Suite des chants de l’Adolescent fou

New-York était l’idée d’une parfaite concentration d’énergie psychique. Je me retournais en moi-même, essayant de m’emparer, & de VISSER une certaine zone d’angoisse lorsque, justement, cette fille apparut, à la fois lointaine& près de moi.
le sillon d’émotion se fit, lui aussi, jour, mais selon un choix en réalité impossible à savoir.
Qu’il s’agisse ou non d’un souvenir du futur importe peu. Oui, car la masse tourna aussi à l’intérieur de mon esprit & N.Y devint Londres, & Londres, – Paris.

– Ne faut-il pas, lors, exciter la possibilité d’un trajet?
– Je vois ce que tu veux dire,mais toutes les vies n’y suffiraient pas.

***

Que cette fille existe ou non, c-à-d : hors de ce rêve, – importe peu. Le fait est que je pouvais voir l’énergie circuler autour de mon propre corps. Énergie, oui, mais neutre, froide, & comme qui dirait inachevée. & c’est bien dans l’impossible désir que baignait cette scène, i.e : dans la lumière d’une aube paradoxale.

***

Bleu soleil de minuit. Son corps près du mien. Mais émergeant d’un rêve ajourné, ainsi qu’un paysage étourdissant.
– Un peu comme si je vieillissait trop vite, un peu comme si je ne comprenais plus rien à ce monde qui m’entoure. CREVANT la surface du sommeil, il me semble me souvenir. Mais le problème est dans cette stupéfaction profonde de mon moi superficiel , dans le fait que le cœur se met à taper, prémisse à quelque malaise… Inconnue demeure la légèreté de ce souvenir

– Qui jamais n’eut lieu!

***

Impression hors-texte, un peu comme si j’était la proie d’une littéralité fatiguée et athée.

***

Cher ***,

Je dis que la psychose est une limite, & je dis aussi que la folie n’existe pas. Il est peut-être vrai que ce que vous appelez « maladie mentale » est envisageable a priori en fonction d’un cadre, qu’il s’agisse d’un comportement ou d’une idée, etc.

Avez-vous pour autant pris en compte cette position, – à savoir que, pour les autres, vous aussi êtes un autre…

& je dis : ceci est la définition même de l’aliénation!

***

Au demeurant, l’œil de la nuit est tout aussi bien une certaine torpeur psychique.

***

Il me semble que la Réalité est impossible. Dire ce que l’on ATTEND du fait, – est dire ledit fait.

***

Une recherche ne saurait s’ajourner sans inquiétude.

***

œil dans le tunnel
au bout duquel
– tu n’étais pas.

***

Le visage se désolidarise. L’Angoisse monte, un peu comme sous acide. Que je fasse d’ailleurs un usage « défoncé » ( au sens rien moins que machinique ) de toutes les substances qui me tombent sous la main,
est le trait même de ce qui fait l’abus.

***

Au milieu de l’espace mental se concrétise le visage de cette fille. Visage& silhouette objectivement parfaits. Mais rapidement, il y a comme une duplicité, c-à-d comme si elle-même était double; – & moi triple, quadruple, – légion. Seulement il s’agit d’une supposition, d’une hypothèse n’ayant pas de validité en-dehors du monde onirique.

Me réveillant, ou, à tout le moins, croyant me réveiller, je constate que j’ai perdu tout ce qui relevait du temps, & ma vision du périph’ & des nuits de débauche.

***

Cher ***,

Vous pourrez toujours parler du désespoir des jeunes, – & autres binch drinking ( ?),
Le fait est que je ne connais, de la jeunesse, que le désespoir adolescent, parlant dans la mort en-deçà d’une certaine vision, d’un certain départ, par exemple en direction de New-Amsterdam.
Je crois que le désespoir, à ce titre, n’est en aucun cas l’apanage de la jeunesse. En réalité, tous les âges sont désespérés; mais, au bout d’un certain temps, hé bien, l’on se résigne.

« Le monde est trop vieux, il n’y a rien de neuf. Tout a été dit. » Tel est le point de tous les âges. Les révoltes se crispent.

***

1999. Ces longues journées à attendre, en sueur, l’arrivée du dealer. L’AVANT drogue : une appréhension tout à la fois joyeuse & désespérée.
– Lame de fond emportant ceux qui ne sauront pas dévisser à temps.

***

***

Angoisse.

Rythme cardiaque qui accélère, peau à fleur de nerfs. & cette conscience essayant de sortir par les yeux. Puis le réveil; – je ne sais plus où je suis
– ni qui est je. Alors faire le bilan est impossible, même s’il se révèle positif. Il n’y a rien d’autre qu’un système,
qu’un réseau… Une pente cérébrale.

– JE SUISÀ BOUT!!!

***

Je pouvais me servir de l’idée même de son visage afin de concrétiser, de fixer, le flux atroce des émotions. Entrant dans ce club, sur les pentes, j’aperçois moi-même quelque-chose qui venait, soit d’ailleurs,
– SOIT D’UN AUTRE TEMPS.

Il suffisait pour cela de se remémorer les versions du Minuit.

***

Je ne pourrai jamais écrire sans un certain regard clinique que ne connaissent pas les pohètes; & je ne me suis jamais prétendu poëte.

***

Sa sensibilité est incroyable. Je pense que, en lui lisant ces quelques hideuses strophes, elle pourra comprendre
        – que je ne l’ai jamais aimée!

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