Poëme pour pouvoir

Printemps 2000

J’émerge aux environs de 09h30; estimant que je n’ai pas assez dormi, je prends une centaine de mg d’Atarax, un ou deux Stylnox, etc… Je me rendors vaguement, quant un choc au cœur me secoue la cage thoracique. Tremblant, je sors du lit & allume une cigarette. Je vais me faire un café.

En fait, je suis à deux doigts du malaise, tremblant de tous mes membres, je vais m’étendre 5 minutes. Une fois au lit, ça va un peu mieux. Enfin… Jusqu’au moment où je rouvre les yeux.
Il y a, en effet, comme de grands à-plats noirs & des plaques de… Comment dire?… De non-visible. j’ai toujours considéré que les drogues ne sont pas un problème tant qu’elles n’affectent pas la vue; ce qui, présentement, est le cas. Je vais chercher la notice de l’Atarax pour voir ce qu’il faut faire « en cas de surdosage » et constate, hébété, que ce ne sont pas 5à ou même 100mg que j’ai pris, mais bel& bien la plaquette entière!

C’est là que, à mon sens, il faut prendre les chose en main. Aussi est-ce que, cédant à une impulsion des plus absurdes, je décide de me rendre chez mon ophtalmo. Le problème, en l’espèce, est que les chocs cardiaques & autresvibrations n’ont pas pris fin.

Mais je suis déjà parti… dans un état second, je traverse le pont de la Guillotière, puis la place Bellecour, etc… Je dis : « dans un état second », mais il faudrait inventer un « état 3ème » ou 4ème pour rendre compte du supplice que j’endure. Non seulement mon cœur ne veut plus se calmer mais, à présent, j’assiste à de curieux phénomènes de distorsion de la conscience. Tout se passe comme si une partie de mon corps essayait de GICLER hors de moi-même.

J’arrive à l’immeuble du médecin, sonne, & la porte s’ouvre. Je monte les escaliers sur lesquels sont disposés des tapis rouges, & arrive au 1er étage & sonne à nouveau. Bien que je ne connaisse à ce docteur nulle secrétaire, c’est cette dernière qui me répond. Elle me regarde par le judas, & me dit qu’elle a peur de moi.
En ce qui me concerne, regardant de l’autre côté du traitre dispositif, je vois tout le cabinet, du bureau de la soit-disant « secrétaire »à la salle d’attente.

Mais voici le pire… L’œilleton se met à bouger, à GLISSER, en fait, du centre jusqu’en haut, puis en bas de la porte. Je me penche, disant à la secrétaire imaginaire: « Mais, voyons, JE NE REPRÉSENTE AUCUN DANGER ».

je comprends soudain qu’il s’agit d’une hallucination, & me rends chez mon généraliste qui m’affirme que je serai clean dans quelques heures.