The boy next door

Automne 2002.

J’ai rendez-vous à la banque à cause de mon découvert chronique. Ne voulant pas y aller sobre, je passe la matinée à me travailler aux barbituriques-canons & au H; si bien que, à l’heure de l’entretien, je ne sais même plus qui je suis.

En chemin pour le Crédit Lyonnais, rue de Marseille, je sens mon corps & mon esprit se contracter& comme se…Séparer. C’est même plutôt difficile à décrire : je suis comme parcouru par un courant électrique. Chocs au niveau du cœur & du cerveau. Le pire, ce sont ces oscillations au plan de la vision.

Quant j’arrive à la banque, je ne sais déjà plus où j’habite. La secrétaire me fait patienter dans une sorte de salle d’attente, plutôt du genre couloir, d’ailleurs. Bref, il me semble que tous les gens qui sont là ont le même genre de problèmes que moi. Une bonne-femme à qui il manque 2, 3 dents, un gars probablement alcoolique, etc…Mais, en ce qui me concerne, les problèmes ne sont plus du tout financiers. En effet : il s’agit tout simplement de rester en vie durant une O D de Xanax, Tranxene & autres… Parce qu’il y a, je le répète, un certain nombres de mouvements & de vibrations d’ordre strictement électriques. La pièce entière est parcourue de zig &de zag; je suis obligé de contracter les mâchoires, de serrer l’abdomen…

Lais ce ne serait pas si grave sans ces phénomènes optiques, une « foire optique » faite de dissociations.

C’est enfin mon tour. Ma conseillère me sort 2, 3 papiers sur l’imprimante & commence de m’apprendre pour la énième fois comment gérer mon argent, ce qui, en clair, veut dire : ne pas claquer mon RMI le 8du mois en drogues & en putes…
Mais mon cœur ne l’entend pas de cette oreille; en effet, sous son empire, mon corps se met à fourmiller. Un million de pointes se hérissent en même temps. Je sors de moi-même avec l’impression que je suis sur le point de faire une crise cardiaque. Mais mon cœur cesse soudain de cogner. La banquière, désormais, est loin de moi, est loin de mon corps, de mon esprit…

Je transpire à grosse gouttes. Dieu sait comment j’y suis arrivé, mais je suis dehors; j’allume une clope & essaies de reprendre mon souffle.