Cours de la vie.

Je lui dis que cette fille a l’air d’une pute.

« De quoi?, me répond-il. Tu insultes les putes… »

Aphorismes.

Lecture des Journaux de Kafka. Le désespoir d’en rire…

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Baudelaire avait raison : l’extase, c’est la prostitution.

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Villani. Typique du premier de la classe ayant eu une adolescence douloureuse.

De la même façon, l’autre jour, *** m’a réprimandé (car tel est bien le mot), au bar, parce que je mettais toute la table en désordre. Ce n’est pas que la remarque ne fut justifiée, mais tout était dans le ton, ce ton d’institutrice courroucée. Ce la puait littéralement les mauvaises notes à partir de la seconde…

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Adoncque, l’on a toutes les raisons de se méfier de ceux qui, d’une manière ou d’une autre, on eu une adolescence malheureuse.

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La raison pour laquelle je ne vis que la nuit est que les journées sont fastidieuses.

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Comment un homme se dépasse. La question est dialectique. Il advient autre, autre que lui-même étant un autre que lui même. Ne pas oublier ce que j’ai déjà plusieurs fois affirmé : je suis autrui.

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La raison de mon inclination pour les filles publiques : le sexe et l’argent.

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Cette nuit, irrépressible envie de sniffer du Poppers. En effet’ j’en avait vu la pub dans un sex shop pour 10€. Alors je. Optais en acheter. Seulement, vers 8h, j’étais déjà moins sûr. Vers 10h, difficile à mettre en œuvre. Enfin, vers 11h, impossible.

Tout cela pour dire ce que le désir d’une nuit nuit d’insomnie : le phantasme s’élevant telle la fumée d’une Gitane…

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S’arrêter, c’est se fixer, cesser, — renoncer. Mais, en quoi conscpiste le jugement, sinon à arrêter?—

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La plus grande partie de l’effet des drogues récréatives réside dans le fait qu’elles sont illégales..

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L’on ne sait que l’on est un homme que lorsque l’on descend au fond, au fond, AU FOND.

— Hors de cela, il n’y a que littérature.

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Impossible d’être ici, et impossible d’être ailleurs.

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Il est étrange que les épreuves de la vie marquent à ce point le visage. Non seulement le chien se met à ressembler à son maître, le mari à sa femme . Mais l’on porte le masque de ses excès..

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Bien-sûr, l’on peut expliquer ls camps de la mort. Mais dans quelle mesure peut-on les comprendre?…

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Pour Goffman, il y a « univers concentrationnaires » des lors qu’il y a « institution totale » (totalitaires) Être enfermé… Franchement, je ne sais pas comment je me suis remis des H.P. Remis? Oui… À tout le moins si l’on ne prend pas trop en compte que j’ai encore les barreaux dans la conscience…

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Je me souviendrai toujours quant, en pleine crise d’insomnie, *** m’a dit : « Ils t’ont encore augmenté tes médocs. » Mais « ils » n’avaient rien augmenté du tout. Seulement voilà : j’avais le visage de la mélancholie, de la dépression.

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Mes colères sont littéralement hallucinantes. C’est au point que je ne puis supporter d’habiter la même planète que celui qui suscite à ce po!t mon ire.

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Le « Ce n’est pas ma faute » de Valmont. À qui s’adresse donc cette phrase? Réponse : à l’esprit de culpabilité.

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Ce bar est rempli de gens qui sont là pour être moins seuls, pour ne pas être seuls, etc. Moi, être seul, c’est tout ce que je désire. Mais tout le monde semble de connivence pour m’emmerder…

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En pleine crise de désespoir, je remarque une pancarte : « Il y a de la joie », proclame-t-elle… Rien ne saurait être plus inapproprié.

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Le fond de l’homme. L’on sait que l’on a atteint, vraiment, le fond, lorsque l’on ne peut plus rire.

Poème.

Au fin fond de la nuit, tu diras que je trompe

L’ennui. Et en un sens, tu as raison, c’est vrai :

Tu me manques à présent plus que je ne dirais.

& les cieux se fracturent, et les étoiles se rompent.

L’histoire qu’à nous deux nous avions construite

S’évapore. Et le mieux, pour chacun d’entre nous

Est d’écouter le temps qui sait réduire en tout

Les moments de chagrin, bien mieux qu’aucune cuite.

C’était il y a vingt ans, et c’était aujourd’hui ;

c’était hier surtout, et quoi que tu en aies

Je puis dire qu’en un certain sens je t’aimais.

À ma façon du moins. Crois-le, c’est vrai aussi.

Nos chemins se séparent. Faut-il s’en affliger?

Sans toi, les nuits sont longues, et il faut supporter

Que ce sillon, ce schisme redouble l’existence.

Moi, c’est dans le regret que je goûte la jouissance.