ai monté le son de mon iPod
& que la technique sert à ça : arrêter les Voix
fêtes techno d/s les rues?

Mais qui a dit ça?!!!

mon estomac se digère lui-même & ma conscience prend conscience d’elle-même
Hatroce
Tremblements, troublements
Comme A/c l’Acide
Et la Panique recommence

***

Panique, II

Est-ce que je délire?, – vite, du Zyprexa en sublinguale
Mais avant même que j’aie eu le temps de le prendre, une furieuse JOIE s’empare de moi. Une Joie Hatroce, maladive, à v/s faire délirer « les races & les continents/ Je croyais à t/s les enchantements. » Joie par salves, par phases, Hatroce au-delà de l’hatroce
& quand vais-je donc me décider à écrire correctement, bordel de Dieu?

***

Zyprexa, 5mg, en sublinguale…

Ça s’arrête brusquement, toute cette Joie, mais il y a toujours ces vibrations, ces tremblements qui me troublent. Horreur! Acide? Ai-je, oui ou non, pris de l’Acide? Non, en vérité, mais.. Si on m’en avait refilé à l’insu de mon plein gré?… caféthamine? Ho, merde, ça y est : j’invente des mots…
& mon orthographe se faufile d/s des draps Norwegiens. ce qu’ils m’ont piqué, moi, m/s afin de jouer quel rôle?… Hamlet? Brian Jones? Londres ou L.A? Ode maritime, Whitman ou Pessoa? Merde!, je délire…

***

MANQUE

12h,

Le malaise commence, MANQUE & perturbations. Une boule d/s l’estomac,
replié sur moi-même, m/s en pleine Extériorité, l’Étrange débute, impossible à contrôler,
réactions, actions,
Impossible
je dévisse telle une place boursière
difficile, TRÈS difficile
idées de traverses, la Folie
burnous cible synthèse
allons rire d/s l’eau
panne
y a les génies & y a les autres

Éclatement objectal
mort t/t finit
mien moi-moi?

Écartèlement hasardeux obj
KOUFF
massiasse
se ki ro pa de para de
micro-t/t
pas ma ma ma
serious
sarez
mille
& kro!

***

Non, non, je n’ai plus t/te ma Raison, c’est de plus-en-plus difficile! Les vitesses sont atroces, elles me brisent, – me broient
manque!
Bonjour
entre-temps…

La croisée des chemins
& le trafic routier, enfants Vaudou, etc. R U experience?
FRU
arrière péristyle

– Mais, non – je dis n’importe-quoi…

insupportable,
corps de coton
& ça brasse & braise
– trop vite

***

Je suis un désert à moi t/t seul, – un géographe cynique…

***

le cœur charge!

***

Projets! Je grouille de projets.

***

Vision grouillante

***

Faîtes p/s chier!

***

VITESSES

***

Bordel!, les voila!

***

Surtout, oublier que je suis envoûté

***

par contumace

***

replié,
estomac hurlant
je me tourne
du côté
de la Vie

***

Je n’ai plus assez de temps!

***

le manque fonctionne par vagues Sauvages

***

le pire, ce sont les Hésitations

***

« Hésitations blanches »
H.M

***

manque & angoisse

***

Angoisse.

peur

***

Manque.

Tremblements, phroid, rhume, a/c nez qui coule, toujours, q/nd on est en manque. Agitation extrême, peur. Sueurs froides en plein été. Serait-ce la ménopause qui me guette? Idée à la con, oui. –

Hallucinations olfactives. Sécheresse extrême, m/s sécheresse froide. Que t/t est LOURD, lourd, lourd… Vitesses, vitesses brisantes, hallucinantes. Ça sent la merde? Hallu? Va savoir.
VITESSES! Mes vitesses me prennent, me renversent, – me bouleversent.

Croisée des chemins,
nerfs tendus
du côté
Crâne de la Mort

***

Agitation. Impossible. Intoxication, oui…

***

C’est à la faveur de la fréquentation de médecins pour le moins peu scrupuleux que je me suis intoxiqué une énième fois.

***

Émotion hatroce!

***

C’est p/s que je suis p/s bien, non, c’est plutôt que je suis mal.

***

Je n’existe p/s

***

humeur hémorragique

***

Angoisse!

***

ça va. Ça va p/s

***

yeux qui piquent, nez qui coule. je ne vais p/s passer par la litanie de mes états.

***

Il me fallait agir ce rêve, le tourner d/s un sens particulièrement massif, – le vomir…

***

il y avait bien-sûr des phénomènes impondérables & des projets

***

Caleur, chaud, – & froid de ce chaud

***

Effroi de ce chaud & effroi de ce froid chaud

***

espace de la Douleur

***

non : position de la Douleur

***

Le Seresta entre d/s mon corps

***

ajourner les rêves

***

paroi d’Intensité

***

je suis en lambeaux

***

le Sujet? Quelle blague!

***

Ça fait du bien de faire marcher son intelligence, – du moins si l’on en est doté…

***

Panique.

Je ne comprends plus rien. Essoufflé? Difficultés. D/s le Réel. Idées à la con. Peur intense. Ça va mieux.

***

Fragments atroces III

Je comprends mieux les écrits d’un fou que ceux, lucides, de quelqu’un qui jouit de toutes ses facultés. Je ne développerai pas car j’en suis incapable, – mais à bon entendeur…

***

je ne recourrai à la schizophrénie qu’en un cas ultime. je veux dire lorsque le manque aura atteint une telle intensité qu’il me sera impossible de faire autrement.

***

nuit de baise,
alcool & ceci :
je suis vieux

***

L’Angoisse est trop forte, je ne vais pas tenir

***

il y a une folie abstraite, une démence certaine autant qu’un South, ce point de rupture, – de Séparation

***

estomac souffre & gorge, oeil, crâne

***

je veux parler de la perte du corps, de ce sentiment rassurant d’avoir un moi, d’être quelqu’un de défini, – & pas mort

***

je veux décrire avant tout les oscillations du moi, le fait que le moi, le je-suis, n’est pas une donnée
& la possible interruption de la conscience & les subites obturations de l’Impossible

***

atroce cité & atrocité

***

tremblements, troublements, impossible de m’y faire je n’arrive plus à maîtriser ce qu’il m’arrive

***

non, non, je ne puis plus rien comprendre, non, & je suis sereinement privé d’Idées, de position, – de moi

***

& l’Angoisse monte, je ne puis la stopper il y a cet état d’absurde Étrange dont je ne puis me désolidariser

***

mais je refuse de me plaindre, oui, non, car ce n’est pas assez jazz pour moi

***

à la verticale de la mort

***

surface de la vie,
s/s face de la mort

***

tête complètement vide, que dire

***

il n’y a ici que de morts

***

le fait est qu’il faut accepter de s’arrêter, de ne plus rien faire &, oui, je conseille au schizo de stopper toute activité, de se coucher, recroquevillé en lui-même, afin de patienter
patience mais non, non

***

elle a raison c’est sur la durée qu’il faut juger du truc oui, mais je ne pourrai p/s endurer plus longtemps cette mort

***

reprise des tremblements

***

renoncer voila le Truc

***

je préfère, oui, encore lire quelque-chose de discontinu Mais, non : m’arrêter & disparaître

***

brusquement, souffle coupé

***

qu’y aura-t-il
à l’Autre bout de la douleur?

***

putain!, je vais vomir…

***

l’os est le pire à ressentir
crâne aussi

& sang ruiné,
coulant

sève & lymphe abjecte

***

encore une idée géniale de C. Laplace, mais on ne les compte plus

***

extase

***

ordre de macération
intestin
sang

***

je ne suis que trop habitué à vivre dans l’Atroce

***

me défaire pour me refaire

***

kyste du moi

***

cancer!

***

il me faut colmater mon moi

***

péristyle
?

***

& je dis :
œil
os
& nerfs à fleur de peau
& peau à fleur de nerfs, etc.

***

& vous m’emmerdez tous je vous
tousse

***

suspension crucifixion
dommage pour toi, chérie

***

salves de langage

***

Slaves de langage?

***

en manque supporter
cet état supporter comme

***

œil magnétique
maléfique

***

je refuse le moi qu’on m’a fait
& je m’en construits un autre
ce que j’ai toujours fait

d/s ce genre d’histoire
malpropre

***

cet arrêt d/s le domaine de la sensibilité, véritable stupéfaction, stupeur & désarroi

***

gésir
silence dormant

***

frace boule de goule nasse

***

reversé
de l’autre côté du moi
cet état de quasi-mort
entretenu par le Manque

***

q/d sourd le multiple
râpe de l’individualité

***

sieste,
sommeil physique
concret mais mon cœur

bat trop vite
& s’arrête
au moment de l’asphyxie le réveil
se fait

Douleur

***

peau à peau paupière
nerfs à nerfs & nez à
nez

***

choc que mon cerveau ne peut plus supporter

***

il faut prendre les armes! lesquelles?
hé bien, tous types d’armes
mais surtout les miracles

***

Angoisse atroce
crâne & os

***

le moment
où la conscience
s’éveille je dis que ce temps est maudit

***

d/s le vent
le pet psychique

***

on m’a volé mon moi
de toutes les sales façons
d/t on a aussi fait ma vie

***

Ce week-end, j’ai passé mon temps à fixer le mur*

***

À ce niveau, j’ai dépassé l’Horrible…

***

je ne me souviens plus de rien

***

d/s la tornade Pensante

***

Mes contemporains me collent la nausée.

***

Seresta. ( 50mg )

***

incapable de rien comprendre

***

os phroids

***

deux cures qui ont échouées
maintenant, je me prends en main

***

ce qui importe, ce n’est pas d’apprendre l’Histoire, mais de concevoir l’Esprit même de la Viande.

***

& q/d je dit « Viande », il faut comprendre une âme bien saignante, sanglante.

***

Tu délires, Laplace, on me dit.
mais en fait p/s du tout : je fais une thèse, une synthèse.

***

vérité du suicide n’est pas jugé par le tribunal de la Raison, mais par celui du Manque

***

q/d je rencontre quelqu’un, n’importe-qui, je ne puis m’empêcher d’envisager sa mort, a/c cette idée : que perdra-t-on, au fond?…

***

un seul mot pour éclairer la Clinique

***

Tiens!, un écrivain. J’en rencontre de plus-en-plus & finis par me demander si cela, en temps de crise, ne cacherait tout simplement p/s un chômeur…

***

un repas,
cuisine de l’Âme

***

A/c cette boule d/s l’estomac, ces raclements de gorge, vomissures & chiasse

***

pensée
terre du taire

***

je ne suis p/s surréaliste, non, mais je reconnais que ce mouvement a été libérateur.

***

& je dis que les travaux Universitaires, même & y compris les miens, ne sont que du verbiage sans Voix, sans compression optimale du larynx & de la « Boule à cri » qui seule permet de Penser correctement, & non de travers

***

il faut se défaire des addictions, oui, car elles n/s fixent d/s un monde & cette termatique hyper-claustrophobique me coupe le souffle

***

& c’est pour cette raison maximum
que je refuse un verre
& de l’héroïne

& toutes les drogues où il n’est pas seulement question d’apprécier la vie, mais de la fuir
alors qu’en fait on ne fuit pas m/s on s’enfonce
s’engonce
d/s la vie
& s/s la vie
& par là je veux dire surtout :
se bouffer les angles de l’existence

***

âme liquide

***

& cessez de me manger!

***

oui, oui, il semble admis que, ces temps-ci, tout le monde veut me manger, que tout le monde tient à me digérer, histoire de contenir mon délire dans les limites du raisonnable
mais, pardon, laissez-moi profiter du Manque

***

la mort est une invention qu’il faut tuer

***

l’épine d/s l’œil du voisin, peut-être, mais qu’en est-il de la seringue d/s son propre bras?

***

moment d’arrêt q/d Sonny Stitt se lance il croit avoir inventé le be bop, mais son touché, parfois, confine au génie

***

À ce stade, hé bien, je dois le concéder, je ne sais plus ce que je fais

***

& je raconterai l’Histoire, c-à-d la viande, du schizo non repenti

***

la Vérité, Dr, c’est que je suis l’Auteur anonyme de toute la littérature mondial. & que cette dernière ne fait, subrepticement
que parler de moi
sa folie, c’est elle
& que non p/s moi

***

Que dire q/d c’est l’Esprit qui hausse les épaules?

***

aspiré par un Néant sans fond

***

Les Voix sont ce qu’il y a de plus difficile à supporter, mais l’on peut les agir à sa guise

***

m/s il y a ces moments d’intenses fatigues où je pourrais me coller au lit pour l’Éternité

***

Abdication!

***

AGITATION!

***

Mon Dieu!, je suis aveugle!

***

de quel côté
diriger ma conscience?

***

m/s ces trous d/s la conscience?

***

A/c cette
Angoisse qui monte

***

je ne sais plus
si le soleil se lève ou s’il
se couche

***

la mort est dure
durcifiée

***

allongé,
désespéré
le Temps, l’urgence de dire

***

la détente,
pourtant
serait que d’être
Rassemblé

***

à l’horizontal
dormant ne
dormant pas

***

corps d/s toutes
les directions

***

j’enlève mon corps

***

les rêveries mystiques : sur ce que l’on n’est pas.

***

anéanti!

***

impossible d’écrire!

***

rumeur intestine
intestinale

***

en pleine forme? T’as pas honte?…

***

vagues de pure Peur

***

Horribles hésitations

***

je sombre d/s le Néant concret

***

de mon âme qui bégaye

***

& je ne puis être continu, – suivi.

***

Ouvert à tous les Vents,
j’essaies de ne pas tomber
d/s l’indifférencié

***

tuberculose?

***

je lis d/s les chiffres supputés

***

manque atroce!

***

perte d’Identité

***

Que Lui dire?…

***

Je ne suis p/s encore tout-à-fait n manque, mais ça va venir…

***

« Leave it abstract »

***

méditant des heures su le Rien

***

le Néant

***

le manque point à l’horizon abjecte

***

Extase blanche

***

Peur

***

hésitations de pire en pire

***

la conscience, oui, oui, voila le Mal

***

je serai crucifié
sur l’Autel du Destin

***

Oups, un lapsus

***

Contre tout ce qui arrête
les stases, les claustrophobies les
agoraphobies,
etc.

***

se tenir
au Grand Matin
position conquérante
Abstraite

***

je suis cet éternel
incoercible
morceau de viande
qui pue

je suis
ce moment
du Manque

***

je ne me laisserai arrêter
– ni par la police
– ni par les psy
– ni par les dealers

***

cette nausée,
toujours
q/d on est en manque

***

corps inutile corps
au chômage

***

explosion du corps

***

implosion, en fait

***

je ne suis qu’un trou, rien qu’un petit cancer proliférant à l’infini

***

s’enfoncera-t-il?
d/s l’Horreur du manque

***

bruits, bruits, BRUITS!

***

boule d/s l’estomac

***

retranché de moi-même,
mille fois coupé
de mon inné sentiment
de sang

***

qui? Mais, non, je veux dire :
MENSTRUEL

***

dissocié!

***

je suis en décomposition je
pue

***

moi,
hé bien,
je dis que le moment-Christ, le petit Jésus
était un arrêt

& peu importe!

***

en effet :
l’enchristation,
voila ce que je veux dire
& que les trois quart de l’Humaine Humanité
est arrêtée par le baptême

***

Le kyste, oui,
tout aussi bien

***

mais l’ensemble des suppurations
& autres vagins malpropres
l’Angoisse qui me fait délirer

***

j »aurais bien voulu tenir un Journal du manque, mais j’en suis bien incapable, oui, dans la mesure où je ne puis rien faire de suivi, & de bien Pensé… Mais il y a un délire,
une forme de Pensée
qui fait délirer le langage
& bégayer
comme un bébé qui fait un caprice

d/t je suis

***

Il me fallait trouver la Méthode & me faire une Voix, mais on m’a volé ma Voix, & je n’entends plus rien

***

qui dira?
la Poésie
des vertèbres cassées
scindées telles d’affreuses schizophrénie

***

La joie atroce

***

ce chaos, cette impression d’É(s)trangeté, voici qu’ils reviennent
d/s les moments de Panique certaine d/s les

Vitesses & le jazz

***

faut que
l’artère médullaire
se propose
que d’être mangée
une bonne fois

***

je pourrai enfin dire
la Vérité de l’OS

***

poème des gencives
& des gingivites,
etc.

***

Je conseille à qui est en renonce de s’allonger sur son lit pour ne rien y faire, hormis attendre, attendre,
– Patience de la Mort

***

Cher Amis,

Sachez que j’en ai plus que mare de souffrir, sachez que je ne suis pas un Reborn joyeux qui passe son temps en photographies mentales.
Qui plus est, la majorité d’entre vous ne comprends pas les vérités du manque, ne comprend p/s ce qu’est, en réalité, le Besoin algébrique & précis

du Manque…
Alors, lorsque je refuse de v/s voir, lorsque je remets de RdV à plus tard,
mais c’est-à-dire à Jamais,
vous croyez que c’est parce que je ne vous aime pas,
ce qui est en partie vrai

Mais en fait je suis idiot, & je ne tiens pas plus que ça à ce que v/s me voliez ma souffrance. De fait, il est quasi-impossible p/r v/s que d’imaginer à quel point je suis en Manque, à quel joint, – pardon : point… – j’ai besoin d’être seul

& amer…

Mais, allez, je ne v/s en veux pas, d/s la mesure où, p/r v/s, le manque est quelque-chose d’abstrait que v/s avez lu d/s les livres comme Morphine, de Bulgakov, Le festin nu, de Burroughs, etc.

***

&, oui, il est plus-que-certain que j’en sortirai vainqueur, avec un peu de souffrance, lavé par on-ne-sait-quel baptême

Ha!, j’oubliais : j’aime souffrir…

***

ils croient qu’ils vont pouvoir vivre ma Douleur par procuration, qu’il leurs ait possible que de se nourrir de moi, de mon estomac
ne savent-ils p/s que je n’ai p/s d’estomac, justement,
hormis peut-être un ulcère bien sanglant
un peu comme un flux menstruel que je ne fait que baver

***

l’enfer de toutes procréation
je m’insurge :
je ne suis pas né

***

En manque,
nerfs tendus,
du côté de la vie

Mais je me tourne comme une masse
& il y a cette impossibilité de sortir

***

& je veux que v/s arrêtiez de me violer!

***

mon moi s’arrêtre

***

pendant une vague sieste & le coeur qui s’arrête. Une certaine idée de la Mort, une certaine notion : disparition. M/s, non, l’on ne peut envisager sa propre absence, sauf à être
ailleurs que d/s la Vie

***

je suis le je
catapulté je est le il,
le je le n/s
& venez p/s me faire chier!

***

langue de l’Anus
intestinale

***

Sphincters

***

Peur,
corps gazeux

& cette lucidité
que je ne supporte plus

***

il faut que
la réalité

fasse figure de mystère

***

Manque atroce!

***

me fait défaut
ce point d’équilibre
que savent si bien procurer les drogues

***

je suis l’Égarement

***

plus ça va, moins je pense avoir un corps

***

Angoisse calfeutrée
un peu niée

***

& je dis qu’il y a une économie,
une politique du Désir,
de l’achat compulsif
ou impulsif

jusqu’à la chatte d’une vieille pute

***

une Angoisse
précise
& insupportable

***

abrutissement complet!

***

siphon d’Angoisse

***

J’en ai assez que l’es médecins ne cessent de réduire mes traitements, j’en ai plus qu’assez qu’on ne me laisse p/s vivre sédaté, au moyen de quelques drogues bien choisies

***

& il faut bien s’inscrire d/s l’horreur, d/s l’éclatement
continuel
du moi

***

pressions sur mon moi

***

un oeil d/s l’estomac

***

un jour,
je libérerai
mon délire & plus personne
ne sera
en sécurité

***

ANGOISSE!

***

porter l’Œdipe à son max pour le neutraliser. ( Luca )

***

t/t pour masquer
marquer-signer
le stade terminale du manque

***

putain!, je comprends même plus ce qu’on me dit

***

œil collé
à la Réalité

***

& la
Réalité elle-même
se décolle

***

atroce, angoisse & manque

***

est-ce que je délire à ce point?…

***

sensations de pression

***

Peur!

***

moi,
boule d’Angoisse
replié

vacant

***

je n’emmerde personne, & j’attends que les autres en fassent autant

***

Mais, allons, est-ce important?

***

idiotie quasi-complète

***

je ne comprends plus rien!

***

« spasme fixe »
G. Luca, Le vampire passif

***

nerfs
hyper-
tendus

***

carne,
moi,
de cadavre

***

l’inter rieur

***

L’un taire ailleurs

***

l’un tailleur & l’entailleur

***

& je vais proférer une vraie Pensée Schizo, je dirai
le conte de la Mort

***

la réalité se déplace par plaques

***

délire du visage

***

Paroxysme d’intensité

***

le manque est atroce!!!

***

j’ai sommeil

***

cœur qui s’arrête
pendant la sieste

***

c’est de pire en pire!

***

pensée déracinée, stupéfiée

***

immobile, attendant

***

J’attends que ça passe…

***

joie impossible!

***

stupeur & effroi

***

vitesses!

***

je retrouve toujours ces états de manque atroce, de Besoin Absolu

***

le langage se défait

***

renversez le corps!

***

« seul le fou est bien calme »
Artaud

***

je ne suis p/s encore en manque, m/s ça va venir

***

allongé,
nerfs tendus

***

chaos intérieur,
inférieur

***

complètement arbitraire…

***

projets!!!

***

elle déverrouillera
les nœuds de ma personne

***

surtout, rester calme, oublier cette drogue qui s’épuise en moi

***

fasciné, morbide

***

t/t tourne, oeil bouleversé

***

tremblements troubles

***

bizarre,
bizarre

***

Angoisse, atroce

***

viande recluse d/s les silos

***

vide mental

***

admonester une chèvre

***

« Je crois aux conjurations spontanées »
A.A

***

crâne, os,
pluie

***

cœur qui bat trop vite

***

chaos,
hallucinations

***

tiens!, elle lui ressemble
« & elle ne ressemble
à rien »

***

Peur!

***

vitesses, vitesses atroces & brisantes

***

violent appel
Mathématique

***

vertige

***

cadavres

***

horrible au-delà de l’Horrible!

***

vision périphérique

***

vitesses du parjure

***

dents de la Pensée

***

éjaculation psychique

***

Intelligence affutée

***

tête œil crâne os

***

péri-crâne

***

extrême joie…

***

serais-je toujours en vie en mort en forme de mort qu’est la Vie qu’elle me dira mais ce disant ce sera la mort ma mort la mort en vie inventée par la vie

***

scarifiée la peau & manger des Anges

***

J’oublies tout m/s j’oblitère

***

« Celui qui se transforme en se délivre de la douleur d’être un homme. »

***

prescience…

***

Q/d se déroule un évènement capital d/s vôtre vie, il convient, du moins si l’on a du goût, d’être ailleurs.

***

Bar à Tapas ou bar à tapin?

***

Idiotie complète, impossible de Penser

***

La Volonté est une Chance, la Chance une Volonté

***

Cher Monsieur,

Vous m’avez dit de réduire 50mg de Seresta &, de ceci, je vous en ai voulu. J’ai baissé hier au soir &, je dois l’avouer, j’ai bien dormi. Mais le fait est que j’arrête aussi la cigarette, & que la conjonction de tous ces manques me rendent un peu fou & délirant.
Rassurez-vous, cependant, dans la mesure où je mène une vie tout-à-fait normale, sans aucun signe de délire au sens clinique.

***

Mais dans quelles mesures ne faudrait-il pas envisager le Manque comme une Chance, au sens où Bataille, dans Le coupable, parle d’une « Volonté de chance »? Mystique ou tricherie, toujours est-il que je ne puis prôner la Grande Libération si je ne donne moi-même l’exemple.

***

Vous trouverez sur mon Blog un certain nombre d’écriture quasi-automatiques, auto-clinique.

– & voila où je voulais en venir avec toute cette histoire d’Artaud, dont je ne vous ai que modérément entretenue. Je tentais de clarifier mes rapports avec cet Auteur (? ), pensant que sa soit-disant « Poésie » n’était que du délire clinique, quand je me souvins du livre de Deleuze Présentation de Sacher-Masoch, dans lequel le philosophe montre qu’il est rare, pour une maladie psychiatrique, de donner le nom du malade & non celui du médecin : Sadisme & Masochisme.

***

C’est alors que j’ai élaboré l’une des Idées qui seules peuvent germer dans l’Esprit génial qui est le mien, le concept d’auto-clinique, qui est en fait à mi-chemin entre un tableau nosographique.

***

Bref, cette idée m’a permis de me sortir d’un mien dilemme : la poésie d’Artaud n’est pas à proprement parler à ranger parmi la littérature, ni dans le cadre de la psychiatrie. Les limites du monde asilaire, ça, peut-être, mais c’est un concept, & il n’y a pas de littérature conceptuelle!

***

& voici mon idée : moi qui suis sans cesse à l’affut d’états psychiques-limites, je devrait me réjouir d’être en manque, c-à-d : tout sauf me plaindre.

***

il me fallait ouvrir cette porte, cet incertain miroir, m/s j’avais trop peur, les mines altruistes de l’enfant-chaman

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cette horreur, d/s le manque, hurlez donc si, au moins, v/s pouvez v/s brancher sans flipper

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Quelle Machine que Ma Chine

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prôner la rare Hallucination, subversion par défaut

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je bois p/r oublier au point que j’en oublis de boire

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encore une fois, je vais rien dormir de la nuit

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je crois aux hasards objectifs & aux rencontres-natures

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j’ai oublié d’oublier

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rien ne donne de sens à rien

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horizon de mort à la verticale du vertige

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Peur

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Agitation!

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il fallait que je parvienne à l’Automatisme pur & simple, que je conquiers le Système, – l’Inconscient

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Hyper-excitation. Impossible que de me concentrer. Acide atroce! Je ne vais pas arriver à tenir, c’est ATROCE! & tout se met à grouiller, Horreur… Hé!, trisse donc un peu de ce vieux South…
Début des Voix, j’entends, – trop bien.
Projets, beaucoup de projets. Couleurs, irruption des couleurs ( M.D.M.A )

Phénomènes de rabâchage, de répétitions dans le plan de la Pensée. Grosse difficultés à me sortir de cette horreur.
Agitation, agitation Terrible
Je, je… – Quoi?…

Obturations de la Pensée, interruptions

Difficile que de me fixer sur un objet, un pro-jet
Extase & chute

douleur

hé, quoi : Sérénissimes…

Où est donc le Prophète?

Angoisse, je suis au fond de l’Angoisse. Sillon qui se creuse dans mon ventre, horreur chimique

***

Os & mains

***

Angoisse.

Impossible de m’y faire, à cet état de…
Brusque éclair!

Étrange sentiment
d’Étrange

Bourdon complet!

Éclair mystique

***

1ère vague de la Panique. Début de vision périphérique. Trop de monde dans ce bar. Un bout de scotch? Qu’est-ce que je veux dire?… Grattements, démangeaisons. Difficultés de Penser.
Un bruit! Qui me résonne dans les oreilles. Ça arrive, ça arrive par vagues ( Waves ). Hyper-excitation. Je ne peux… Ça tourne. Envie de hurler. Non, ça va passer. Quand brusquement – DONG – la Panique remet ça, mais avec une intensité inaccoutumée. Corps de verre, gaz, porosité, extrême Danger…
Je suis obligé de m’arrêter pour respirer un peu. Grosses difficultés, surtout des… Pannes dans le Réel? Oui, c’est ça. Je sors fumer. Oublier cette drogue qui me détraque le cerveau & tous les nerfs, oublier ces déformations.

***

Oeil & nerfs tendus
en de début de matinée
vagues & phases
de la Panique

***

16′ + tard.

La patronne arrive & je perds mes mots. Les mots m’ont mis dedans & m’en sortiront, du moins si tu y crois. De qui est cette phrase. Non, allez, je suis tout le monde. Coltrane sur l’iPod, et je me mets à délirer.
Atroce attaque des visages! Les déformations des… Mais – impossible! – je perds mes doigts. Atroce régression! Je sors à nouveau fumer.
Étoiles défilent devant mes yeux. Où suis-je? Perte d’identité. Je ne sais plus qui je suis. Le fait est que ma conscience se dévore elle-même, prend conscience d’elle-même.
Pourquoi font-ils tout ce bruit? On dirait des éléphants dans un magasin lysergique. Accès de fatigue intense. Vite!, des amphés. Ça y est! Ça y est! Ce sont les Grandes Visions! Il me faut un neuroleptique. J’arrives à stabiliser mon état pitoyable. S’ils savaient… Tous ces cons, & en trop grand nombre.
Cigarette sèche
dans les pourtours gazeux
du corps

***

Le neuroleptique, 5mg, commence d’agir. Mais c’est la Joie terrible, ce moment, pire, que je redoute par-dessus tout. Le coeur s’emballe, j’essaies de me contenir… Manie, oui.
Quand c’est le FROID, le froid génialement atroce, le froid caniculaire. Tiens!, plus rien n’est stable, tout va de plus-en-plus vite.
Difficultés dans la Réalité. & je respire directement par les pulmons, les… Plus besoin de… Beaucoup d’obturations, d’empêchements. Phénomènes de chevauchements des idées. Début des obsessions, surtout des microbes. ce commercial ne m’aimes pas, Hum, hum. Une mouche, une mouche que j’essais d’attraper, sas pour autant y parvenir.

***

Début des zébrures, ces zébrures que je connais si bien, & que tout mangeur d’Acide connaît. Je suis dans un état!… Mais je préfère être au courant des « recoins de la perte » plutôt que, comme ces citoyens, ne connaître qu’une face de la réalité. Zigzags, étoiles, – qui suis-je?
& ces mouches, toujours ces mouches. Hatroce! Hyper-excitation, impossible. Mon Dieu!, un géant… Schizo-limite. gestes de plus-en-plus saccadés, les Amphétamines mettent la gomme. La mescaline? Est-ce que je reviens des toilettes? Si oui, me suis-je lavé les mains. Phénomènes d’hésitations, de reprises, de… Débranchements rapides & de re-branchements soudains.

Un adverbe? Sûr.

***

Avec les Amphétamines.

Le coeur charge. Impossible pour moi de rester en place. Vision périphérique recommence.
Projets! Projets! PROJETS! C’est hatroce, impossible : je remplis mon carnet de trucs à lire, à écouter, à faire, écrire, etc.
Il faut que je réprime de grands gestes qui trahiraient mon état d’exaltation morbide. Merde!, un Elfe vient de passer. C’est pas un endroit pour les Elfes, bordel! Le corps se décompose, la Mort me guette. Impression de coulures, sentiments de distorsions. Les visages coulent dans l’Après midi, le Yard Indien.
Après-midi? Non, il est 10:00. Mais je suis fatigué, atrocement fatigué… Visions, VISIONS! Une ruine de minaret, un Dieu sans fond ni sens. Il e semble que j’ai un RdV, mais quand & avec qui.

***

Début des jeux de mots. Affreuse envie de rire, comme Baudelaire le dit très bien. Il va falloir que j’aille à la librairie, mais je sais que ça va être difficile. D’abord, s’assurer de mon équilibre. Ensuite, aller au bureau de tabac, histoire de tester mon délabrement général.
Puis tout va de travers de porc. Arrivé au Tabac, je perds complètement les pédales : tout va de travers : je ne me souviens plus de mon propre nom & lorsque le buraliste me le dit, je lui assure m’appeler Barney. Puis Noémie. Je pars dans la mauvaise direction, je zone un peu, & me perds. Là, j’avoues, je flippe complètement, ces…

***

Choisir une perte

***

identité? Mais qu’est-ce que c’est que cette connerie

***

Projets!, je suis déchiré de projets

***

Ça y est, c’est la Joix multiforme!

***

& je dis que le Corps que le corps
hé bien, oui, le corps,
n’existe pas & que à la place
il y a une sorte de lieu Terrible
& mou

***

Le corps, oui
le cortex

***

Les frénétiques auront toujours raison contre ceux qui ont toute leur tête, tous leurs esprits.

***

C’est pas con

***

Risque-toi au naufrage & ne m’emmerde plus

***

« Mémorable crise », tu m’étonnes!

***

Accoucher dans la Douleur n’est rien; il faut le faire dans la fièvre

***

Je change de zone tout en gardant à l’Esprit la Création

***

Voyager à la vitesse de la Pensée plutôt qu’à celle de la lumière

***

La Liberté n’existe pas; seul l’Affranchissement a un sens

***

Tête complètement vide
corps vieux
scarifié

– mourant

***

Je suis l’Étrange
conjugué à toutes les sauces

***

Comment?!, vous conjuguez les sauces? Un peu de tenue, tout de même…

***

Esquissez moi, je change de Zone

***

pro(li)fération

***

Hachez la Pensée
Noyez les Damnés

***

la vie
crie

***

relaxé
enfin
d/s le vide
de la Vie

***

la mort
de l’Autre côté

jouit

***

passé le désir de foudre

***

& décoder les vitesses

***

la pierre du destin mental

***

L’inspiration n’existe pas seule
l’expiration
compte

***

centre-cortex
choqué où z’avez mis
le curare?

***

exister?
non : s’arracher

***

crâne-planète

***

je n’ai nul centre & ma périphérie
Angoisse

***

Retour d’une Angoisse hatroce, avec lutte contre les mots

***

Don’t kill Death

***

Angoisse.

Je me sens de plus-en-lus loin du monde. Difficultés, oui, à ne pas, tout simplement, rester couché. & ce sillon qui me fend.

***

Retour des hésitations

***

je suis hatrocement Angoissé!

***

je vais en crever!

***

Je cris taire je
critère

***

Je tais mon cri & voila tout!

***

en-deça de toute fatigue

***

oeil mental
qui ne voit rien

***

Clinique

***

Un poète fou? Pléonasme!

***

Plan mental troué

***

dément?

***

Non, non, ce n’est pas la vie, ce n’est que l’Angoisse qui me ronge

***

Résolution des Contradictions!

***

Garde-fou garde-
mort

***

Horreur mort
concrète

***

oeil mental en sommeil
mais les nerfs savent comment
indurer cette horreur

***

poussière hantée
par la vase du chemin

***

sur l’écran de
ma conscience je suis
malade
de la conscience

***

hurlement
du Papillon
Pensant

***

Pensée Vide, affreuse

***

Vide d’un moi,
sourcil à venir

***

mon moi est cassé

***

un corps sans forme
rongé, mangé
par le Néant

***

il s peut
en fait
que je ne sois même pas né

***

ex stase

***

ventre vide
& tête

***

Angoisse.

Vient ce moment où, comme je ne cesse de le dire,
& je ne faits que répéter la même chose, oui,
hé bien, l’Angoisse va me renverser
crime génial

***

le corps qui sécrète
le limon d’Angoisse
& sue

***

Joie noire! Comment cela va-t-il finir?

***

le secret du mouvement est
l’Immobilité

***

L’Angoisse gronde
& se presse
aux fenêtres du moi

***

je ne broies pas du noir; je broies du du sec

***

à la périphérie de ma vision, des couples forniquent, des mouches grouillent, & voici : l’Enfer.
– Mais le Diable est un parvenu

***

Je crache ma bouche,
la peau du moi

***

horreur-limite des stases, claustrophobie

***

maxi-Angoisse

***

J’ai dit que je suis angoissé, pas « malheureux ». Non, ça, je ne me le permettrais pas. Même l’envie de pisser rend lyrique, comme maintenant.

***

oeil,
clou de la vision

***

Immobile
harnaché dans ll’Angoisse de vivre

& les claies bruyantes
&…

– Mais qu’a-t-on fait des larrons?

***

ma périphérie abjecte dissout les centres

***

discours épique
de l’Angoisse innée

***

tourmente du dimanche matin l’orage
pue &
lave la ville abjecte

***

Visages mou monde
mou

***

– comment vas tu?
– Je sais pas

***

je cherche une clef
dont la serrure
à venir
n’a jamais encore été inventée

***

peur atroce
q/d
au matin

la sonnerie du réveil
& moi cloué
à la Réalité

***

incohérence?

***

croûtes
à la surface
de la pensée de la
conscience

***

mille & une cigarette
qu’est-ce que ça veut dire UNE
cigarette?

***

Je ne suis pas fou,
non,
je cherche des secrets

***

je ne suis pas moi je ne suis ni n’ai ne suis ni n’ai
de moi

***

arbres de vertu

Idées

***

ce n’est pas le désespoir, loin de là, mais un subtil mélange d’Angoisse & de Peur. Je n’arrive ni à Penser ni à faire le point. Je veux dire qu’il y a là un problème viscéral touchant à la nature même de la Pensée.
Peut-être que le problème est finalement ailleurs & que je suis en fait le seul à Penser véritablement. À vrai dire, la majorité des gens passe sa vie dans l’inconscience &, moi, hé bien je souffre de la conscience : je ne puis supporter que d’être conscient. Si, ainsi que le dit très bien Artaud, « seul le fou est bien calme », il convient d’admettre que les gens sont des sortes d’animaux qui ne pensent que par réflexes.
&, oui, il revient au seul schizo que de s’interroger réellement sur la fonction de la Pensée, – & de sa perte. Bien-sûr, me dit-on, tu penses, tu t’exprime, etc. Mais, tout ça, c’est des conneries.

***

J’ai la foudre du Volcan, je puis souffler mes miasmes, ma Pensée, par un cratère, un critère.
& que l’on n’aille pas m’arrêter, me juger.
De toutes façons je n’en ai rien à foutre : je ne suis pas un menteur.

***

Immobile, nerfs sciés, il me semble cependant que l’Acide promet d’être fulgurant…

***

le ventre vide de la Pensée

***

mort horizontale
où l’Occident se perd

***

vider le vide & le remplir
déploiements du plan psychique

***

c’est comme ça & pas comme ça

***

estomacs & anus saignant dans la
nuit de l’héro

***

ne serait-ce pas la nuit?
où Dieu sort ses couteaux?

***

croquis du coin de la rue des sociétés Étranges
naissent & meurent
à des rythmes bizarres

***

ton corps se trémousse & ce
parfum de nuit d’été

***

Il s’agit d’une Angoisse hatroce, d’une déperdition complète au plan mental. Je veux dire que, hé bien, tenir ou ne pas tenir ce Truc, tout est pareil. Imaginez-vous un seul instant, une seule seconde, le fait d’être pleinement troué, transpercé par la Real Réalité
& se bouffer, plier en deux sur son lit, de souffrance, avec cette mort, ce désespoir morbide, – & l’Étrange
N’est-ce pas, justement, insupportable, n’est-ce pas un avant-goût du néant, de la perte? Mais, non!, ce n’est que de l’auto-complaisance, du lyrisme
Hein? Vous ne croyez pas que j’Angoisse, vous ne croyez pas que, ce néant est ma torture quotidienne. Misérables cuistres! Hé bien, vous n’êtes même pas nés, voila!

***

Verticale, diagonale de la mort.

***

Je ne t’ai jamais autant
que lorsque tu es absente

***

avec ce vertige dans toutes les directions, avec cet Enfer lysergique que je ne puis tenir, coupé de la Réalité real après-midis télévisés
Pourtant, il n’y arien sans cet espoir, il n’y a rien sans l’emportement fondamental de la création artistique,
l’érotisation maximum.

Mais, non!, ce n’est pas du tout ce que je veux dire. &, d’ailleurs, ce qu’il y a vraiment à dire, je l’ignore

***

j’en suis au point où il me semble que dire je est vain

***

corps de verre, sans aucune attache, orphelin avec des parents
oui, mais qu’est-ce que la Vie? Mais, bordel, je ne suis pas curé!

***

cheveux défaits elle
travaille

***

mon esprit est en permanence traversé de brusques sauts, de mystères diffus & cardiaque, au point que j’ai parfois l’impression que je vais mourir. il y a cependant l’espérance que tout cela aille de mieux-en-mieux. pourquoi pas? Je veux dire que ça fait sept ans que je vais mieux, que je suis en rémission
& je ne vois pas que ça puisse changer

***

vide avide

***

assise,
les claies

il est crucifié par le Néant
& ne voit que l’impossible demeure il ne vois
que les directions qu’il a prises
en rêve

***

plan mental déchiré aux quatre vents de la Pensée, il se peut pourtant que le visage cesse momentanément de couler

***

corps incrusté, enquisté, & il est impossible de bouger, du moins dans un sens utile & sphérique. Une boule est ce corps, ce qui est censé être moi, & je me perds dans ma propre tête. & je dis qu’il n’existe aucune naissance, & que la Mort n’existe pas. Je dis aussi que c’est de la foutaise, tout ce que l’on vois aux jardins, surtout celui de l’Éden

***

j’aime tes entrailles, tes viscères, ta peau que je retourne, mais, toi, je ne t’aime pas

***

capter la rumeur du silence

***

il me semble que mes Amours sont médicaux, & mes Angoisses émotionnelles

***

néant qui m’absorbe tout entier,
impossible de se tendre vers on-ne-sais-quel but
immobile,
plié en deux par l’Angoisse

***

Zyprexa, 10mg

dans le néant concret
atrocement physique
il y a comme qui dirait
une perte une
chute

dont on ne se relève pas

***

je l’ai vue mais elle n’était
tout simplement
pas là

***

Angoisse affreuse : je ne puis quasiment plus bouger

***

cordes, liens de l’Angoisse

***

j’explose la forme
mais il n’y a pas de fond

***

manque atroce,
non?

***

coulures sur le dessin
plus de forme il n’y a plus
de forme & cette
pourriture de mort

***

cette boule dans l’Estomac, c’est l’Angoisse multiforme

***

ce reflux d’extrême Angoisse, c’est l’avènement de la conscience

***

plus rien de stable : l’Angoisse a fait table rase

***

rien n’y fera rien : j’Angoisserai au moins jusqu’à ce soir

***

Il y a, au centre de mon moi, un noeud d’Angoisse, un empêchement, une impossibilité d’être. Je souffre atrocement, & je ne vois pas que cela finisse. Cette pression & sensation de froid & d’absurdité, d’étrangeté.
Et ces trucs qui ne font plus partie de ma zone, que je ne retrouve pas… Dans l’Estomac, une boule, un Sillon. Mais je ne puis rien y faire. J’endure l’Impossible, & ne peux rien faire.

***

Spasmes dans l’Esprit

***

Plus qu’une heure à tenir, mais ça va être difficile : je suis ÉCARTELÉ par l’Angoisse.

***

Je ne peux plus lire Artaud : il m’Angoisse trop.

***

Étendu sur mon lit
avec cette affreuse Angoisse
un rien, une hallucination

je suis le roi de l’Angoisse

***

le tout
à la verticale de la mort

***

Allongé au bord du Vide
avec le vertige
& ne pas penser :
« Qu’est-ce que c’est haut! »

***

plus proche de la mort
que de la Vie
un vide se fait dans la Pensée une place
pour Penser

***

Cher Monsieur,

L’angoisse est vraiment trop forte : je suis littéralement PARALYSÉ par l’angoisse, & ne puis me mettre dans aucune Idée. Allez savoir si Penser est une activité… & ma thèse est que la plupart des gens ne pense pas. Bien au contraire, ils se contentent de ce qui est Pensé pour eux : le pré-pensé.

***

contracté,
nerfs hyper-tendus
voici l’Idée

de la Mort

***

plus rien ni personne
ne vit

***

petite ou grande, la Mort

***

ma vie mentale
Pensante
détruite

***

Il fallait bien nier tout cela pour qu’enfin l’on puisse Penser. Il fallait faire du vide, oui, une place pour la Pensée.

***

exsudation
des mots

***

mon moi prend des proportions hénaurmes, & il me faut le conjuguer à tous les appétits.

***

Il me manque ce point en lequel mon moi serait concret, bien lui-même & sans faille.
Oui, il parles de son moi comme de quelque-chose d’étranger & d’étrange. Mais il n’a pas de Moi.

***

Il faut percer la peau de Dieu

***

& celle des mots

***

Une chose est sûre, c’est que je n’ai plus toute ma Raison

***

S/s l’eau
avec ce sentiment de lourdeur
du corps

***

Marcher dans l’Impossible

***

lourdeur,
aussi,
de la peau

***

je suis le héros
d’un monde qui finit

***

À mon centre, il y a toujours cette angoisse du matin. & cette horreur : vivre.

***

Homme au centre disjoint
ne va pas trouver la honte
D/s des paradis de misère

***

Cher Monsieur,

C’est quand je vais bien que j’écris les trucs les plus horribles, acides & angoisses. Peut-être est-ce cela, la possible critique-clinique. C’est le moment où il m’est loisible de me rassembler en un centre, de m’exprimer depuis un mythe.
Donc, cela n’a rien de contradictoire. En fait, l’on pourrait même dire que ça va dans le bon sens : décrire des états cliniques depuis un fond critique. Mais c’est justement de ce fond, au sens de fondement dont je voudrais parler.

C’est aussi que la Santé, en tant que seul idéal admissible, n’est jamais acquise, mais toujours à conquérir. Je crois que c’est Merleau-Ponty qui dit : « La santé est muette. » Oui, hé bien, moi, je veut la faire parler, & pas parler de n’importe-quoi, non, la faire parler de la Maladie.

***

N’est-ce pas ça, le « perspectivisme » Nietzschéen? Si, je crois. C’est toujours une question de position, & de discours sur la position, ma position étant double, comment dire?… Un malade en bonne santé. Paradoxe? Si je suis, oui, amateur de paradoxes, seuls discours permettant de remettre en cause les systèmes, ça n’en est pas un. La maladie est un point de vue, celui des difficultés & des empêchements.
Car la schizophrénie est avant tout une impossibilité de Penser, des difficultés dans l’ordre de l’Esprit.

***

Nous étions dans une configuration de la Pensée dans laquelle l’Esprit pourrissait. Un appel se fit, & le Schizo fût convoqué devant les Tribunaux Psychiques. Son langage était sur le point de céder, & sa Pensée, sous le poids atroce des Illuminations du Changement, tendait à se concrétiser sous la forme de Rhizomes étranges.
Vers les Cités sans Nom, il aborda un certain versant du Sommeil où il n’était plus question que d’arpenter les nuits. Mais le Centre, l’Extrême-Centre, se mît en mouvement, &, Pensée bloqué, le schizo prît un neuroleptique, un médoc pour que son Esprit cesse de tomber en ruine.

***

mais vint le moment où il n’était plus question de s’épancher dans le champ mental, plan que le schizo, gentil & inoffensif, avait perdu, & les chansons barbares de s’éployer.

***

PEUR

Cette incrustation,
concaténation
réel & conscience

***

la conscience se défait, tombe en lambeaux

***

paix Pensante

***

nuit
mortelle

– attendre

***

coeur
cogne
aux portes de l’Enfer

***

c’est
pas
le moment

***

Parasomnie pendant que le corps
au final
araignée ventrale

au-dessus de lui-même

***

Ce centre de mort
absence d’Amour

***

L’Autre se conjugue
à toutes les latitudes

***

Esprit-corps
Peur de la Mort

***

Pensée
déracinée

***

je déconditionne
l’Inconditionné

***

Ha!, une extase! Puis je retombe

***

Dans le marasme noir de l’haffreuse dépression nerveuse

***

Plaies, sang, os, crâne

***

& ça gratte!

***

Besoin de me suicider

***

l’ordre fulminant
appelé de ses voeux
par Artaud

je commence de comprendre
le mouvement
immobile

requis

***

se lever

en l’absence de tout dormir se
réveiller :

« Alors quoi? Toujours pas

mort…  »

***

La sueur des lots

***

Angles de l’Angoisse

***

non, non il n’y a
ni tête
ni nonos
ni rien de tout cela

***

& il est vrai que la conscience nie
ni ni ni

***

« Allumez pas
l’eau »

***

Feu clair

***

Décontracté
mais pas les nerfs mais pas
les hyper-connexions
nerveuses & les
termes
Hatroces
en lesquels je suis
fixé

***

« Prenez sans craintes, on n’en meurt pas. »

***

Je vous parle d’un lieu de moindre souffle, pneumatiquement parlant

***

« Je suis un homme qui pense à autre-chose »
Victor Hugo

***

À autre-chose qu’à être un homme?

***

t’ai t’ai t’ai t’aimant je suis le
tais tais tais tais-toi

n’importe-qui

***

Requiem pour égarés

***

l’oeil du Centre
a plus d’acuité
que la vision
périphérique

***

poésie anxiolytique?

pardon, j’étais
à l’West

***

Métal mental

de fer?

***

& je dis que les mots emprisonnent, le SENS

***

Fausse alerte

***

Un bourdon Terrible s’abat sur moi

***

Il faut que j’aille au fond de la dépression, le reste viendra tout seul

***

Angle mort
mort de l’Angle de
l’Ange

***

Nulle vertèbre
ne se scinde

***

Tardieu écrivait
« La môme néant » j’écris

Le moi-Chaos
K.O

***

Peaufine la peau fine

***

Catatonie.

Impossible que de bouger se
mouvoir

dans tous les sens
& le Néant

***

Visiteur de l’Étrange

***

Extase. Bourdon, curieuse alternance

***

Moment d’arrêt
à la Maison d’arrêt
je vous enverrai
une carte postale

***

Je suis trop Angoissé pour écrire

***

Cet ultime point d’Angoisse dont je souffre atrocement

***

Complètement idiot je suis

***

Je suis trop mort!

***

concaténation
moment

de real-
ité

***

J’ai tué je suis le seul à avoir
tué
le lyrisme

***

Temps coulant
dans le vide
de ma Pensée

***

Ruisselant

***

extase!

***

Je suis de l’os, chair-flèche concaténée
dans le centre certain
un South que tout le mode sait
de souffrance

***

matière mentale
psychique matière
Pensante

***

Tension permanente il faut
écrire envers & contre tout

***

réveil mélodique
qu’il eût fallu dire

***

Une nausée d’angoisse au réveil,
vomir

***

Bouger
le Néant

***

Angoisse du silence

***

Le fait est que je suis déjà mort

***

serti tue de

***

oeil nerveux
optique
scié

***

beath man

***

Moment d’hyper-
excitation
je commande
un autre café

***

plus de Pensée Pensée
déracinée

***

Confusion complète

***

Arraches cette peau & enfonces
les portes ouvertes

***

Panique.

D’abord une certaine impression d’étrange. Étrange se renforce, étrange conduit à Absurde, puis, de là, à prendre conscience de ma conscience. C’est la perte complète de toute identité : ce suis-je.
Surtout, contrôler les émotions, ne pas se laisser submerger. Mais, non, ça y est : le Sillon m’emporte, tel un Haffreux Tsunami, ce qui prend du temps, mais avance inexorablement. Je suis renversé, oui, renversé par ce Sillon.
Non, définitivement, je ne suis pas né!

***

Le langage est en ruine

***

Mon intelligence, elle aussi, sombre.

***

Que chacun
cache ses aubes

***

Phénomènes de répétition, enjambements, rabâchages.

***

Ça y est l’Amour

***

Voici
l’autre côté
du matin

***

Je ne sais pas où j’en suis par rapport à Antonin Artaud

***

Je peux toujours refuser
la main tendue
– Mais, la bouche?…

***

Extase!

***

Mon corps
me panse me
Pense

***

Je suis ce type
hyper-
normal

Que personne n’a jamais vu

***

Je colle au monde
( 1er pas des émotions )

***

Est-ce moi? qui ai parlé de
futurs ancestraux
du Jihad

***

Par habitude,
mes latitudes

***

Je suis installé
dans la viande de mon corps mourant
& pourrissant

***

je n’ai que trop connu
les stases de l’héroïne je n’ai que trop connu
cette mort Haffreuse
dans laquelle vous plonge
le Toxique su
& qui sue

***

je ne vois pas que mon corps
ait une quelconque utilité

in-engendré!

***

Cher Monsieur,

Je ne puis me concentrer plus d’une semaine sur la même chose, sur le même effort. Mais je ne vous écris pas pour ça, non : le but de cette lettre est que de clarifier mon rapport à Antonin Artaud.
Comme je vous en déjà ai fait part, je ne relis que très peu cet auteur que, la plupart du temps, je ne considère que comme un fou, un type qui n’a pas su dépasser le stade clinique. Cependant…

L’on vient de me faire cadeau d’un livre de lui, & je ne puis m’empêcher de me poser quelques question sur sa lucidité incroyable, surtout en ce qui concerne sa conception de la conscience.

***

J’ai connu Artaud en classes préparatoire, avec le Théâtre, mais ce n’est vraiment qu’en 98 que j’ai goûté son poison, sa perte, – & la mienne. Je veux dire que je me reconnaissait dans ses oeuvres, que je voyais en lui un Allié, une substance Pensante, c-à-d… dépensante, & ce dans tous les sens du terme.

Je pouvais le lire, à cette époque, du matin au soir &, ayant fini l’un des seuls volumes que j’avais de lui, le reprendre du début, s/s l’emprise d’une certaine fascination, d’un Esprit-frère. Surtout, frère-es-idiotie, dans l’absence de Pensée qui le caractérise, & moi aussi.
Loin de moi l’idée de le rendre responsable de tout, mais toujours est-il que, comment dire?… & j’ai écrit mes plus belles pages, mes élans les plus inspirés, s/s son influence quasi-narcotique.
& c’est bien de drogues, oui, qu’il s’agit. Bien-sûr, Artaud n’était pas mon dealer, & ces derniers, je veux dire les dealers, ne l’avaient pas lu. Durant cette période, je m’intoxiquais beaucoup, à l’héroïne, à la cocaïne, etc. Mais j’ai toujours gardé un oeil sur Artaud, lui aussi intoxiqué au Laudanum.
Peut-être qu’Artaud se résume à un plaidoyer contre l’Injustice asilaire.

***

plus de chair
mais
des os à vif

***

La Pensée
brûle le Crâne

***

Je suis
le condamné-vivant

Amour & mort

***

Moi aussi, je crois aux « aérolithes mentaux »

***

Humeur noire…

***

Catatonie, cauchemar éveillé

***

En-dessous de la conscience
l’horrible tête
crâne Pensant

***

je ne veux voir que le
2ème côté
de la réa li té

***

Nouveau corps,
clair matin d’Amour

***

Cela faisait trop-trop longtemps que je n’avais pas éprouvé le Sillon. Mais son surgissement m’a mis Chaos.

***

peyotl?

***

mon moi n’est plus en lieu sûr

***

Entre extase & dépression ( Double postulat )

***

aucune émotion!

***

le fan tôme l’homme le surhomme le Home

***

en catatonie continue

***

Agitation, AGITATION!

***

Paroxysme d’Intensité!

***

Angoisse atroce

***

Une joie morbide commence de m’envahir

***

Surtout quand Morrison dit qu’il veut baiser sa mère

***

Impossible, l’haffreuse Agitation

***

AGITATION!!!!

***

Surtout, ne communiquer mon état à personne, l’Acide commence d’agir…

***

Je commence de voir L’AUTRE CÔTÉ DU MONDE

***

Acide

bredouillements dans la tête

Début d’une certaine Angoisse, 1h17 après ingestion

Tremblements,
troublements
Cf Michaux

Une poignée de tranquillisants

Je suis SÉPARÉ

Mais je rejoints l’Un Originaire

Surtout… Qu’allais-je dire?

Émotions incroyable, je prends des amphés

***

Cher Monsieur,

Il me manque ce point Ultime d’extrême rassemblement de moi-même, de cohésion. Non, je n’ai pas de centre, il me faut un effort surhumain pour Penser, non pas une pensé de l’ici-&-maintenant, mais une Pensée qui se choisisse, se positionne en vue d’une direction Pensante,
& non une « Direction » à la Miles Davis,
non, surtout pas,

Car Miles était sur la Voie du Silence,
& était trop en avance
sur son Temps & sur lui-même
pour Penser en-dehors d’une confusion

Lysergique?

***

& Morrison
le chemin du Serpent,
non pas le serpent gluant & froid
quoi que

Mais l’Éternité d’or, « cri du Papillon »
« Somebody Screams », & un type crie
à un concert

***

Agitation, toujours je me joints à la chasse

***

corps gazeux au matin il me faut,
oui,
un centre

***

Je mâche du langage

***

Visages se mettent à couler
de toutes les couleurs

***

entre sens & ab centre

***

Vent psychique

***

Tiens!, qui suis-je?

***

Squelette,
os de moi
de mon corps
psychique
gazeux
Pneu expiré

***

Tercian.

Étrange, étrange que le Tercian combat

J’avale une pleine poignée de tranquillisants

Hoquets psychiques

Peur!

Mon Dieu!, – Voici les Démons

***

Avoir l’air comme tout le monde est de plus-en-plus difficile

***

Tout se met à bouger, trembler, troublant, non?

***

Projets! Maladifs

***

Ce noeud d’Angoisse suffocante, cet endroit terrassant où je ne puis plus vivre. C’est qu’il me faut encore du courage pour continuer. La viande de ce corps, atroce nausée d’Angoisse.

***

Aussi une joie noire, ensoleillée de poussière

***

Un corps défait, un corps qui souffre dans les limbes, merde & Être

***

Un souffle, une expiration, – que je ne maîtrise pas. Mais aussi une incarnation ratée, de viande soufflée

***

Une vie qui ne correspond pas avec la Réalité, une vie complètement gâché, corps désirant & impossible.

***

Ce creux,
Angoisse dans l’estomac, boule de nerfs arrachés

***

Au fond de la pire des angoisses
vivre comme si l’on était
mort

***

Bruyantes visions
& combat à mort
contre le corps

***

Angoisse, fureur de l’Être, fureur du sang
– des nerfs

***

installé
dans la Douleur,
Immobile

& pourrissant

***

L »Angoisse est une tumeur
dans les grilles
muettes

où seul le corps s’exprime

***

& exprime, su sue
le limon atroce,
la nausée
d’un ulcère sanglant

***

Mâcher les nerfs
de nuit
nul soleil nul
sommeil

***

le sang soif dormant
Angoisse stagnante

***

Je vomis mon âme d/s les
faubourgs de ma Raison

***

Au centre
de mon Angoisse

il y a ce point d’extrême rupture
de divorce

entre mon Crâne & moi

***

il faut se bien plonger dans l’Angoisse
& ressortir lavé de son moi
de tout moi, moi-je, moi-je
& de traviole

***

sourdre de Joix
atroce & inquiétante

***

je mange ma peau & pis c’est tout!

***

& me s ongle s

***

je ne distingue plus jamais
l’envers de l’endroit je suis un
pervers passif

***

moi la boule fermée
l’oeuf de nuit,
morsure d’insomnie

***

vomir au matin
la cigarette & le feu

***

si je délire?, off course mais j’ai TOUJOURS connu ces états de moindre Pensée j’ai TOUJOURS connu la Perte grave le divorce
réalitaire

***

Étrange détente
quand le corps & l’est-ce pris
se rassemblent

***

Je suspecte un certain nombre de maléfices
& les fous cherchent le roi des elfes
en toute liberté
Taupes & prisonniers

***

à force d’Angoisse on ne sais plus
s’il faut en rire ou pas l’ironie l’eau de
vaisselle

***

En moi les Continents en moi les Creux les
Afrique s

***

Anti-synapses
est ce que je vis quant
arrêté par la catatonie
en un point non-central
de mon moi je
n’existe pas

***

La barbaque
c’est la Poésie -limite
des cellules
allumées des
muscles

***

été auquel je ne crois pas auquel personne
ne croit

***

Manque je suis encore
en quête d’un
centre,
opium

***

Je resterai comme la ruine d’une catastrophe psychique-nucléaire

***

Stase, entre l’Indifférence & la Mort

***

je fais macérer le moi

FRAGMENTS ATROCES

Angoisse.

Je me sens dans un état d’absurde que même les neuroleptiques ne parviennent pas à contenir. Le monde se retire, le musique ne sert de rien, & je ne puis communiquer à personne se sentiment d’étrangeté complète, ce vide qui envahit soudain ma tenue dans le monde.
J’attends, mais une fatigue atroce me fond dessus, & je ne puis plus rien faire. Il y a des gens dans ce bar, & leur vie doit avoir un sens, du moins peut-être, – mais pas la mienne. mais, après tout, leur vie a-t-elle un sens? J’en doute : je suis un Pascalien viscéral… Je sors fumer une cigarette, qui m’explose les poumons, & je vois 36 chandelles lorsque je me mets à tousser.
Je ne puis écrire, ni être joyeux, je ne puis même pas lire. Hallucinations olfactives : ça sent la vanille, le caramel, – l’Opium. Je suis en train d’écrire un truc qui est fondé sur le « courant de conscience », mais ne puis rien, ne fais rien.
Bref, toujours la même histoire de ma Pensée qui ne se saisit pas elle-même, qui semble Vide, la question du vide & du plein, etc. & aucun médoc ne peut faire quoi que ce soit pour moi : il me faut supporter cet état qui ferait même pitié à un idiot. La question littéraire par excellence : la perception ( V. Woolf ). &, non, je tiens à m’exprimer autant que possible, c’est ça ma maladie.

Je vois poindre une certaine Joie morbide, comme une agitation rentrée, comme une expansion, vers autre-chose, – mais quoi? Je prends un café, mais, la fatigue, c’est de pire-en-pire. ne serait-ce pas la vieille angoisse de toujours, celle qui me taraude depuis l’enfance & la « Mauvaise ambiance »? Un Blues des St Jours de Jadis me réveille. L’angoisse est passée, mais me voici complètement triste, avec un bourdon à couper au couteau.

***

Cher Monsieur,

Le fait est que je penses qu’il faut unifier en dispersant, ce qui peut sembler contradictoire, mais je ne suis pas à une contradiction près. Je veux parler du « courant de conscience tel qu’on le trouve pratiqué par Virginia Woolf, Faulkner, etc. Un peu chez Lowry, aussi. La question de la perception est centrale dans mon esthétique, la perception défaite, mais pas seulement par les drogues, non, mais la perception étrange des grandes villes dans lesquelles m’on marche, comme moi ce matin.
Il est sûr que les moyens de communication, les évolutions dans divers domaines, influent sur la perception. Le Jazz, dont vous savez que je suis fan, est lui aussi une méthode de dé-construction du monde contemporain. ( Je suis en manque ) Mais il faut arriver jusqu’aux conditions même de la perception, je veux dire : faire craquer, bousculer, bouleverser la Narration.
Plus je vieillis, plus une « intrigue », que ce soit dans un roman ou une nouvelle, me semble superflue. Le Style, voila ce à quoi l’on devrait reconnaître un écrivain, & non à une préoccupation générale dissociée de l’Écriture. Car, oui, l’écriture a pour fonction de tout faire éclater, y compris celui qui écrit. Je veux dire qu’écrire n’est pas neutre, c’est une activité dans laquelle il faut S’ENGAGER TOTALEMENT. C’est plus une mission qu’une occupation.

& il y a ces ennuis, ces longs moments où tout est comme suspendu, où le Temps ne passe pas. Vous m’avez bien dit qu’écrire après Les fleurs du mal était superfétatoire, voire nul & non avenu; non, vous ne m’avez jamais dit cela, en fait. Non, vôtre propos était plutôt que de me faire comprendre que l’on ne peut plus faire réellement du Nouveau.

( Un café plus tard )

Il faut une volonté terrible pour sortir de la fatigue, – & je m’en sors pour cette fois…

***

Angoisse, II

Il y a ce monde qui se barre, il y a des discussions que je n’entends pas. Pourtant, j’étais bien, ce matin, j’étais en forme. Mais maintenant… C’est l’explosion de l’Angoisse, la ruine de tout espoir.
Hé, oui : un jour on est bien, puis on craque &, – hop! – à dégager. Le tout est que de savoir quand est-ce qu’on craque vraiment, le moment précis où tout s’effondre.

***

cette angoisse atroce, finalement indescriptible

***

Impression de chute ininterrompue

***

Je touche le fond de l’Être

***

horrible, horrible

***

déchiré par l’Angoisse

***

Je viens de traverser la tempête de l’Angoisse. Mais est-ce que j’en ressors plus fort?

***

les jours filent

vers la mort

***

Zyprexa, 20mg

Je me sens mieux, les choses sont à leur place, mais j’ai connu l’envers du monde.

***

Passage d’une Joie atroce!

***

Submergé par l’Angoisse, pour finir

***

Tout commence, ainsi que je l’ai déjà dit, par un caractéristique sentiment d’absurde : on perd le monde.

***

Reste de l’Angoisse, retour vague d’une oppression.

***

Angoisse à son point culminant, terreur concrète. La panique monte, & je sens que je vais vaciller, chanceler. Il se peut, il se peut, oui, que je tombe, tout simplement. La 1ère vague passe, je sais, je ne sais que trop, que la seconde sera un véritable Tsunami, que je vais être renversé.
&, en effet, ma vision commence de se brouiller, j’ai le vertige, impression de planer s/s acide. Ça y est, vertige horizontal, – le pire… & il est vrai que cela est insupportable, intolérable, mais qu’y puis-je?

Après un tranquillisant, je me calmes un peu, mais toujours ces problèmes de vue, qui commencent de m’inquiéter. Se peut-il, existe-t-il un pire état? Peut-être, mais si c’est vrai, il faut admettre qu’on l’a caché à la population. Je dis ça alors que, en fait, ça n’a rien de drôle… Il faut se laisser aller, surtout ne pas se braquer, – se bloquer.

***

En voici bien un qui ne sait parler que de lui, panique & angoisse, me direz-vous. Pardon, mais au moins suis-je superficiel, au plan de l’inconscient, au plan de cette peur concrète, plus vieille que moi, – & qui me survivra…
Oui, le Tercian existe plus que moi, le Seresta existe, & aussi le Zyprexa, tout cela plus & mieux que moi. J’insiste à travailler sur l’évidence atroce de l’Angoisse. Mais je sortirai vainqueur, oui : « J’ai par trois fois vainqueur traversé l’Achréon. », & cette nausée d’Angoisse que j’essaies de domestiquer. C’est que ce fait se fait jour : je suis plus fort que ça, oui, & je ne vais pas être renversé. So What?

Ce que j’ai dit & dirai de la panique & de l’Angoisse sera un jour caduque; viendra le moment où l’Angoisse aura disparu de ce monde, à l’aide des Psychiatres, des médicaments de plus-en-plus performants, & mon témoignage sera important, ce sera la relation d’un monde qui a disparu.
Mais nous n’en sommes pas là, & cette vieille Peur de toujours me traque & m’obsède, – me tue.
Visiblement, rien de tout ça n’est élégant, moi ou un autre, &, oui, c’est des plus barbares, mais je ne suis pas responsable…

Suis-je perdu? Non, car la Santé, le seul état admissible, revient. Comment peut-on parler de cette effroyable maladie de façon détaché & libre? Impossible!, surtout quant on est concerné au 1er chef, surtout lorsque le corps prends le dessus. On me reconnaîtra un jour, « trop tard, jamais peut-être », & je serai plus que jamais là, célèbre du crâne vide, célèbre & anonyme à la fois, – glorieux…

***

Il ne comprend pas que cela se vit, il ne comprend pas, ne sait pas admirer ni être ému. Je ne peux l’atteindre, il est vraiment trop loin de ses émotions, nul de calcul, – infâme. L’on ne peut pas s’attendre à mieux de sa part, non, sa carapace le protège, & je n’y peux rien.
Laisse tomber, me dit-on, fais-le passer pour un génie, pour ce qu’il n’est pas. &, non, ça, c’est sûr, il n’est pas moi, né pour faire chier. Sait-il l’horreur que l’on ne peut plus supporter, oui, pourtant. Mais ça ne marche pas, non, & il est trop fatigué, & peut-être même dépressif, ou quoi. Mais le pire est de ne rien pouvoir en faire, le pire est ce noeud central d’émotion.
– Qui lui fait défaut.

***

J’ai vu
au fond des nuits métalliques d’Europe
surgir des sons,
feux & tonnerre J’ai vu

la décadence
ronger les rêves
East atroce mourant, délités de témoins impersonnels
tue

la Mort

***

Portes et femmes
de la Douleur

***

on est toujours
le riche d’un autre on est toujours le
pauvre
d’un autre

***

pourrissant
s/s le soleil d’été je n’ai pas vu
que tu partais

***

Me revoici dans l’Angoisse, me revoici dans cette peur de toujours, avec cette sensation d’étrangeté, de distance, un peu comme si je perdais le Monde. & l’on ne peut pas comprendre cette Angoisse, de morcellement ou tout ce que vous voudrez, on ne peut pas comprendre que le monde n’est qu’une possibilité…

***

Il aurait fallu s’exprimer avant, il aurait fallu tenir ce fabuleux It, ce blues ou ce jazz, peu m’importe,
– Avant…

***

Verticale
de la mort elle a fui
l’West
atroce, abject

***

Chers amis,

Ne croyez surtout pas que la Douleur va une fois pour toutes m’empêcher de m’exprimer. Car j’ai tout de même la rage de vivre
– & d’être Sauvé

***

L’Angoisse se décompose, j’ai temporairement le dessus, mais il y a quand même une anxiété bien réelle
que seul l’ennui fait refluer

***

Si quelqu’un vous entreprend à coups de « J’aurais dû », sachez qu’il s’agit d’un imposteur.

***

Une brusque troué, une percée dans l’Être

***

Je comprends mieux qu’un autre les caprices des enfants, oui, car je connais des pertes d’identité, cette colère & rage du vouloir
Exacerbée

***

Qu’est-ce qui existe vraiment, sinon la douleur & l’Attente?

***

04:30 A.M

Le sommeil s’annonce difficile
le matin,
trop agile
n’attend pas

***

Plein extérieur
lumière
sombre

***

La souffrance
masque les intenses mouvements l’élan
de cette âme que j’ai perdue

***

Le tout n’est pas
que d’être heureux
mais d’avoir conscience
d’être heureux

***

Plus rien ne résonne au fond de mon moi-moi, plus rien n’a de réel retentissement dans cette logique absurde

***

Manque.

Ce sentiment de creux dans la poitrine, ce sillon. Vous ai-je parlé du Sillon? Il s’agit de ce noeud d’Angoisse, ce sentiment de boule dans l’estomac, comme creusé, vidé des viscères. & pourtant, il faut continuer.

***

Tous les muscles & nerfs crispés, impossibles

***

J’ai vécu tout ce que les poètes ont écrit.

***

Limite si le simple fait de le voir ne me fait pas flipper…

***

Oui : penser à lui m’Angoisse…

***

Sommeil
superficiel pas de
matière

***

Angoisse.

Le sillon se creuse, inexorable, & je sens que je n’en peux plus, que je n’en peux plus de cette Angoisse. Pourtant, il se fait jour comme un espoir : c’est la possibilité de traverser le feu de l’angoisse. & de passer vers la Lumière.
Il y a grand danger, il y a cette possibilité de tomber, tout simplement. C’est que je touche le fond de l’Être, c’est qu’il n’y a plus rien à faire, – & que je suis perdu. Le fossé se creuse en moi, oui, & je ne puis qu’assister, en spectateur, à mon propre effondrement.
Pourtant, je vois bien qu’il y a de l’espoir, que tout n’est pas perdu, – & que je suis encore « jeune »… La trompette de Miles me calme, avec, aussi, les neuroleptiques, mais c’est compliqué, de plus-en-plus compliqué. L’Angoisse poursuit son travail de sape sur mon individualité, sur le moi-moi

***

En voici vraiment un qui nous saoule avec sa Mort, son angoisse &… Quoi? Son… Agonie?
Mais, pardon, c’est que, hé bien, non, – je n’existe pas. Si l’Amour est une robe rouge, il se peut très bien que je n’existe pas. Un reste d’agressivité dans l’air, le Patron s’énerve. Il est certain que je pourrais écrire des Haïkus joyeux, mais c’est aussi un postulat que d’avoir le malheur dans la peau.
Un reste d’Angoisse demeure, même dans la sortie de crise. Je ressens pourtant une certaine allégresse, un soulagement que ce soit fini. Et ce même si le ciel se couvre…
Comme je le disais, je suis – « Nous autres, les tard-venus »… – l’un des derniers témoins de l’Angoisse, quelqu’un qui pourra dire : moi aussi, j’ai touché le fond de la Vie. C’était sans compter la deuxième vague, c-à-d le vertige, cette sensation que l’on va tomber, mais tomber pour s’abolir dans l’horizon; n’es-ce pas le dilemme de St Jean Baptiste? Un autre qui m’a abandonné, un de plus.
Pourquoi ai-je été tellement destructeur, pourquoi avoir usé les gens à ce point, consommé… Quoi? – De l’Humain… & ce sans trouver quoi que ce soit. Je veux dire : ni le biscuit de la route ni le vin de vigueur. Sans mot, comme aphasique.

N’ai-je pas écrit les « Futurs ancestraux du Jihad » & autres conneries?… Possédé par mon Enfer, et ce jusqu’à maintenant qui n’est plus.

Il me faut reconsidérer les tenants & aboutissants de toutes cette histoire atroce, & il me faut l’écrire, mais comment. Car la Narration proprement dite me fatigue. Un roman épistolaire serait des plus indiqué, alors Why Not?
Transiger sur les époques, conceptions du monde, etc. Mais est-ce que je me fais bien comprendre? Non, pour sûr.

***

En manque, nerfs tendus. Ce qui est de moi & ce qui ne l’est pas. Tout est de moi, oui : je suis l’auteur de toutes la littérature historico-mondiale. Le Délire? Off Course… J’ai toutes les passions, – les prisons, poisons & autres. Mes crispations, l’on s’en souviendra. Mais maintenant?…
La Peur me gagne. En aurais-je trop dit? Les prétentions exacerbées & ceci : être le plus grand écrivain de tous les Temps, – le dernier à opérer une Synthèse! Je délire, conscient du fait que j’ai perdu mon temps, ce qui est une vérité de toujours, poétique avant tout. Poète? Oui, c’est ce qu’elle me disait, avant & après n’aurais pas dû. Angoisse, hallucinations, peut-être, mais il faut avant tout les accointances des dimensions que je parcours : l’Épice me permettra de voyager dans les régions interstellaires, j’en suis convaincu.

Mais, quoi? Reprenons les chemins d’ici. Ha!, en effet, ce n’est pas de moi. Mais comment pourrait-il en être autrement alors que je n’existe pas? En fait il a peur, parlant trop fort dans les bars bon-marché, descendant la marche du Minuit, & tout ce que l’on ne va-eut pas dire, Assomption, Notion, & tout cela vers le Concept.
Personne ne m’aime, mais qu’y puis-je? La Joie atroce du solitaire, on la reconnaît à ceci qu’il puise dans les réserves amphétaminées. Mais les Voix? Ce ne sont que des relations intimes…

***

Ce type me fait Peur, violence concept, Dimanche-Visage, ayant volé une Ste Bible à l’étalage, froid caniculaire en descente d’Acide. Tu veux monter ou descendre, chevalier du macadam? Dans les boîtes de nuit folles à lier-soufflerie au Poppers &.
***

Je suis à présent complètement sec, comme la chatte d’une vieille pute, quand DONG, la Panique s’empare de moi. Surtout, faire comme si tout était normal, ne pas lutter. Le problème étant de se laisser emporter, sarcler, du moins si ce mot a un sens…
Vision périphérique & cigarettes d’importation. Que dis-je? Je tremble, je suis troublé, vision… Je suis sur le point de m’abolir dans la matière. Panique atroce.
Du calme… Ça va passer. Ce qu’il faut, c’est oublier que je suis malade, oublier cette atroce déficience de la Panique. Pour commencer, aller fumer, s’assoir, puis me reprendre… Grosses difficultés, & ces pannes dans la Pensée, phénomènes d’obturation & idiotie complète. Respiration trop ample et manque de came; c’est surtout ça qu’il faut oublier.
Bon, oui, se concentrer sur Miles Davis. Mais, putain!, il délire une sagesse atroce. Bien… Oublier cet état. Mais comment? Ha!, non, me voici déchiré par le Sillon, dans l’estomac & la conscience. Je suis malade de la conscience, comme… Qui a parlé?

***

Ça y est! Maîtrise complète après déchirement du manque, après… Mais la 3ème vague s’annonce, Tsunami Pensant. Tout va beaucoup trop VITE… Éjaculation de conscience s/s acide. Tu connais ce truc, Toto, le coup de la poubelle magique. Non, pas d’écriture automatique, seulement les mécanismes de la Pensée durant la crise de panique. Voyons cela.
Merde!, c’est l’attaque de l’étrange… Il me faudrait un Tercian, oui. Que je prends. Les vitesses, ça, c’est de pire en pire. Plus de réel sens du monde normal, continu. C’est bien tout le problème, la discontinuité, & les obturations de la Pensée. Moments d’absences. Je ne suis plus tout-à-fait là.

***

Mais ai-je déjà été là? Je en me souviens pas trop ( Peuples du North, Ô nous allions, je me souviens, je me souviens. )/ Je tubercule, je titube; Bon, il va me falloir aller aux toilettes, mais je sais que ça va prendre du Temps. D’abord, se lever, se maintenir debout, ce qui est loin d’être facile, & prendre décidément la direction des chiots.
C’est là que tout se met à aller de travers : à peine levé, me voici littéralement collé au sol, victime de la gravité de l’Horloge. Quoi? Il aurait mieux fait de… Mais, Putain!, qui a dit ça.
Réponse : les relatives, mes familiers. Impression d’être en plein délirium tremens. Je ne puis même pas aller fumer une clope, non, dans la mesure où il est possible que je tombe tout-à-fait.
Amplitude de la respiration & de la Pensée. Conscience? Oui, mais complètement éclatée par la Trouille. On me parle… Oiseaux de malheur qui repasse. Téléphone sonne & je suis obligé de filtrer, ayant plus que Peur de me discréditer aux yeux de mon interlocuteur. Le Tercian & le Zyprexa agissent. Je me retrouve en moi-même, mais j’ai eu peur.

***

Lurgee

Miles joue la 9ème & je me sens mieux. Mais qu’est ce qu’il a avec sa 9ème, Putain? Une obsession? Ton parfum iodé, fou à lier, purpurin & soyeux. Où suis-je?

***

Déprime post-panique.

Mes nerfs semblent dans un état de moindre secousse, & je me retrouve toujours, mélancolique, dans ces régions incertaines où le psychisme fait défaut, la Mental.

***

ne me souviens de rien

***

Je sombre dans la Dépression

***

détachement hyper-psychotique
typique

***

un chien dans une pouponnière, noyée dans un crâne

***

Démence &

***

« Dieu est énorme, & il bouge vite. »

***

L’Étrange paraît à nouveau, impossible à supporter, je me sens coincé, plié. Angoisse atroce.

***
Ennui

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L’Angoisse, une autre, monte. Je sais très bien que je ne risque rien, à ce stade, mais le sentiment de perte radicale domine. Il y a toujours ce sentiment d’étrange, mais démultiplié. Cette boule dans l’estomac. Je suis au point critique.
– J’ai fini!

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entre paroxysme de joie & plus basse pression ( Dé-pression )

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Le froid incoercible de l’Angoisse

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La Fatigue vient supplanter l’Angoisse

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il me faut bouffer mon lot d’Angoisse

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Toi essayer de communiquer avec moi?

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Idées qui vont à toute allure!!!

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Qui a violé mon Psychisme?

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« du mental pur »

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hyper-agitation me reprend

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– C’est morbide
– Je m’en fous!

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Angoisse.

C’est avec horreur que je m’aperçois que le monde tourne. Ça y est : l’Angoisse tape. Quand l’atroce Joie de me tomber dessus…

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Ils jugent mes Habitudes, mes coutumes.

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Ennui complet. Si ça continue, je vais me remettre aux aphorismes…

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4 cafés plus tard, hyper-excitation.

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Sourdre en moi, des multiplicités, le froid inimitable de l’Angoisse.

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Grands gestes, excitation, – je ne vais pas tenir!

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Une gaité, une Joie morbide, me travaille au corps.

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Mes nerfs sont mis à rude épreuve, tendus, déchirés, innervés. Je ressens la moindre sensation comme une torture délicieuse.

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Horrible!, mon plan mental est strié…

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Beaucoup trop de mouvements, & mes sens sont hyper-activés. Ha!, oui, – tordre le langage.

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Difficile de tenir ce trip

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Soleil du monde
à qui appartiens tu
?

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Le trip tape fort. Il faut que personne ne remarque que je ne suis pas dans mon état normal.

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3 jours que je suis s/s Acide en permanence. Mes nerfs commencent de ne plus supporter ces vitesses quasi-intolérables, ces divorces Pensants.

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Mais surtout, le fait d’être en permanence bouleversé, tordu, traversé de mille et un passages. Chemin se fait en moi, brassage, distorsions. Séparation. Tiens!, & si je prenais un peu de cette bonne Mescaline…

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Lenteur se fait, & ce à cause de Miles. Superstition commence, hyperstition, même, à ce niveau. Autoroutes du Passé, N.Y,… Que dis-je, qu’est-ce que je suis en train de Penser? Étrange, oui, de plus-en-plus d’Étrange…

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Impossible que de me concentrer.

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Risque d’éjaculation de conscience.

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Angoisse est de retour

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Ça va trop VITE!!!

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Francs jeu?

Mais qu’est-ce que tout cela veut dire. Ha!, oui, le vieux plan-es-amphétamines, je vous comprends…

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Ils arrivent!

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Mouvements à la périphérie de ma vision. Le Patron semble soupçonner chez moi le schizo en puissance. Surtout, ordinateur, livre, prendre des notes & n’emmerder personne… Tiens!, un flanc. Mais qu’est-ce que ça veut dire?… Qui veut manger le bébé. Ma réputation va se griller. & il me faut changer de bar. Mais comment vais-je pouvoir supporter l’Épreuve de la rue? Non, il faut que je reste ici, mais je sens l’exubérance monter, & les Grands Gestes.

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Quand c’est la Tristesse, le Bourdon, ou le Cafard, comme vous voudrez, qui me tombe dessus…

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Résolution des contradictions! Tiens, voici l’alcoolique du coin, municipal ou autre. Horreur!, il s’approche de moi, & son visage s’encadre dans la lumière du soleil. Ce con me sert la main, une main poisseuse que je ne puis supporter. Je prends discrètement mon désinfectant.