Tranxène.

Sentiment de lourdeur de

Lourdeur

Dans ma conscience. Le corps

Rassemble

Plaque au sol

— Nous entrons dans une zone de calme il me faudrait

Un Red Bull

Pour que ça aille plus vite

Mensonges de mon visage

Fin de la page.

Chronique littéraire.

Chronique des Lois de l’attraction, de B.E. Ellis.

Dans Les lois de l’attraction, Bret Easton Ellis nous conduit dans une zone narrative complètement déconstruite. Les vies de plusieurs personnages se croisent, se mêlent, se défont.

Seulement voici : « Personne ne connaît jamais personne. »(p 275) C’est l’impossible communication, l’impossible communion,

— L’impossible amour…

Si la narration est à ce point brouillée, c’est que l’identité ne l’est pas moins : les personnages ne cessent de perdre leurs papiers.

À mon sens, ce n’est pas American psycho qui est le roman le plus hard d’Ellis, mais bien Les lois de l’attraction, qui est le plus trash : drogues, beuveries, coucheries, rien ne manque à ce tableau glauque de la fin du monde.

Bret Easton Ellis.

Critique de White de B. E Ellis.

Peut-on regarder le monde, en esthète hédoniste, comme un spectacle?

Peut-on se produire soi-même comme leurre?

C’est à ces questions que nous invite White , de Bret Easton Ellis, livre contestable, certes, mais qui fera, à n’en point douter, date.

***

Critique de Moins que zéro, de B. E. Ellis.

Clay est jeune. Clay est riche. Clay est beau. Mais, comme le lui fait remarquer son ex copine lorsqu’il revient en Californie, c’est tout. Il ne s’implique dans rien. Son univers de nantis est en réalité hautement frustrant.

« On peut disparaître ici sans même s’en apercevoir. » (p 175)

A-t-il au moins été une fois heureux? On peut se le demander. Il a, il est vrai, des bouffées de nostalgie. Mais ce qu’il ressent, ne serait-ce pas tout simplement l’appel du désert?

Ce roman, paradoxalement, s’inscrit dans la lignée des romans de l’Ouest, qui va de Steinbeck à James Frey, en passant par Fante et Harrison, un roman dur, violent, mais non dénué d’un certain humour, aussi cynique soi-il.

Dépression.

Au bout de combien de nuits d’insomnie est-ce que l’on craque? Au bout de combien l’on s’effondre? Corollairement, au bout de combien de désillusions sombre-t-on dans la dépression?

C’est ce que je me demande tandis que je promène mon désespoir dans les rues de la ville, dans les bars, etc.

Mon psy m’a dit que la dépression à la même fonction que la fièvre. Nietzsche, dans sa conception du « fatalisme Russe », était dans le vrai. C’est aussi les microperceptions chez Leibniz : au bout de combien de petites faims a-t-on vraiment faim?

Aussi est-ce que toutes ces petites frustrations, tout ce boulot, toute cette accumulation, donc, ont fait que je me sUis effondré.

La dépression est, oui, cette grande fatigue. & il y a l’ennui… Peu à peu, le monde se noircît — er c’est la dépression. Et l’on ressent ces bouffées envahissantes de mélancholie à l’état pur.

Suite des méditations d’un logicien.

« Ceux qui savent s’en foutent; ceux qui ne savent pas, ne savent pas. »

*

La catastrophe de la psychose, c’est la perte de la Pensée. Autrement dit, la psychose n’ad’vient a nul sujet. Impossible, pour qui en est la proie, de la penser. Impossible, pour autrui, de penser la psychose.

(Débat actuel sur les aidants)

Q : Pourquoi?

R : parce qu’il l’a penserait en terme de sujet.

*

« Philosophes, vous êtes de vôtre Occident. »

Rimbaud.

*

L’ancien dépressif sévère. Le psychotique stabilisé. Ils vivent dans l’oubli de la maladie mentale. Mais dans un oubli vivace.

*

Dans la psychose, la catastrophe est infini. Pourquoi? Parce qu’il y a perte du sens. Mélanie Klein.

*

La souffrance est un état. La douleur est une limite.

*

Tout ce qui est de l’ordre de la limite est impensable.

Impossible.

*

Du temps que j’étais en analyse, les séances se déroulaient ainsi : au début, la psychanalyste me faisait : « Dîtes. » ce à quoi je répondais : « Ça va pas. » Puis le silence. Le silence à peine pesant. Entre lui et moi, le mur de la Catastrophe, de la psychose.

*

L’œil du cyclone. Paix dans les brisements .

*

J’ai un ami qui a lu tout Proust. Il l’a lu à voix haute. Il a laissé Proust parler en lui. Il a maintenu un dialogue essentiel.

*

La psychose n’a pas d’histoire, d’épos. Car elle n’a pas de sujet. Elle n’est ni passée, ni à venir. Elle n’ad’vient que Hors historicité.

*

L’avenir et le passé, cela n’a rien à voir avec la psychose. Il n’y a pas et n’a saurait y avoir nul séjour en la psychose. Erreur de Jaspers et de Michaux. Non pas Paix dans les brisements , car tout va beaucoup trop vite pour que l’on se permette de faire une pause.

Pas de tourisme!

*

Au cœur de la Pensée, la psychose.

La catastrophe.

Y-a-t-il une limite à ce que l’on peut penser?

Dans la négative, peut-on se passer de Dieu?

*

« L’extrême du possible.» (Bataille). Est-ce ce lieu terrorisant où l’homme se trouve confronté à la radicale altérité?

À la radicale étrangeté?

*

L’extrême du possible est l’expérience d’une limite.

L’expérience?…

*

L’impossible . Tout est dit dans le titre. Développer est paradoxalement superfétatoire et nécessaire.

*

« Je comprends presque cette proposition. »

Q : Qu’est ce que cela veut dire?

R : Que je suis dans les parages du sens.

Nouvelle lettre sur moi-même.

Chère ***,

Le problème, dans mon cas, c’est que je suis complètement brouillon et que, l’un dans l’autre, je ne parviens pas à développer, du moins pas de façon cohérente. J’admire les écrivains qui, tels Balzac ou Zola, faisant des plans, pouvaient écrire la tête froide. J’excepte Flaubert, pour lequel mon admiration est sans borne, et ce depuis l’adolescence. S’agissant de mon cas, je ne me résous à écrire que dans la plus extrême des nécessités, lorsque l’excitation est à son comble, et que le dessin ne suffit plus.

Je en sais pas si ce que j’écris est bien « normal », mais, ça, je m’en fous. Je me fous des fous les fous sont fous des fous, etc. Quoiqu’il en soit, je ne vivrai jamais de ma plume, alors autant être radical. Je ne crois pas que la « littérature » soit dans le ciel des idées. Non, la littérature doit être en action. , comme chez Artaud, Cioran ou encore Bataille.

Je ne me reconnais dans rien d’impersonnel, de détache. Non, il faut être absolument personnel. Et, cela, je le dis sans vouloir réhabiliter une philosophie du sujet fondateur.

Et j’en reviens toujours à mon idée du lyrisme objectif. Par ce terme, je n’entends pas un lyrisme de l’épanchement sentimental adolescent, etc. mais bel et bien à un espace où le «je » s’ouvre à quelque-chose qui n’est pas lui.. c’était d’ailleurs le sens de mon dernier « livre » « logique ».

Parce que, tu vois, le truc, c’est que je ne puis me satisfaire d’être seulement moi-même… Non… Mais je ne veux pas être un « autre » pour autant.

Ce que je veux dire, c’est qu’il me faut une ouverture sur « autre-chose », au sens où Hugo dit : « Je suis un homme qui pense à autre chose. » Sous-entendu : « À autre chose [que d’être un homme] »

—-

[Suite de la lettre après une douche froide tandis que je commençais de m’assoupir…]

J’ai toujours de l’avance sur moi-même : si je lis un livre et que je projette d’en lire un autre, hé bien, le premier fini, je change radicalement de perspective. C’est justement la dimension d’ »autre-chose ».

Dans deux ou trois heures, le jour se lèvera, et les travailleurs matinaux iront… Je ne sais où… Dans la schizophrénie, ce qui importe, ce sont avant tout les rythmes. Françoise Dolto l’avait bien compris. Il faut qu’ils soient réguliers, qu’ils renvoient à la dimension de la sécurité, etc. Ce qui m’amuse, moi, ce sont les rythmes brisés, les trajectoires en zigzag, un peu comme chez Deleuze. Ou alors, mieux : la nécessité de l’arythmie quant on marche dans le désert dans Dune.

Je crois avoir assez abusé de ton temps pour cette nuit. Bonne journée!