Les mots se fétichisent
au gré des circonstances
Ô, que l’amour attise
une dernière fois nos transes

Dépersonnalisation

Elle sait apaiser l’angoisse par un certain nombre de mots. Des mots, en fait, comme des filets ou grilles qui
tamisent
l’angoisse. – N’ai-je pas proclamé moi-même la mort des Cadres?!
Au profit des processus. Le tout est de bloquer l’épanchement de l’angoisse, de stabiliser le corps, & ce afin qu’il qu’il se garde… Qu’il conserve son énergie.

L’Angoisse est-elle dans ce déficit énergétique, ou réside-t-elle dans ce surcroit d’énergie qu’est la possibilité d’un schisme DE HAUT EN BAS…

***

Il faut avoir connu ce moment où l’on est plus soi-même, ces PAUSES durant lesquelles l’on guette encore
– quelque-chose.

***

Il dit « je ». Il s’adresse à moi comme à un autre « je ». Identité imprécise, véritable moment de la perte,
& ce depuis l’enfance… S’agit-il d’un doute conséquent ou d’une véritable impossibilité psychique, mentale?
– Qui serait l’Impossible concentration
& l’extrême diffusion de la langue, de l’Esprit. Peut-être, mais ne faut-il pas AVANT TOUT localiser le trouble afin de crever l’abcès?
La septicémie, gangrène de l’ipséité.

Ça y est! & je tombe. Non! Non! & ça ne saurait être plus horrible!
N’est-il pas vrai que le 1er imbécile venu dispose, lui, d’un moi, d’un COMFORTABLE moi…
– D’une position dans la société
que moi je n’ai pas

Commodité du langage, en fait, car il est bien certain que la Mort n’a ni genre, ni nombre,
– en-deçà même du Neutre

qui avance vers un moi
/ car le moi, lui non plus, n’a ni genre, ni nombre

***

Au matin, se réveiller avec une impression repoussante d’insectes, ce grouillement arachnéen dans le lit
– & dans un – moi

***

FEAR

La peur monte. Elle va bientôt me renverser, telle une furieuse vague, tsunami psychique. Rêve de cette nuit, bling-bling& familier.
Contourner le Langage dès maintenant pour une véritable expression

Il semble en fait que cet épuisement forme comme une valve de réduction ( Zyprexa ) par laquelle s’épanche l’Infini du Moi. Le bain vibratoire lui-même, le fait d’y être, ici ou Hailleurs, & ce afin de ne plus se positionner
ni dans le moi,
ni dans le langage,

– ni dans la société.
/ j’entends par là faire table rase de toutes formes de limitation; j’entends par là correspondre avec une certaine « vérité ». À peine l’ai-je proféré que j’endure toute la vanité de ce mot :

HISTOIRE
Un anonymat extrême. Une sorte de préhension qui n’aurait pas de dimension, de direction, ni d’approche. pourtant, la délivrance est elle-même une douleur, & aussi une jouissance. Dimension scolastique: un temps d’arrêt avant que de dévaler dans la journée.

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Il faut, n’set-ce pas, se positionner comme on peut dans le Réel. Pour autant, en ce qui me concerne,je tends vers la suppression de toutes limites reconnues & avalisées. Je tends aussi à une inscription rongée par l’Infini psychique.

A-t-on idée de la campagne ( centres commerciaux durant des journées entières, samedis & dimanches )
& l’ennui stupéfiant des bornes mentales. Hier, dimanche, dans l’impossibilité de comprendre quoi que ce soit.

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Elle me dit ne plus me reconnaître. Pourtant, ce n’est pas « moi » qui ai changé.
En fait, je n’ai pu maintenir toutes les faces du Réel jointes ensembles. Il s’agit encore d’une perte dans l’ordre du moi.

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Je pense à autre-chose qu’à autre-chose. Je veux dire que ce qui, pour les autres, est loisir & plaisir, est pour moi une corvée ennuyeuse. Bien-entendu, cela n’est pas sans rapport avec ma conscience, cela n’est pas sans rapport avec l’énergie véritablement CONSUMÉE pour me faire un moi.

Car pendant tout ce temps psychique,
le temps de la Pensée, lui-même sans nul lien avec le vécu ordinaire, – la connaissance que l’on peut prendre du monde. Cette conscience, donc, qui ronge véritablement tous les pans du Réel, acide comme un vieil estomac

– qui se digérerait lui-même…

Suite des chants de l’ado fou

New-York était l’idée d’une parfaite concentration d’énergie psychique. Je me retournais en moi-même, essayant de m’emparer, & de VISSER une certaine zone d’angoisse lorsque, justement, cette fille apparut, à la fois lointaine& près de moi.
le sillon d’émotion se fit, lui aussi, jour, mais selon un choix en réalité impossible à savoir.
Qu’il s’agisse ou non d’un souvenir du futur importe peu. Oui, car la masse tourna aussi à l’intérieur de mon esprit & N.Y devint Londres, & Londres, – Paris.

– Ne faut-il pas, lors, exciter la possibilité d’un trajet?
– Je vois ce que tu veux dire,mais toutes les vies n’y suffiraient pas.

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Que cette fille existe ou non, c-à-d : hors de ce rêve, – importe peu. Le fait est que je pouvais voir l’énergie circuler autour de mon propre corps. Énergie, oui, mais neutre, froide, & comme qui dirait inachevée. & c’est bien dans l’impossible désir que baignait cette scène, i.e : dans la lumière d’une aube paradoxale.

***

Bleu soleil de minuit. Son corps près du mien. Mais émergeant d’un rêve ajourné, ainsi qu’un paysage étourdissant.
– Un peu comme si je vieillissait trop vite, un peu comme si je ne comprenais plus rien à ce monde qui m’entoure. CREVANT la surface du sommeil, il me semble me souvenir. Mais le problème est dans cette stupéfaction profonde de mon moi superficiel , dans le fait que le cœur se met à taper, prémisse à quelque malaise… Inconnue demeure la légèreté de ce souvenir

– Qui jamais n’eut lieu!

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Impression hors-texte, un peu comme si j’était la proie d’une littéralité fatiguée et athée.

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Cher ***,

Je dis que la psychose est une limite, & je dis aussi que la folie n’existe pas. Il est peut-être vrai que ce que vous appelez « maladie mentale » est envisageable a priori en fonction d’un cadre, qu’il s’agisse d’un comportement ou d’une idée, etc.

Avez-vous pour autant pris en compte cette position, – à savoir que, pour les autres, vous aussi êtes un autre…

& je dis : ceci est la définition même de l’aliénation!

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Au demeurant, l’œil de la nuit est tout aussi bien une certaine torpeur psychique.

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Il me semble que la Réalité est impossible. Dire ce que l’on ATTEND du fait, – est dire ledit fait.

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Une recherche ne saurait s’ajourner sans inquiétude.

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œil dans le tunnel
au bout duquel
– tu n’étais pas.

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Le visage se désolidarise. L’Angoisse monte, un peu comme sous acide. Que je fasse d’ailleurs un usage « défoncé » ( au sens rien moins que machinique ) de toutes les substances qui me tombent sous la main,
est le trait même de ce qui fait l’abus.

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Au milieu de l’espace mental se concrétise le visage de cette fille. Visage& silhouette objectivement parfaits. Mais rapidement, il y a comme une duplicité, c-à-d comme si elle-même était double; – & moi triple, quadruple, – légion. Seulement il s’agit d’une supposition, d’une hypothèse n’ayant pas de validité en-dehors du monde onirique.

Me réveillant, ou, à tout le moins, croyant me réveiller, je constate que j’ai perdu tout ce qui relevait du temps, & ma vision du périph’ & des nuits de débauche.

***

Cher ***,

Vous pourrez toujours parler du désespoir des jeunes, – & autres binch drinking ( ?),
Le fait est que je ne connais, de la jeunesse, que le désespoir adolescent, parlant dans la mort en-deçà d’une certaine vision, d’un certain départ, par exemple en direction de New-Amsterdam.
Je crois que le désespoir, à ce titre, n’est en aucun cas l’apanage de la jeunesse. En réalité, tous les âges sont désespérés; mais, au bout d’un certain temps, hé bien, l’on se résigne.

« Le monde est trop vieux, il n’y a rien de neuf. Tout a été dit. » Tel est le point de tous les âges. Les révoltes se crispent.

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1999. Ces longues journées à attendre, en sueur, l’arrivée du dealer. L’AVANT drogue : une appréhension tout à la fois joyeuse & désespérée.
– Lame de fond emportant ceux qui ne sauront pas dévisser à temps.

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Angoisse.

Rythme cardiaque qui accélère, peau à fleur de nerfs. & cette conscience essayant de sortir par les yeux. Puis le réveil; – je ne sais plus où je suis
– ni qui est je. Alors faire le bilan est impossible, même s’il se révèle positif. Il n’y a rien d’autre qu’un système,
qu’un réseau… Une pente cérébrale.

– JE SUISÀ BOUT!!!

***

Je pouvais me servir de l’idée même de son visage afin de concrétiser, de fixer, le flux atroce des émotions. Entrant dans ce club, sur les pentes, j’aperçois moi-même quelque-chose qui venait, soit d’ailleurs,
– SOIT D’UN AUTRE TEMPS.

Il suffisait pour cela de se remémorer les versions du Minuit.

***

Je ne pourrai jamais écrire sans un certain regard clinique que ne connaissent pas les pohètes; & je ne me suis jamais prétendu poëte.

***

Sa sensibilité est incroyable. Je pense que, en lui lisant ces quelques hideuses strophes, elle pourra comprendre
        – que je ne l’ai jamais aimée!