Day of thunder

Jour de colère.

Il y a une volupté certaine de la colère, un point-maximum de fureur que je conçois aussi comme un ravissement,
je veux dire par là qu’il est parfois possible que d’assister à ses émotions
– Qui traversent le ventre,
en spectateur effaré, en vrai suppôt de sentiments chaotiques & imprécis. Mais c’est aussi – comment dirais-je?… – se sentir exister pleinement, intensément, que de les éprouver. Le suc même de l’Ire est, à ce titre, une délicatesse qui, pour trompeuse qu’elle soit,
n’en est pas moins une vitesse, un emportement &
– une Extase.

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Non sans une arrière-pensée esthète – est-il indispensable de l’avouer? -, il convient avant tout de s’attribuer le beau rôle.
– Ai-je dit : celui du Voyant?

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Ayant beaucoup souffert, il était inévitable que je devienne un spécialiste du genre humain…

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Mon but est, en Réalité, de résumer les paradoxes qui jalonnent l’existence. & la Colère est ce moment plein, arrogant & sincère de projection de Matière sur l’écran indifférent de la Conscience. Je dois confesser qu’il n’est pas sans un certain abandon que de se livrer à ce type d’emportement concret & bien senti, dont la violence est faite d’éclats ponctués de gouffres qui ne cessent de monter & de s’auto-alimenter.

Ça y est!, – & Ça me reprend, un peu comme une sous-extase, sourdant de mon crâne explosé, emplissant mes pulmons d’une cigarette bien-inhalée, à la façon d’un…

– Éther tonique.

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Il faut une très-bonne disproportion entre la cause & l’effet, il faut une discontinuité, une crispation de tous les nerfs pour monter les cimes de cette Colère. &, oui, il est bien-question d’évanouissement; oui,car, ce qui est plus-que-certain, c’est que l’on fatigue beaucoup son esprit, que l’on épuise son corps, & que l’on est comme digéré par cette hyper-émotion.
– Ratiociner ses états d’Âme.
Mais je monte encore –

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Cette passion absurde, cette pression sur les nerfes – pardon pour l’orthographe… -, sur le crâne, en direction de cette crucifixion par l’émotion insistante & dévorante. le mi-lieu colérique est cet endroit où les incendies mentaux s’allument & semblent se rejoindre en divergeant.

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L’Évènement d’une sensation suspendue entre deux corps

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La Colère est passée,
le vrai de le Colère est le blasphème

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Un Tsunami mortel qui résoudrait l’écume

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Envie d’attaquer bassement, genre :
sur le physique ou,
mieux : l’odeur.

Entertain us

Ça y est, c’est l’Angoisse!

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Je prends un médoc, mais sans trop y croire; mon aujourd’hui, ni vierge ni vivace, est voué à l’Angoisse.

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Jadis, je croyais au pouvoir de l’écriture, pensant que les mots changeaient le monde; à l’heure actuelle, je dois concéder qu’elle n’a fait que me changer, moi, – et pas en bien…

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Le pire, à tout bien considérer, est de – comprendre.

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Je vais être renversé!

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Réacs de droite, accrochés à leur droite. Ne comprennent même plus leur propre crispation.

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Si la Nature était conséquente, elle se tordrait d’épilepsie…

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S’habituer à l’intolérable, quoi qu’on en ai, est possible, sinon, pour moi, – souhaitable.

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Tsunami d’Angoisse!!!

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Flaubert s’offusquait d’un double complément du nom. Que ne dirait-il pas quant au saccage de la Culture qui est le lot de nôtre époque!

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À ce stade, je ne devrais plus parler de simple Angoisse, mais de crucifixion immobile.

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Quelques idées subsistent mais, dans l’ensemble, je dois bien avouer que je n’existe plus.

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L’œil était dans la tombe et regardait… Ailleurs…

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Je suis au moins assez désespéré pour Rire.

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Écrire est curatif, mais quant à faire infuser l’Angoisse…

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Sable d’Angoisse, lie de la Mort.

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Beaucoup doivent se battre contre leurs démon; moi, contre LE Démon…

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Angoisse tout bonnement effroyable!

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Idiotie quasi-complète, je suis au bord de la psychose blanche.

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Le temps est venu de me blinder contre les émotions.

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Solitude atroce, telle que seuls les « guides de hautes montagne », selon le mot de Van Gogh, peuvent en connaître.

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Je n’ai, au moins pas été mal toute la journée.

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Une manie en dit long sur quelqu’un. Une obsession, sur sa pente,- ses angles.

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Tiens!, – une extase, légère et subtile comme du café.

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Mental troué comme un peigne

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Ne soumettez nulle idée au Silène que je suis, et répondra toujours par un « Jamais plus » retentissant.

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Esprits de mesures, de plans, et autres grilles, – ma souveraineté matérielle vous abjure!

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Excusez, ça et là, une ou deux fautes d’orthographe, mais cela vient du fait que je ne me relis jamais, ayant trop peur de découvrir quelque atroce et ultime vérité à mon propos.
Ironie mise à part, ce qui ne peut se comprendre autrement, le fond est, lui, sérieux, très-sérieux.

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Le plus « représentatif » d’une époque, souvent, en est ce qui se situe à la marge. Oui, l’on n’accède à une période que pat la marge, – la bordure. Ce que je dis se rapporte à l' »air du temps », mais vaut tout aussi bien pour un artiste, qu’il soit musicien ou peintre, poète, toujours.

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Par Jésus Christ & Saint youTube!, – je suis emporté dans la mer de l’Angoisse.

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Un médecin digne de ce nom, après m’avoir ausculté, devrait s’occuper de mon Double. Le problème est que je n’ai qu’une carte vitale…

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L’Artiste authentique ne crée pas, mais dé-crée; mieux : in-crée.

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18mois que je suis, peu ou prou, en manque. Quel combat me reste-t-il à mener, tant il est vrai qu’il semble que je me sois assez vaincu moi-même?…

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Tout-à-l’heure, j’ai éprouvé à nouveau ces émotions atroce. C’est tout le problème, dans le manque : l’on est à vif; peut-être, mais – partagé.

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Surtout, ne pas prendre de médocs en préventif, mais attendre l’Angoisse; et, d’abord, – la goûter.

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Il y a, chez Baudelaire, deux aspect du temps, l’Ennui et l’Irrémédiable. Toute la différence, la perplexité, entre une montre arrêté et une autre qui avance. C’est ce qui date le moins chez lui, cet accablement, cet Effroi face à l’impossible.

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Dans mon bureau, un nuage de fumée. Est-ce cela, les fameuses « cendres du Temps »?…

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Intelligence comme paralysée, Pensée stupéfaite, – déracinée. Je reconnais las les « recoins de la perte » dont parle Artaud, esprit-frère.

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Il est déplorable que je n’arrive pas à écrire n’importe-quoi. En effet, ma « cohérence » risque de faire croire à une « santé » que, en fait, je ne puis atteindre. Heureusement que Lacan parle du « Système » du psychotique, – sans quoi je serais peut-être obligé de rendre des compte.
Vive l’Irresponsabilité, l’Innocence, – l’Ennui!

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L’Angoisse procède d’un principe Alchimique : elle contient les possibilités de sa propre transfiguration.

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À deux doigts de la Folie… Non, – hormis si le fou est lucide. Dans les hôpitaux psychiatriques, j’ai rencontré des pauvres types plus sages qu’Érasme lui-même, sans parler des joies et des fous-rires. Autant dire une cure d’innocence, – sinon de Jouvence…

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Les sectes, il est vrai, procèdent par lavage de cerveau. Mais cela pourrait se dire de n’importe-quel parti politique; – en fait, de toute réunion comprenant plus… d’une personne…

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Ça se calme. Impression que je viens de traverser une tempête.

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La vieillesse, en nous soustrayant à nous-même, simplifie tout. Désormais, seul l’essentiel compte, – mais pour combien de temps?…

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De deux choses l’une : soit je suis déjà mort, soit… – Pas encore né.

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La soit-disant « volonté » dont l’on aurait besoin pour décrocher. Hé bien, où donc la placez-vous, Doc? Seriez-vous chrétien?

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Envie de m’enfermer pour ne plus jamais revoir la lumière du jour!

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La touche du point d’exclamation est la seule sur laquelle, littéralement, je frappe. Ne fais-je que joindre le geste à la parole, ou me prends-je pour un pianiste? Qu’importe, d’ailleurs, – puisqu’il s’agit de colère…

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Un esprit curieux doit se demander comment ça se passe ailleurs; mais ne pas s’y rendre, la confirmation étant des plus superfétatoire…

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L’impératif catégorique Kantien. En ce qui me concerne, il en résulterait une humanité… – Horizontale.

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Le mauvais goût, c’est que de ne point comprendre l’ironie; le bon, ne pas comprendre – une blague ou un jeu de mots salace…

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J’écris des aphorisme non seulement parce que suis congénitalement fragmentaire, mais aussi parce que cela ne me demande nul « travail »…

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La pose du penseur profond, cela consiste à poser des problèmes « existentiels » ou « métaphysiques » sans se salir les mains dans ce qui, pourtant, est essentiel, je veux dire – le Politique. Mauvaise foi que cet accoutrement : chassez les basses œuvres par la porte, elles s’y entendront à revenir cyniquement par la fenêtre.

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Le « fond », me dîtes-vous? Mais il est éternel! Seul un scrupule de forme, qu’on l’appelle « style » ou autre, vaut la peine que l’on s’y arrête. Le reste est… Le reste!

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Je suspends ma lecture toutes les deux minutes, pour écrire ou rêvasser, peu importe; je fragmente le continu.

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Diogène cherchait, armé de sa lanterne, un homme. Moi aussi, mais je ne trouve que des – spécimens…

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Est-ce d’un enfermé d’avoir besoin d’évasion? Non, « anywhere out of the world », – tout pour se débarrasser du fardeau du moi!

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Seul le vrai fou s’y entend à disparaître.

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La psycho est dépassée, la philo sur le point d’être phagocytée par les médias. Au finish, ne reste que… – L’archéologie, la géologie, etc., toutes ces matières qui fouillent vraiment dans le passé des hommes. Les disciples de Darwin devraient se réjouir de n’avoir affaire qu’à des singes…

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Je cherche l’inhumain, oui, mais nul besoin de lanterne, dans la mesure où je dispose de – livres d’Histoire…

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La « tolérance », connais pas; j’aime ou n’aime pas, mais ne « tolère » rien.

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Il est bizarre que la musique m’aie sorti de tant de mauvaises passes. Enfant, il me suffisait parfois d’une simple mélodie pour sortir de mes habituelles – trop habituelles… – dépressions. La musique nous communique à la fois l’immortalité et la résignation. C’est un art – fatal.

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Aujourd’hui, j’ai goûté à mon propre Néant, j’ai connu le ravissement nihiliste, – l’extase dans le non-être.

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Il convient que de vivre et mourir élégamment; hors cela, la barbarie.

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Il revient à ceux qui n’ont rien vécu de faire l’éloge des états-limite, de la folie et autres orgies. Seul le fou authentique connais la valeur de la – prudence.

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Je vais à ce point mieux, je suis tellement sorti à la fois du Bourdon et de l’Ennui que – il est quinze heures – je me dis que le Temps va finir par me manquer.

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Untel, sous drogue, la pente de son délire était architectural, au point que, encore aujourd’hui, je me demande s’il n’y avait pas là une sorte de « vocation ». Par contre, il faut savoir ARRÊTER la drogue à temps, sans quoi le « délire » devient parano généralisée.

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Délire systématique, droit à l’Innocence de la Sainte Folie!

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Qu’y aura-t-il après l’homme? Sûrement une énigme, un secret, qui percera au-delà des temps, qui rémanera comme la condition même de toute question possible. Une question sans sujet de même que, chez Lewis Carroll, un sourire sans chat.

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Une faute de grammaire m’est intolérable, et je mets l’orthographe au-dessus de tout. Même les mots que j’invente, j’entends qu’ils soient écrits dans les règles.

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L’on vient de me confirmer qu’il existe des « micro-décompensations psychotiques ». Toute ma jeunesse dans un diagnostique de ce psychiatre me pousse à l’humilité et, comme j’en suis incapable, – à la colère…

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Être bibliothécaire ou, au mieux, archiviste, m’éviterait d’être confronté à ce fléau : l’Humanité.

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Un braqueur, un meurtrier, ces gens, morale mise entre parenthèses, sont plus sincères que la plupart d’entre nous. Pour ne point parler du – clochard…

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Je n’ai rien, du moins pas plus que tout le monde, contre mes semblables. Toutefois, je ne comprends que trop ce mot de de Quincey sur « la tyrannie de la face humaine ». Aussi est-ce que je ne prends jamais les transports en commun, etc. Le fait que, moi aussi, je sois objet de dégoût pour les autres m’incite à ne point leur infliger ma gueule…

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Que ne donnerais-je pour être en proie au délire?!

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Aujourd’hui, je puis dire que la guitare m’a sauvé.

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L’on peut penser une époque par le biais de la représentation qu’elle a du futur. Aujourd’hui plus que jamais, d’ailleurs, dans la mesure où si, pour parler comme Beckett, « quelque-chose suit son cours », cela ne saurait être que – la décadence.

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Je suis anti-capitaliste, mais stocke tout de même les médocs. À chacun ses contradictions…

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Les réactionnaires sot dégénéré, ce que ne peut que confirmer le fait que, justement, ils ne voient, partout, que dégénérescence.

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Le « loisir », – un antidépresseur comme un autre…

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Il m’appartiendra de faire la psychologie de l’enthousiaste, cette perversion faite-homme.

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Exhumer le passé, travail vain, du moins si l’on a un certain goût pour – l’innocence. Il appartient en effet au passé que d’être une aventure; au futur d’être une énigme.

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Non pas « sentiment » de la mort, mais – sensation.

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Plus qu’un autre, oui, je ressens le malaise de vivre; je veux dire : l’étrangeté de vivre.

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La vie a une odeur. Je me garderai de dire laquelle…

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Brusquement pris de vertige, un vertige – sincère…

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Ce qui m’attend : mourir par le souffle. Non point asphyxie auto-érotique…

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Vivre sans talent, peut-être, – mais mourir avec génie…

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Longue contemplation du Vide. Non!, – fascination vide du plein.

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Il me faudrait un axe, un fixatif. Oui, car je n’ai plus assez de médocs afin que, comme jadis, ils me tiennent lieu de Pensée.

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Impossible que d’être célèbre. Pour devenir « fameux », encore faut-il… – exister…

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Mon âme : le quotidien prend comme un aspect énigmatique, pervers.

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Vivre, imposture verticale…

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Le passé, pour un réactionnaire, c’est l’âge d’or. Pour moi, un poids affreux. Oui : l’Avenir, s’il veut être digne de nous, doit être comme miraculeusement frappé d’innocence.

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J’AI PEUR!!!

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Un moment de silence… – Bruyant.

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J’en suis, l’un dans l’autre, au coup de pèle de fin de parcours.

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– Es-tu curieux ou tranquille?
– Ni l’un, ni l’autre : je consume du Temps…

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La « vie », quoi que j’en ai, n’existe pas; non plus que la mort. Seule vraie substance, le maintenant, le transitoire, – l’Infini…

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Je suis prévisible, du moins autant qu’un imprévu peut l’être. Que dis-je?, – un inattendu…

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Mes moments, trop longs, de lucidité, je les reconnais à ceci que j’ai l’impression de dérailler complètement.

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Pour la plupart des gens, une conversation, un SMS, ce n’est rien. En ce qui me concerne, c’est un oasis en plein désert, – mais autrui est-il autre-chose?

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Le temps me bouffe. Il faudrait en faire l’histoire. Cynisme ou nihilisme?…

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À ce point nostalgique que je regrette la seconde qui vient de s’écouler…

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Ha!, – Croire en Dieu et renier son baptême! « Le sang païen revient ».

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Absence de Pensée et de sensation; aucune émotion. Me voilà bien, dans les limbes entre vie et mort.

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Être pervers au point de réveiller son chat…

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Encore en proie au bourdon, comme suspendu dans une attente, crispée et sereine.

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« Knocking on the heaven’s door »? Non, à celle de l’avenir… Mieux!, – à celle des chiottes!

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Je ne fais que tenir les minutes de ma perplexité.

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J’aimerais écrire un truc qui bouleverse l’Humanité; au lieu de quoi je ne fais que me torturer.

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Je vais me lancer dans une carrière de médecin-légiste; c’est dans cette profession que se recrutent les honnêtes gens.

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Si j’étais éternel, je me vautrerais dans mon moi.

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Je veux que mon nom soit attaché à une inquiétude. Mon nom?, – Suis-je présomptueux!

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Mon monde n’est pas au monde.

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Je ne suis pas au courant : je ne suis « branché » que sur youTube.

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L’homo Sapiens que je suis, aggravé toutefois par un tourment métaphysique…

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Afin d’imaginer mes tourments, représentez-vous l’atrocité d’une conscience toujours en éveil.

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Je ne me lèverai de mon lit qu’à la faveur d’une perspective d’échec.

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Dieu a inventé le Temps pour faire souffrir les hommes, certes, mais n’a-t-il pas aussi créé le sommeil?…

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N’étant personne, ne me restait qu’à imiter mes semblables…

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Mon fond n’a pas changé. Mais l’Homme n’est pas fait pour varier, en fin de compte.

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J’espère que, sur ma tombe, l’on écriera : « en mémoire d’un qui sût dire Non »…

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Qui suis-je? Réponse : un inconnu, et d’abord pour moi-même.

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Je ne délire pas, je – dérive…

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Je n’ai pas l' »estomac dans les talons », mais l’âme dans l’estomac.

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Francis Blanche disait en substance que, pour juger qu’un verre est de trop, encore faut-il l’avoir bu. Aller ce suicider après une phrase pareil, c’est superfétatoire… Pire!, – Lyrique.

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Là où le croyant pense, le mystique, lui – souffre.

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Avoir horreur des préfaces, mais s’en vouloir de ne pas les lire.

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Pas une époque de ma vie durant laquelle je ne fus déçu. Continuer d’être en vie, je m’en contente comme « preuve ».

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Est-ce que je cherche un homme ou, plus simplement un – Symbole?…

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« Connais-toi toi même », dit l’Oracle Delphique. Connais la connaissance serait plus juste…

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Ça y est, c’est le retour de ce besoin absolu de sommeil.

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J’allais lui envoyer un SMS pour la consoler, puis me reprenant, je m’abstiens; c’est que, si je m’engage sur ce genre de voie, il va me falloir écrire à toute l’humanité…

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Être rongé par le Doute comme un mort par les vers…

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Sentiment de la Séparation. Et dire que, à l’instar de tout le monde, j’ai une identité…

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Depuis qu’elle m’a raconter qu’un de ses patients avait eu, en pleine bouffée délirante, l’impression de couler avec l’eau, je ne passe plus près d’un évier sans un certain espoir.

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Que faire, sinon reposer l’homme en moi?…

In from the storm

Plus ça va, plus je relis les mêmes livre; incuriosité ou fatalisme? Réponse : Mythologie, ma mythologie personnelle!

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Moment d’intense Angoisse mêlé d’extase…

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Ne pas lever les yeux aux ciel, non, – plutôt lui tourner le dos.

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Je n’aime pas être sale, c’est vrai; mais je déteste me laver…

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Extase!!!

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Transgresser l’interdit n’a que peu d’intérêt, du moins si on le fait dans la culpabilité. Mieux vaut… Délaver le permis. Le tout est que de trouver son rythme.

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Le vrai style est une idiosyncrasie. Il ne saurait relever de l’identité, – mais de la personnalité.

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Kierkegaard : le saut en Dieu; entretenir un rapport personnel avec lui. Je chute, quant à moi, dans le – Néant…

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Sans un minimum d’ironie, point de style.

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Ce qu’une seconde peut être long, surtout si l’on tient compte des milliards qui nous reste à vivre, – à endurer…

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Mon seul regret, lorsque je songe à toutes les cigarettes que je fume, c’est de n’avoir pas le temps de fumer plus…

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Deux chose sont nécessaires afin d’écrire : un décor et une voix.

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Être à l’affût du Nouveau se fait par soustraction, élimination progressive de soi. Apprendre, idem.

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Extase et Angoisse en même temps. Dieu du Ciel!, – je tourne bipolaire…

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En manque de tranquillisant, j’absorbe force médocs, tantôt pour l’estomac, tantôt pour les maux de tête. Oui, de même que celui qui arrête la cigarette est accro au gestes, de même, pour les médicaments…

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L’on reconnaît un réactionnaire à ceci que, avant même la discussion, il postule que l’on est d’accord avec lui.

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Si la vieillesse est un avachissement, l’on peut considérer que je suis vieux depuis toujours.

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L’on me demande de communiquer, verbaliser, etc. mes Angoisses. C’est me prendre pour un poète maudit ou je-ne-sais-quoi. Je n’ai nul venin à…. Infuser.

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Nous avons tous un côté rationnel et une face délirante. La plupart des gens tentent d’anéantir la seconde mais, ce faisant, ils ne font qu’exaspérer leur déséquilibre : ils se mettent à raisonner à vide. Autant dire que c’est parmis eux que se recrutent les fous.

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Un réactionnaire qui aime la musique? Contradictio in adjecto!

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Pensée stupéfaite, idiotie complète. Ça, oui!, pour citer le frère aliéné de Maupassant, je dirais : « C’est moi, le fou de la famille »…

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Me voyant écrire, elle me demande ce que je fais. « Écriture automatique », réponds-je. Elle d’ajouter : « On m’a dit que c’était dangereux ». La suite me confirma qu’elle était Catholique…

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Je suis bien et pas bien. Mystique? Off course!

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La mer, chez Poe, joue la fonction du désert chez Nietzsche.

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Je vais étouffer!!!

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Vous dîtes « Auteur » là où, moi, je dis : coupable…

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Dans « Libé », une interview de Tom Wolfe qui affirme être le premier journaliste Gonzo. Je veux bien, mais que dire de Saint-Simon, La Bruyère ou La Rochefoucauld?

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Vivre au bord du précipice, d’accord. Toutefois, il convient de disposer d’un balcon…

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Moment de vertige horizontal!

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Mes propositions pour la France : scier la Bretagne et dynamiter Marseille.

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Le style est une ligne. Encore faut-il s’y entendre à la tordre. ( Morale Wha Wha )

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Faire entendre l’inaudible. Mieux : faire voir le visible…

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Voyager dans le temps est possible; il suffit de rencontrer un Sarkozyste…

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Donner forme au Chaos, telle est la fonction du style. Ou bien : mettre un peu de schizophrénie dans la forme.

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Le mythe de la « Belle Forme », refermée sur elle-même. Non!, – La forme doit être en expansion.

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Le style, c’est l’énigme de l’énigme.

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Je n’ai nul respect pour le croyant, dont l’archétype est celui qui ne doute jamais. Contrairement au mystique, qui n’est convaincu que du … – Doute.

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La peur de Dieu. Voilà ce que l’on devrait enseigner au Catéchisme, non que Dieu serait « bon » dans la mesure où, de toute évidence, il nous hait, in abhorre la créature.
– Je en vois pas comment l’en blâmer…

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La question du Diable : il est séduisant. Pourquoi? Hé bien, parce qu’il a une cause, fût-ce la négation où le Mal et, partant, – ne doute pas…

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La civilisation des « pressés ». Pas de temps, surtout pour le Doute. Décidément, je suis un anachronisme… ( Méditation pascalienne )

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Qui a créé Dieu? Dieu?

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Morale Poesque : c’est l’horreur, mais ça risque bien d’être encore pire.

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Il faut que je prenne du repos : je me suis trop reposé…

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Angoisse musicale…

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Je voyage peu : quelques millimètres par jours me suffisent.

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Me voici de retour au fragment, continuité, linéarité, – impossibles! Mais est-ce que ça ne vaut pas mieux ainsi?…

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La seule chose qui soit pire que le bruit, c’est le Silence, le silence du milieu de la nuit.

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Même le plus désespéré des aphorisme est inséparable d’une joie intense; tel est le sens de l’ironie.

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Le pire, ce n’est pas la colère ou la haine, – mais l’Indifférence.

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La jouissance du Texte est inséparable de l’ironie, peut-être même de la Voix; l’auteur, par contre, il convient que de s’en passer.

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Un réactionnaire est quelqu’un qui parle comme le quidam de la rue il y a cinquante ans.

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Afin de désarmer un ennemi, flattez-le.

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Dans la conscience des « Anciens », des strates – au sens géologique – d’idées reçues, de préjugés ininterrogés. Et, pour finir, des regrets, au mieux; au pire, de la Fatigue, une intense et épuisante Fatigue.

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À ce stade du Manque, je n’ai même plus envie de tranquillisants, non. Ce que je veux est – l’Absolu.

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Couché, j’ai parfois quelques projets; cependant, dès que je me lève, ils disparaissent. Il ne m’en faut pas plus pour me recoucher…

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Le Christ était un révolutionnaire. Aussi, reparaitrait-il de nos jours que les « Catholiques » le crucifieraient à nouveau. Je me félicite, lors, que nous ayons l’heur de vivre sous le règne de l’Antéchrist.

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Qui cesse de se développer meurt.

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Du temps où je m’arrêtais de boire, je me branchai sur les tranquillisant. Arrêtant lesdits tranquillisant, sur la drogue. Aujourd’hui, je n’ai plus rien pour compenser; la mystique, c’est le moins que l’on puisse dire, est une pure et simple question de chimie.

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C’est à Paris qu’on commencé ces brusques besoins de m’allonger, c’est à-peu-prêt de là que vient mon mode de vie catatonique.

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Je retombe toujours dans mes Chiffres, – mes Angles…

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26ème jour de manque. Sans les effets positifs, qui s’imposent dès le début de la cure, il seraient impossible de tenir.

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Un virus attaque le nord de la France, et les médias de dire en substance : « Afin de ne pas vous affoler, on va vous affoler »…

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Enfin, je nourris tout de même l’espoir qu’il ne me touchera pas; c’est que, pour s’ennuyer, hé bien, il faut du – Temps…

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Ce n’est pas parce qu’on désire faire quelque-chose que cela est interdit; il faut reposer le problème et affirmer que c’est parce que c’est interdit, etc.

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De la même façon, ce n’est pas parce qu’on est vieux que l’on est fatigué, mais bel et bien l’inverse. Et je sais, en matière de fatigue, Ô combien de quoi je parle.

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Misère du commentaire qui linéarise les fragmentaires, qui codent le discontinu.

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Cheveux longs, visage mangé par la barbe. Je me néglige, c’est un fait. Toutefois, je témoigne de… – La Cruauté de la Lucidité.

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Il est urgent de faire délirer les esprits cartésiens!

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Moment d’intense désespoir avec un soupçon d’extase. Décidément, je m’y entends à délirer.

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Qu’est-ce que je pue!!!

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Les réactionnaires, par définition, refusent le Nouveau. Ils ne veulent être que l’Autre d’un Autre, – et encore.

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Le Grand style doit procéder par gradation.

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Mes états d’âme n’intéressent personne, c’est vrai, mais l’âme des autres, elle, me préoccupe.

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Écrire sa « légende » importe peu; ce qu’il faut, c’est suivre son flux.

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Être sans but, c’est déjà un but…

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Ma plus grande victoire? Hé bien, être debout. Que dis-je?, être vivant…

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Bourdon complet!

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Soudaine inquiétude. Serais-je déjà mort?…

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Dès que j’ouvre les yeux : « Merde!, – encore en vie »…

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Tellement cafardeux que je me sens comme engoncé dans mon corps.

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Autant il y a un style, une ligne, de l’Angoisse, autant la Dépression, elle, est muette, car par trop barbare.

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Si je suis encore en vie ce soir, c’est que je suis immortel.

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Musique. Assis là à écouter le passé.

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Le soit-disant « Doute » de Descartes ne mérite pas un tel nom; il est trop confiant, – trop vital.

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Non!, – et il me faut un but. Le manque passé, la Dépression guette. Que faire, sinon mettre un terme à une autre addiction? Ok, mais laquelle?

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La conscience, à tout prendre, est un fardeau; la lucidité, – une perversion…

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La panique, extase renversée. La Dépression, fatigue, extrême lassitude. De quoi? Hé bien… D’être soi.

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Hier, ai essayé de solliciter mon fond mystique. Résultat : un mauvais poème et une nuit blanche. Comme quoi Baudelaire a bien raison de dire que « l’extase, c’est la prostitution. » Mes passes, qui pis est, sont bon-marché…

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Médicaments contre l’excitation, contre les angoisses de morcellement, etc. Toutefois, personne n’a jamais essayé de guérir ce que l’on serait tenté d’appeler pudiquement mon « mal de vivre ». Comment pourrait-il en être autrement, dans la mesure où il eût fallu me guérir de la vie…

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Me relisant, effroi devant le nombre d’auxiliaires que j’utilise. Pourtant, je suis le premier à concevoir que « être » est la pire des compromission.

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La plupart des gens pense que je suis en bonne santé. Pire : que je suis un alibi. Que l’on fasse de moi ce que l’on voudra, oui, hormis un – Reborn ».

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Guérir, seule façon de se tuer vraiment. De se – trahir…

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Comment ai-je fait pour arrêter toutes ces drogues? La réponse gît surement sous ma mauvaise volonté…

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La conscience sous héroïne est réduite à un point, toujours prêt à s’abolir. Les drogues dures, l’on ne peut les comprendre que par le ventre.

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Quand je regarde le peu qu’il reste dans ma boîte de médocs, je serais plutôt tenté d’affirmer que, le mieux, hé bien, c’est de ne pas apprendre à compter.

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Ne pas se méprendre à propos du morcellement, de la Dépression et sur les désordres mentaux en général. Comprendre qu’ils ont leur source dans le moi, – et non dans son refus.

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Le « progrès » est censé vaincre la superstition. Inévitable, lors, qu’il passe par le combat contre… L’identité…

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La « flore intestinale », moi, je veux bien, mais parlons plutôt de la faune.

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Impossible d’être continu en quoi que ce soit. Ha!, ça, oui, je suis fragmentaire par malformation, déformation, et non par goût. Ceux qui ont le sens de la totalité, comme Wilde, ne devraient pas écrire d’aphorismes, et laisser cela aux débiles comme moi.

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La nature s’y entend en matière de perversion. Faute de prendre cela en compte, l’on est tenté par le fameux « retour à la nature ». Untel me disant que l’homosexualité n’est pas « naturelle » devrait lire cet aphorisme, du moins s’il consent à l’usage « naturel » de l’ordinateur, ou de la voiture, etc.

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Ironie Socratique. La meilleur façon de lutter verbalement contre un réactionnaire est effectivement de le mettre en face de ses contradictions. Sur ce point, le philosophe Grec avait raison. Mais pour ce qui est de le rendre « meilleur », il se trompait, dans la mesure où le pire des cons, s’il « sait qu’il ne sait rien », se précipitera, aux prochaines élections, de voter Le Pen…

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Zweig, Poe, Dostojevshi, etc., écrivains de l’obsession. L’on chercherait en vain un philosophe plus profond que de tels… Scaphandriers des surfaces.

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Affronter la Peur, non jusqu’à ce qu’elle passe, mais jusqu’à ce que l’on soit à tel point repu de ce spectacle qu’il n’ai plus aucun intérêt. Hormis les nuits blanches occasionnées par cette « méthode », je puis vous garantir qu’elle fonctionne. Au prix de ma raison, je l’ai trempée…

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Toute théorie – et je m’y connais – est par essence discontinue, y compris celles qui semblent les plus cohérentes. C’est lorsque l’on s’attaque à la littérature que les problèmes commencent pour moi. En effet, il faut se concentrer.

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Un peu de blues, une trentaine (!) de cigarettes, et ça ne saurait aller que mieux, à tout le moins de mieux-en-mieux…

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Le bourdon, à tout prendre, est une certaine qualité de l’Étrange; d’où le fait qu’il n’aille pas sans une certaine volupté.

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Le seul truc à comprendre, dans la vie, hé bien, c’est qu’il n’y a rien à comprendre.

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La mort, c’est l’absence d’amour. Corrolairement, la peur peut tuer l’amour.
( Deux phrases qui ne sont pas de moi, mais je vous mets au défit de trouver le Silène qui a dit ça… )

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Vendredi dernier, véritable attaque d’émotions. Au sommet, lors du ravissement que ne connaissent que ceux – et ils sont peu nombreux – qui ont fait des extases, j’aurais pu me tuer. Les médecins, gens de bon sens, pour la plupart, savent cela : c’est la joie, non l’angoisse, qui pousse au suicide.

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Incroyable ce que les Français peuvent avoir l’instinct de propriété. Aussi peut-on expliquer que 68 se soit fait à coups de rouge, et pas à l’acide. Me relisant, je vois une erreur : qui, en effet, du premier ou du second explique l’autre?…

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Esprit à comptes, porté à « faire le point », esprit pervers parce que téléologique. Qui est affligé de ce genre de perversion ira jusqu’à faire le bilan de chaque seconde…

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La plupart des gens pensent que je suis suicidaire. Je récuse! Pardon, – mais le fait que je sois vivant, à tout le moins, témoigne en ma faveur…

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Selon une phrase attribuée à Rimbaud, « la seule chose qui soit insupportable, c’est que rien n’est insupportable ». Ça ne semble rien, dit comme ça mais, croyez-le, ce simple énoncé médité au cœur de la nuit, s’il est compris, – vous revigore.

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J’en suis au point où je n’ai plus besoin de nul support pour écrire. Même la Bible ferait l’affaire. Que dis-je?, – L’annuaire, déjà…

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C’est après avoir compris que tout est vain que l’on cesse de désespérer ou, à tout le moins, de – désespérer de désespérer. Il suffit, à tout prendre, d’avoir lu « Le Cantique des Cantiques »…

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L’on ne saurait être plus impudique que moi, à publier ses états d’âme sur un blog, etc. Pardon, mais j’ai une excuse : je n’existe pas.

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Tout acte de connaissance est nihiliste et inversement.

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Si exister, c’est adhérer, l’on comprend pourquoi ceux qui appartiennent à un parti, quel qu’il soit, cessent de douter.

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Qui a vécu une seule nuit blanche en sait plus sur la souffrance que le Christ lui-même. À preuve, la Bible ne relève nulle insomnie de Jésus…

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Qui veut se documenter sur la folie n’a qu’à s’échiner à ouvrir réellement les yeux; le réel suffit, c’est un délire à soi tout seul…

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Pour avoir connu nombre d’extases, je suis, moi, en mesure d’affirmer que la Mystique et le désespoir ne font qu’un.

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Médire de la Mort n’est pas d’un esprit religieux. Aussi, ce qui me gêne dans les Saintes Écritures, c’est que le Christ n’y est presque jamais joyeux. En ce qui me concerne, la pensée qu’il a beaucoup ri me console souvent.
Telle est peut-être la différence entre l’œcuménisme et la… Spiritualité.

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Je me souviens de ma propre mort!!!

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Qui nie, à tout le moins, n’a point la pente du Doute…

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Superstition de l’Action, de faire quelque-chose. Non seulement Pascal est encore d’actualité, mais encore l’Ecclésiaste…

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Moment de panique : je prends atrocement conscience du fait que je suis en vie. Non, pire!, – je prends conscience de ma conscience.

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Ce n’est pas un hasard si le discours sur la « Décadence » à suivi celui sur le progrès. Eût-on mieux écouté les sceptiques qu’il en eût été contemporains. Les sceptiques? Que dis-je?, – les Mystiques…

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J’avais le Bourdon depuis le réveil lorsque je m’avisai d’écouter Hendrix. Soudain, transfiguration; ma Dépression s’était muée en colère…

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Il me demande si j’aime tel acteur, et je lui réponds que je l’ai beaucoup apprécié dans tel film ou, justement, il ne joue pas. Il y a cependant des traits d’esprit qui ne prennent leur sens qu’en pleine nuit. Aussi ai-je pris conscience que, s’il ai vrai que j’aime la vie, j’aime celle où je ne suis pas.

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Quel besoin de télévision alors que sortir dans les rues et considérer avec lucidité ses contemporains vaut toutes les séries humoristiques?…

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Je n’ai prié intensément qu’une seule fois dans ma vie, du moins avec ferveur. La prière superficielle, qu’y a-t-il de plus déshonorant pour Dieu? Pire : de plus indiscret, voire carrément lyrique.
J’en suis convaincu depuis l’enfance où, lors de la confession, j’inventais des péché, tellement je me sentais innocent…

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Dieu eût été respectable s’il n’avait pas créé l’homme. Mais par qui donc aurait-il été… Respecté?

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Moment d’intense désespoir, mais il me faut lutter. Oui, mais contre quoi?

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Sans avenir, je suis, et par là même, – sans passé…

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« Pour », ce mot, pour moi, est dénué de sens.

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N’importe-quel clochard est plus divin que le dernier des fanatiques.

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Heureusement, il y a tout de même des musiques sur lesquelles il est interdit de désespérer.

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L’on n’est intime avec quelqu’un lorsqu’il est possible de rester muet en sa présence. Cela est toutefois à nuancer, dans la mesure où chacun, lors est dans son vide, son désert personnel.

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Soudain bouleversement. Mieux vaut la vue troublée que… La Pensée.

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Quand je ne me sens pas pour moins-que-rien, j’ai l’outrecuidance de me croire l’égal d’un Dieu.

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Brusquement, je ne me sens plus en sécurité.

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Je ne considère mes semblable que comme des exemplaires, ratés, off course…

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Je n’ai pas le pli de l’avenir.

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La perversion authentique, je la pense au plan d’un orgasme conscient…

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On ne m’appelle pas. Je suis en colère. L’on m’appelle, et j’en veux au gêneur.

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L’espérance est la négation, non du désespoir, mais de… L’évidence…

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Le bourdon s’y entend à saper, éroder. Les émotions, quant à elles, vous rongent.

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Perdre son temps, tout est là; mais l’Éveil n’intervient vraiment que lorsqu’on le gaspille.

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Impression de déchoir dès qu’on m’appelle par mon nom…

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Quand j’y pense, lors des confessions, j’aurais dû inventer mieux, au moins des meurtres…

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La psychanalyse a sécularisé nos émotions. Aussi, quel déshonneur à se voir taxer de maniaque ou autre à la moindre crise religieuse. De la même façon, c-à-d : l’idéalisme, on nous vend, dans les médias, peurs et culpabilités. Hier, un nouveau virus apparaît, mute ou je-ne-sais quoi, et l’on cherche déjà la solution. De quoi?, – voudrait-on nous voler nôtre mort?

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Pourquoi j’ai horreur du bruit : parce qu’il a un arrière-goût de définitif.

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« Moi aussi, comme , j’aspire à l’infini »; mais, à leur différence, je suis insomniaque…

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La peur de la mort, l’on peut la constater à la pandémie d’écrivains qui sévissent de nos jours : tout le monde écrit.

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Hé, – quoi?, Même le Néant est une émotion…

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Si j’avais eu la vocation d’un démiurge, j’aurais été entomologiste…

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« Solide solitude/ mais c’est toi que j’attend. »

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Considères-toi comme un obstacle!